Critique Clayface [2026]
Avis critique rédigé par Bastien L. le samedi 7 novembre 2026 à 09h00
Pas une gueule de porte bonheur
Ayant un peu l'allure de celui qu'on attendait pas vraiment, Clayface débarque sur nos écrans en ce mois d'octobre 2026 et il serait dommage de s'en priver.
Plus connu chez nous sous le nom de Gueule d'argile, ce méchant des comics Batman est né sous la plume de Bill Finger et existe sous plusieurs identités dont celle de Matt Hagen est sûrement la plus connue. Notamment grâce à un double-épisode mythique de la série animée Batman de 1992 qui a marqué de nombreuses générations, votre serviteur y compris. Une représentation qui marqua aussi le scénariste et réalisateur Mike Flanagan qui fait le bonheur des fans d'horreur depuis près de 25 ans. C'est en 2021 qu'il décide de déclarer son intérêt pour le personnage auprès des pontes de Warner/DC Comics pour en faire un film. Après plusieurs hésitations quant à savoir où placer cet étrange projet, il fut décidé de l'intégrer au nouvel univers partagé DC Universe faisant de lui le troisième film (après Superman et Supergirl) d'une première phase intitulée Gods and Monsters. Un projet qui bénéficie de l'expérience de son initiateur donc mais aussi de Matt Reeves et James Gunn producteurs. Malheureusement pour lui, Mike Flanagan ne put mener à bien ce projet à cause de conflits d'agenda poussant Warner à faire appel à James Watkins pour le réaliser. Le Britannique a aussi de la bouteille car on lui doit la réalisation de films d'horreurs depuis près de 20 ans allant de Eden Lake (2008) à Speak no Evil (2022) en passant notamment par La dame en noir (2012). Après une réécriture par son compère Hossein Amini, le tournage prit place à la fin de l'été 2025 entre Londres et Liverpool avec un budget compris entre 30 et 45 millions de dollars selon les sources. C'est en octobre 2026 que Clayface sort sur les écrans en recevant des critiques plutôt positives et un accueil public pour l'instant correct avec un film déjà assuré de remporter entre deux et trois fois sa mise.

Clayface se déroule avant Superman et Supergirl entre Hollywood et Gotham City en suivant la trajectoire de l'acteur d'origine modeste Matt Hagen (Tom Rhys Harries) qui est au sommet de sa gloire. Lors d'une fête un peu trop arrosée, il se fait draguer par la superbe Mia (Joana Ribeiro) malgré les mises en garde de son meilleur ami (Joshua James). Après une nuit qu'on imagine torride, Matt est réveillé par le mafieux Markos Szabo (David Dencik) qui le défigure très violemment pour avoir couché avec sa copine. Complètement méconnaissable et monstrueux, Matt Hagen voit l'industrie du cinéma et les médias l'abandonner puis se retourner contre lui alors que sa plainte contre son agresseur aboutit à un acquittement. Ruiné et seul, il est obligé de vivre dans un appartement miteux avant de tomber sur les recherches du Dr. Caitlyn Corr (Naomi Ackie) travaillant sur des nanites capables de le guérir. Bien que cela soit expérimental, il décide de tenter le coup pour des résultats incroyables lui redonnant enfin son visage. Il est prêt à reprendre sa vie même si des effets secondaires assez horribles commencent à apparaître sans oublier que Markos Szabo et tous ceux qui l'ont trahi sont encore bien trop présents à ses yeux...
Le scénario de Clayface mélange de manière efficace l'origin story classique d'un film de super-héros mélangé à une œuvre de vengeance le tout dans une ambiance de body horror sachant parfaitement gérer ses malaises et ses effets gores. Un divertissement bien calibré pour un public plus mature que le tout venant des adaptations Marvel ou DC Comics à l'image de Deadpool ou de Joker si on s'intéresse aux classifications. Le métrage de James Watkins nous offre exactement ce à quoi on est en droit de s'attendre quand on pense au body horror et à la vengeance dans un film sans pour autant réellement se transcender. Il a au moins le mérite de correctement raconter son histoire avec ni plus ni moins de facilités que le reste du genre même si on pourrait lui reprocher une trop grande longueur de 1h45 sans que cela soit pleinement justifié. On apprécie aussi qu'il assume clairement sa volonté d'offrir un spectacle plus mature en termes de violence, de gore comme de nudité tout en présentant un vilain qui le devient réellement malgré les mésaventures dont il est souvent victime. Un métrage qui montre un être consumé par la haine et par la vengeance perdant peu à peu le contrôle devenant ainsi le monstre qu'il a tant redouté être une fois défiguré. La thématique de la perte de contrôle revient souvent dans le film avec des personnages qui tentent de s'élever que cela soit par la science, le cinéma ou le crime et qui vont connaître un dur retour à la réalité. A noter que le film se veut vraiment indépendant du reste du DCU.

Malgré quelques touches d'humour bien dosés, le film reste globalement sérieux et souhaite nous plonger dans des ambiances assez malsaines par moments. Déjà par une violence assez crue à commencer par l'agression de Matt Hagen en début de métrage puis par ses différents moyens de mettre à mort ses victimes. On peut ici saluer une vraie ingéniosité durant ces scènes offrant des approches différentes pouvant être très graphiques ou jouant plus sur la surprise d'un monstre capable de prendre la forme de n'importe qui. A ce titre, la scène du night club vers la fin est particulièrement jouissive dans un réel délire de série B bien assumé. Par ailleurs les effets spéciaux, dont de maquillage, sont particulièrement réussis notamment afin de donner vie à l'évolution contrastée du visage de Matt Hagen comme pour donner corps à ses pouvoirs. Il est vrai que quelque choix artistique quant aux textures peuvent parfois décevoir mais c'est plus une affaire de goût. Revenons sur l'ambiance malsaine que le film aime instiller notamment via la relation entre Matt Hagen et Caitlyn Corr qui flirte avec la romance avec quelques passages perturbants assez bons. Le tout fonctionne aussi car l'ensemble de la production est de qualité notamment la photographie de Rob Hardy réellement soignée.
James Watkins n'en est donc pas à son coup d'essai dans le domaine de l'horreur et il le prouve ici allégrement. Mise à part quelques longueurs sur l'évolution de son personnage principal et ses relations avec les autres, il rythme plutôt bien son film dans un genre vu et revu de l'origin story. Il offre une bonne montée en tension en ce qui concerne la maîtrise des pouvoirs et les passages à l'acte violents de Gueule d'argile. Il met bien en scène les moments de malaise avec une caméra plus posée qui prolonge les plans tout en sachant accélérer son montage comme ses mouvements lors des passages plus trépidants. Il enferme parfaitement son personnage principal dans son cadre pour bien insister sur sa perte de contrôle progressive comme son isolement notamment social. En face de sa caméra, le peu connu Tom Rhys Harries (Massacre au pensionnat, Britannia...) est plutôt convaincant dans son personnage qui passe par de nombreuses émotions afin de bien montrer sa gloire comme sa déchéance sachant autant se rendre attendrissant que perturbant. Face à lui il y a surtout Naomi Ackie (L'Ascension de Skywalker, Mickey 17...) qui est tout aussi convaincante en scientifique tiraillée par son éthique comme ses sentiments. Le reste du casting oscille entre l'anecdotique (David Dencik en méchant caricatural...) et le satisfaisant (Max Minghella en inspecteur honnête).
On vous le conseille si vous aimez Joker, Batman, la série animée, The Thing...
La conclusion de Bastien L. à propos du Film : Clayface [2026]
Clayface est pleinement le genre de film devant lequel on passe un bon moment mais qui fera difficilement date tant il n'arrive jamais à se transcender. La faute peut-être à un scénario peu remarquable et son incapacité à se mettre au niveau des ténors des genres qu'il aborde. Néanmoins son mélange de film de super-vilain, de film de vengeance et de body horror est plaisant à regarder notamment car il s'assume pleinement comme tel et qu'il bénéficie d'une réelle qualité de production notamment les effets spéciaux de maquillage.
On a aimé
- Un mélange des genres réussi
- Un film mature et violent qui s'assume comme tel
- La qualité de la production dont les effets spéciaux de maquillage
On a moins bien aimé
- Un poil trop long
- Un scénario parfois trop classique ou trop facile
- Jamais rien de bien transcendant
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