Critique inFAMOUS : First Light [2014]

Avis critique rédigé par Bastien L. le samedi 31 octobre 2026 à 09h00

Fetch the light

Les éditeurs ont bien compris que pour offrir un réel intérêt aux DLC qu'ils nous vendent, il faut parfois proposer un nouveau personnage à contrôler comme dans inFAMOUS : First Light.

Sorti en mars 2014, inFAMOUS: Second Son fut un très sympathique jeu mélangeant action, monde-ouvert et histoires de super-héros à la X-Men. Ce fut aussi une belle vitrine technologique d'une jeune PS4 développé par le studio américain Sucker Punch faisant partie de l'écurie Sony. Il fut rapidement décidé de capitaliser sur ce monde-ouvert et cette technique en proposant un DLC se voulant autant un complément qu'un titre indépendant de Second Son. En effet, First Light met en scène la jeune Fetch et ses pouvoirs de néons qui était alors un personnage secondaire à qui Delsin Rowe (le héros de Second Son) empruntait ses capacités. Mais le DLC se déroule aussi avant les événements du jeu de base offrant une histoire assez indépendante. C'est pourquoi le DLC sortit en août 2014 en téléchargement (puis en septembre en boîte) comme un stand-alone ne nécessitant donc pas Second Son pour fonctionner. Et on retrouve globalement la même équipe que ce dernier derrière le DLC dont le réalisateur Nate Fox et le producteur Brian Fleming.

inFAMOUS : First Light se déroule principalement plus de 5 ans avant Second Son. On y découvre la jeune Abigail « Fetch » Walker prisonnière de l'organisation gouvernementale le DUP dirigée par l'implacable Augustine. Cette dernière interroge tout en testant Fetch au sein de la prison Curdun Cay abritant les « porteur » à savoir les personnes dotées de pouvoirs que le gouvernement considère comme un danger trop important. Cela fait deux ans que Fetch est prisonnière du DUP et Augustine souhaite l'interroger sur les événements qui ont conduit à sa capture deux ans plus tôt. Elle raconte alors qu'elle et son frère Brent vivaient cachés dans la grande ville de Seattle afin qu'on ne sache pas que Fetch était une porteuse. Mais cette vie clandestine les oblige à faire des petits boulots flirtant avec l'illégalité. Surtout un soir où Brent prépare un plus gros coup qu'à l'accoutumé le mettant dans le viseur de l'organisation mafieuse les Akula qui le kidnappent. Fetch n'a pas d'autres choix que de servir de ses pouvoirs liés au néons pour sauver son frère. Elle sera notamment aidée par un des contacts de Brent, le très suspect Shane.

Le gros de l'histoire se déroule surtout dans le passé à Seattle avec quelques coupures dans le présent où Augustine pousse Fetch dans ses retranchements afin de libérer ses pouvoirs. Une double-narration surtout au service du gameplay permettant de faire grossir les capacités de Fecth au fur et à mesure du récit. Néanmoins l'intrigue se suit sans déplaisir car elle met bien en scène Fetch et son frère, des laissés pour compte rêvant d'un avenir meilleur mais semblant pourtant condamnés dès le début. Certes le déroulement n'a que peu de suspense si on a fait le jeu de base mais on reste intéressé par le parcours d'une héroïne assez attachante. Il faut quand même avouer que les différentes péripéties sont assez téléphonées. La fin offre quand même plus de satisfaction car la narration se fait plus ambitieuse et le lien avec Second Son est bien mis en scène.

Mais le réel plaisir avec inFAMOUS : First Light, c'est de retrouver cette version fictionnelle de Seattle. Certes il n'y a que la moitié de la ville que l'on pouvait parcourir dans Second Son mais ça reste toujours aussi grisant. Le jeu est techniquement toujours aussi propre et l'approche automnale et souvent humide de la ville fait des merveilles grâce aux jeux de lumière et à la qualité des textures. On trouve même que Sucker Punch s'est affiné techniquement notamment en ce qui concerne les modélisations des personnages. First Light est encore un jeu qui pète souvent de partout mais toujours avec une bonne fluidité autour d'un personnage très véloce avec ses pouvoirs très colorés. Ce qui offre un mélange artistique qui flatte souvent la rétine. Sucker Punch a donc gardé son monde-ouvert à taille humaine qui est toujours un bel écrin dans lequel on va s'amuser. Ont aussi été modélisées des arènes d'entraînements de Curdun Cay qui offrent aussi de quoi avoir un bon défouloir.

Ainsi, Sucker Punch n'a pas révolutionné sa formule mais l'a plus adapté au personnage de Fetch, ses néons et sa vitesse. A Seattle, le jeu mélange missions principales et celles secondaires qui reprennent l'idée des tags de Second Son ou qui nous font rechercher comme chasser des points lumineux. Réaliser des quêtes annexes permet de débloquer de quoi améliorer les pouvoirs de Fetch. Ces derniers se concentrent sur sa super-vitesse, ses tirs simples, des sortes de stases ou des missiles plus puissants. Avec sa vitesse, Fetch peut ainsi voir le monde au ralenti et viser les points faibles de ses ennemis et les maîtriser en un coup. Il y a aussi ses capacités au corps à corps avec des finish stylisés. Si les quêtes annexes sont passables, les missions principales sont plus satisfaisantes. Elles permettent de bien mettre en scène la fluidité entre progression et combat de Fetch pour des moments assez jouissifs face à des ennemis de plus en plus nombreux. Il y aura aussi quelques séances de « sniper » où Fetch protège des alliés de loin.

Ces combats fluides et agréables sont le cœur de First Light se déroulant dans une Seattle qui est le témoin de nos acrobaties et de nos combats qui proposent plusieurs moyens de combatte avec une grande satisfaction. Les pouvoirs de Fetch mis en scène par des néons violets sont très agréables à l’œil donnant ainsi plus d'impact aux scènes d'action. On peut quand même regretter que Sucker Punch n'est pas incorporé quelques boss. On apprécie plus la dernière ligne droite du jeu qui offre enfin un peu de nouveauté côté progression et gameplay qu'on vous laisse découvrir. A noter que le DLC est plus accessible que le jeu de base en ce qui concerne sa difficulté. Finalement, le principal défaut à mes yeux de ce First Light est son mode arène qui contredit l'esprit de liberté de la licence inFamous. Elles servent d'entraînement à Fetch mais aussi de quêtes annexes avec trois arènes ayant des ennemis et des défis différents où l'on peut faire du scoring mais aussi débloquer de quoi augmenter les capacités de la Porteuse. Et il faudra passer par là pour améliorer l'héroïne au maximum. Malheureusement, les arènes peinent à nous passionner tant on tourne rapidement en rond. Le DLC vous demandera ainsi entre 5 et 10 heures de jeu (selon votre appétence pour les arènes aux nombreux défis) pour un prix d'une quinzaine d'euros.

On vous le conseille si vous aimez inFAMOUS: Second Son, X-Men, Lucy...

La conclusion de à propos du Jeu Vidéo : inFAMOUS : First Light [2014]

Auteur Bastien L.
74

Sans révolutionner son concept de base, inFamous : First Light est un DLC très plaisant qui fera passer à un bon moment à ceux ayant apprécié Second Son ou cherchant un titre d'action mettant en scène une super-héroïne. L'histoire assez tragique de Fetch se suit sans déplaisir et en fait une héroïne assez attachante. Si l'ensemble est classique avec des à côtés pas toujours convaincants, on reste charmé par l'action jouissive et une technique très solide.

On a aimé

  • Une héroïne attachante
  • Techniquement impressionnant et très plaisant
  • Un bon défouloir super-héroïque

On a moins bien aimé

  • Des arènes anecdotiques
  • Tourne un peu en rond
  • Trop classique sur plusieurs points

Retrouvez les annonces de nos dernières critiques sur les réseaux sociaux

Sur Facebook | Sur Twitter

Critiques liées

  • Voir la critique de inFAMOUS: Second Son [2014]
    76

    inFAMOUS: Second Son [2014]

    par Bastien L. | Lecture : 9 mn 12

    DelsinFamous : inFamous : Second Son est un vrai bon jeu d'action de la PS4. Un récit de super-héros certes classique mais assez bien emmené…

  • Voir la critique de Infamous 2 : Festival of Blood [#2 - 2011]
    65

    Infamous 2 : Festival of Blood [#2 - 2011]

    par Bastien L. | Lecture : 5 mn 1

    Les vampires de New-Marais : Infamous : Festival of Blood avait tout de la bonne surprise. Une relecture intelligente de l'œuvre originale proposant un jeu d'a…

  • Voir la critique de Infamous 2 [2011]
    77

    Infamous 2 [2011]

    par Bastien L. | Lecture : 9 mn 46

    De grands pouvoirs impliquent beaucoup d'électricité... : Infamous 2 est clairement plus réussi que son prédécesseur. Il est plus beau, mieux écrit et rend encore plus justice à la puissan…

  • Voir la critique de inFamous [#1 - 2009]
    72

    inFamous [#1 - 2009]

    par Bastien L. | Lecture : 7 mn 50

    It's good to be bad ! : Malgré quelques défauts, inFamous est clairement une réussite. Certes,i l'histoire est trop classique (donc anecdotique) et o…