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Critique du Film : The Dark Knight
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Critique du Film : The Dark Knight

Avis critique rédigé par Nicolas L. le samedi 16 août 2008 à 0025

Quand le Joker vole la vedette à Batman

Après un intéressant Batman Begins, voici venu, annoncé par les gros coups de canon d’une promo très efficace, le second volet des nouvelles aventures de l’un des plus névrosés super-héros de DC Comics : Batman. Dans ce volet, l’homme chauve-souris va voir la sécurité de sa ville de Gotham menacée par une impitoyable guerre souterraine, et il va devoir faire de cruels choix…


Considéré par quelques uns de mes petits camarades de SFU comme l’un des plus grands chefs d’œuvre de l’histoire du cinéma, ce n’est pas sans une certaine curiosité que je me suis plié à la vision de ce The Dark Night, et cela même si je ne suis pas un grand fan de ce personnage de comics et que la salle était envahie par des hordes de kids hurleurs. J’étais en effet assez intrigué par ce film, d’autant plus que j’avais bien apprécié le premier volet, qui proposait une assez bonne exploration de la psychologie de l’état de héros. Et finalement, au sortir de la salle, je dois bien avouer que je ne partage pas trop leur enthousiasme démesuré, même je trouve que The Dark Night reste un bon film. Je vais vous expliquer, si vous le voulez bien, les raisons de ma retenue…
Le cinéphile le sait déjà depuis belle lurette, Christopher Nolan (aide par son frangin Jonathan) est un habile cinéaste, que cela soit dans le domaine du grand public que dans les secteurs plus spécialisés. Memento, par exemple, reste comme l’un des meilleurs polars dramatiques de ces dernières années et son remake d’Insomnia n’est terni que par la présence de Robin Williams dans le casting (monstrueuse erreur !). Cet homme est donc très à l’aise dans le registre du film noir, du traitement hardboiled, et cette facilité - aiguisée par l’expérience - il a la bonne idée de l’appliquer à ses films de super héros.
Dark Night, comme Batman Begins, est donc un film noir, que cela soit par son atmosphère, sa cosmétique ou son scénario (cela n’occulte pas que l’on doit y ajouter quelques autres thématiques, comme l’actionner d’espionnage et, bien sûr, la SF). Pour mieux s’en rendre compte, la meilleure méthode est d’effacer tous les aspects « comics » de ce film et les remplacer par d’autres icônes plus classiques. On replongerait ainsi dans les années 50, dans les films de Jules Dassin, de Stuart Heisler ou de John Huston, avec la présence de la même atmosphère dramatique et nihiliste, et sa même approche des notions de Justice, de Bien et de Mal. La démarche effectuée par Nolan est donc à peu près la même que celle de Ridley Scott avec son Blade Runner ; une replongée dans un cinéma oublié qui était nettement plus sombre que celui généré aujourd’hui par la politique d’entertainment visée par les studios. Et ça marche !.. L’audience, en effet peu habituée à ce type d’œuvres plus dramatiques que la mélasse qu’on leur propose habituellement, est toute d’abord surprise, puis séduite par l’initiative et heureuse de constater que certains cinéastes (et producteurs) ne les prennent pas systématiquement pour des consommateurs aux Q.I. d’huîtres.

On assiste donc à un scénario à tiroir plutôt adulte, qui exploite de multiples personnages en les plaçant dans des positions inconfortables. Chaque personnage, bien évidemment, est la carnation métaphorique de nombreux malaises qui mettent à mal ce grand corps malade qu’est l’état américain. Le plus imposant est donc ce Joker, qui représente à la fois l’anarchie et la menace terroriste. En effet, comme dans la France du début du 20ème siècle, on assiste à une alliance passive entre la pègre et l’état pour lutter contre ces électrons libres que sont les anticonformistes. De par le fait que le Joker n’a aucune motivation tangible pouvant justifier ses actes criminels, il en devient insaisissable, incontrôlable… et il fait peur. C’est cette caractéristique désaliénée qui dérange le plus l’ensemble de cette société bien assise : le fait que le Joker n’entre dans aucun des « casiers sociaux » créés par l’ensemble des composantes de Gotham City. Cela lance un débat assez intéressant sur le fait que le Crime est une composante indissociable des autres, indispensable à l’équilibre d’une société, à la condition qu’il ait des objectifs balisés. A méditer…
Le film, en mettant au ban cet aspect anarchiste, aurait pu apparaître comme un véritable pamphlet réactionnaire. Heureusement, il n’en est rien, et cela grâce à la lucidité de Christopher Nolan qui ne sombre jamais dans la caricature et qui utilise parfaitement la malléabilité du personnage du Joker, interprété de façon magistrale par le regretté Heath Ledger. Le cinéaste s’attache en effet à donner du relief à cet individu désespéré, le rendant à la fois pathétique et haïssable, et il s’y consacre tellement intensément qu’il fait de lui le personnage principal du film. Et c’est en fait là que se situe le problème…
En effet, si dans Batman Begins, Christopher Nolan, malgré quelques errances, avait bien réussi à travailler la psyché du justicier, il en est tout autrement dans ce film. Je m’explique. Comme je le disais plus haut, Dark Night rassemble tous les aspects du hardboiled. Hors, dans ce type de films (ou de romans), l’on a toujours affaire à un personnage principal – en général un antihéros – très étoffé et sujet à une profonde introspection psychologique qui entraine une évolution de son état lors du récit. Hors ici, le héros, que cela soit Batman ou Bruce Wayne, ne regroupe que deux éléments débilitants : immobilisme et monolithisme. En effet, sans aller jusqu’à dire que le personnage sonne creux (quoique…), j’ai trouvé qu’il est très peu réceptif aux stimuli émotionnels – qui sont pourtant très nombreux – qu’il reçoit au fil du récit. Cela est peut-être dû aux impératifs de production qui veulent éviter toute perversion du personnage, mais cela a pour effet de rendre le personnage de Batman extrêmement neutre (fade ?) et politiquement correct. Et au final, du Joker et de Batman, qui sont tous les deux des parias, c’est le premier qui ressort vainqueur de la comparaison, médium catharsique parfait aux yeux des spectateurs adultes.

Bien entendu, le mondain Bruce Wayne en rajoute une couche dans le registre du désintéressement. Il est bien palot cet élégant milliardaire, fortuné en dollars et miséreux en amour. Il traine pendant tout le film un air de chien battu, cherchant quelque chose d’intéressant, ou plutôt de poignant, à dire. Il est juste mou, passif et sans intérêt. On dirait un James Bond sous Prozac. Plus intéressant est Harvey Dent, le procureur qui part en croisade contre le crime et qui sera le géniteur de Double-Face. J’aurais d’ailleurs préféré que le script s’attarde plus sur cet homme, véritable relecture du personnage d’Elliot Ness, que sur le commissaire Gordon, symbole un peu naïf du sens du devoir et de la dévotion. Et tiens, puisque j’y suis, je dirais un petit mot en faveur de Maggy Gyllenhaal, nettement plus convaincante dans la peau de Rachel que Katie Holmes, même si le rôle demeure toujours aussi peu intéressant.
Au niveau du traitement, Christopher Nolan tire son épingle du jeu et, sans atteindre le nirvana dans la réalisation des séquences d’action (disons, pour être gentil, qu’il n’est pas McTiernan), il nous offre quand même quelques très jolis passages. Il parvient à noyer quelques répliques débiles et blagues foireuses (qui n’ont rien à faire dans ce film, heureusement, elles sont rares) sous un montage rythmé et même si certaines séquences sont plus que « limites » dans le domaine de la logique (comme les flics qui regardent pendant cinq minutes un mec dont l’estomac est garni d’explosifs alors que les spectateurs de 8 ans ont pigé le truc depuis longtemps), le métrage reste en permanence agréable à suivre. Par contre, la dernière demi-heure tire en longueur. En fait, le climax du film s’est déjà produit et la tension du spectateur est retombée, l’artificialité du dilemme moral imposé alors et le pathos en résultant n’aidant pas à un rebond. Alors, The Dark Night, victime inconsciente d’un feu d’artifice émotionnel trop fort et prématuré ? Peut-être… Mais, dans tous les cas, c’est une erreur que de nombreux films auraient aimé afficher.

La conclusion de

Bien que non dénué de défauts, The Dark Night est un excellent film, un blockbuster intelligent qui possède, en plus d’une argumentation solide, une excellente structure et des personnages forts. Il est seulement dommage que, submergé quelques peu par la richesse qui l’entoure, le personnage de Batman perde une bonne partie de sa superbe et se retrouve presque relégué au rang de faire-valoir du Joker. Un bon film…

Que faut-il en retenir ?

  • Un scénario adulte et riche
  • Une réalisation précise et consciencieuse
  • Un Heath Ledger époustouflant
  • Une belle ambiance de film noir

Que faut-il oublier ?

  • Une dernière demi-heure un peu forcée
  • Un Batman en demi-teinte

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