Critique Kiki la petite sorcière [2004]

Avis critique rédigé par Bastien L. le mardi 28 juillet 2026 à 09h00

C'est parti ma Kiki !

Critique de la version française.

Si le studio Ghibli est connu pour avoir offert au monde un nombre conséquent de bijoux de l'animation, tous ne brillent pas du même aura à l'image de Kiki la petite sorcière rarement parmi les premiers cités.

A la base, Kiki la petite sorcière est un roman pour enfants de Eiko Kadono paru en 1985 et dont les droits d'adaptation furent achetés par l'éditeur Tokuma Shotun qui finançait alors les ouvres du Studio Ghibli. Ils voulurent que le film soit réalisé par Isao Takahata ou Hayao Miyazaki mais ces derniers étaient occupés par les productions du Tombeau des Lucioles et de Mon voisin Totoro sortis ensemble en 1988. Néanmoins, Miyazaki accepta d'en devenir scénariste et producteur confiant la réalisation à un autre avant de finalement prendre le poste une fois son film précédent terminé. Comme le roman est surtout une succession de scénettes, Miyazaki rédigea une intrigue plus soutenue tout en y injectant ses thématiques et passions qui ressortent bien dans le résultat final. Il s'entoura de collaborateurs habituels dont le compositeur Joe Hisaishi. Le film sortit, distribué par la Toei, en 1989 et fut un grand succès public comme critique devenant le premier film Ghibli à être un tel succès dès sa sortie rapportant plus de trois fois sa mise. Et comme avec le début de carrière du grand Hayao Miyazaki, la France a dû être patiente pour enfin le découvrir officiellement en... 2004.

Se déroulant dans un univers fantastique indistinct, Kiki la petite sorcière raconte l'histoire de la jeune Kiki, fille de sorcière. Ces dernières sont aussi rares que bien intégrées à la société apportant du positif aux lieux dans lesquelles elles s'installent. Et c'est justement le moment pour Kiki, 13 ans, de quitter la maison familiale pour trouver un endroit où s'installer pour devenir une vraie sorcière. Le problème étant que la vie moderne n'est pas forcément toujours adaptée aux sorcières tandis que Kiki n'est clairement pas la plus douée notamment pour ce qui est du vol en balai. Elle part néanmoins accompagnée de son chat noir parlant Jiji et arrive non sans mal dans une belle ville côtière qui n'abrite pas de sorcière. Ses premiers pas sont compliqués mais elle est finalement recueillie par la boulangère Osono qui va lui fournir le gîte contre son aide. Elle va aussi créer sa petite entreprise de transports d'objets grâce à sa capacité de voler. Mais la vie et le travail dans cette ville où elle se sent seule ne seront pas de tout repos...

Kiki la petite sorcière est véritablement un bijou ou bien une sucrerie dans laquelle on croque à pleine dent tellement remplie de douceur et de beauté. Un film familial au sens noble du terme qui enchante petits et grands. Il le doit à son scénario qui reste simple sans être simpliste où une jeune héroïne volontaire mais pleine de doutes se doit de grandir seule dans un environnement qui n'est pas le sien. L'intrigue va ainsi se construire sur les rencontres et péripéties que va vivre Kiki qui sont autant des épreuves que des instants de bonheur entre se loger, gagner sa vie, se faire des amis voire connaître son premier amour. Une histoire à hauteur de fille qui ne cherche pas le spectaculaire mais des émotions simples via des problématiques universelles que l'on peut comprendre pour n'importe qui ayant dû affronter l'adolescence ou quand on quitte le nid familial. Cela s'accompagne de quelques thématiques habituelles de la part de Hayao Miyazaki comme la poésie du quotidien (notamment via la famille de boulangers) mais aussi la représentation de figures féminines réconfortantes, capables et bienveillantes sans oublier son amour pour l'aviation ici représenté par Kiki mais aussi un gros dirigeable. Il y a aussi cette idée d'une tradition (ici les sorcières) qui a du mal à s'insérer complètement dans une certaine modernité notamment via un dialogue rompu entre les générations comme entre une grand-mère et sa petite-fille à un moment. Un entre-deux parfaitement incarné par Kiki. Si le scénario est prenant avec un début très engageant, on pourra lui reprocher une légère baisse de rythme avant la péripétie finale.

Si Kiki la petite sorcière met en scène une fille possédant des pouvoirs cela n'est pas vraiment un film sur la sorcellerie. Outre sa mère qui prépare des potions et le décorum fait de robe noire, de chat noir et de balais, Kiki n'aura comme pouvoir que le fait de voler. De même, elle apprend bien plus à vivre par elle-même tout au long du film que de nouveaux pouvoirs. Cela est certes un film fantastique mais de manière très légère. L'univers est néanmoins servi par une direction artistique dans le pure style des productions Ghibli c'est à dire sublime à tout point de vue. Que cela soit le character design très doux ou les décors somptueux rappelant le XIXème siècle européen, tout est fait avec une grande maîtrise. Les séquences de vols sont des moments délectables en survolant des paysages pourtant assez communs mais stylisés comme idéalisés par les équipes artistiques du studio Ghibli. La découverte de ce film offre une beauté de tous les instants et nous captive du début à la fin. En ce qui concerne les musiques de Joe Hisaishi, elles sont d'une grande efficacité renforçant la poésie et la beauté de l'ensemble même si elles ont maintenant un charme assez désuet.

Mais ce qui fait incontestablement la force de Ghibli c'est son incroyable qualité d'animation qui reste toujours aussi impressionnante plus de 35 ans après. Et ce à tous les niveaux que cela soit le chat Jiji ou les êtres humains ayant tous une personnalité grâce à la manière dont ils sont animés. Les effets de vent sont particulièrement réussis afin de donner l'impression de vol de Kiki. Cette dernière a par ailleurs bénéficié d'un très grand soin lors des séquences de vol qu'elles soient maîtrisées ou hasardeuses. Bref, c'est un poncif de le dire mais la magie de l'animation Ghibli est bien présente. Pour ce qui est de la réalisation de Hayao Miyazaki, elle est évidemment très soignée notamment par son exigence quant à la qualité d'animation mais aussi la manière dont il a de mettre en scène ses thématiques. Il va ainsi beaucoup travailler sur la profondeur de champ afin de plonger Kiki face à des décors à perte de vue afin de souligner sa solitude. Que cela soit durant des scènes de discussion souvent chaleureuses ou des moments plus périlleux, la maîtrise est là. Enfin terminons avec le doublage français il est de grande qualité. On a affaire à des grands noms de l'exercice que cela soit Adeline Chetail en Kiki ou Christophe Lemoine en Jiji.

On vous le conseille si vous aimez Mon voisin Totoro, Harry Potter, Aya et la sorcière...

La conclusion de à propos du Film d'animation : Kiki la petite sorcière [2004]

Auteur Bastien L.
76

Kiki et la petite sorcière n'est certes pas dans le lot des meilleurs films de Hayao Miyazaki comme du studio Ghibli mais c'est un divertissement familial de grande qualité. Une œuvre réconfortante sur le passage à l'adolescence (voire à l'âge adulte) d'une grande maîtrise et surtout d'une incroyable beauté.

On a aimé

  • Un excellent divertissement familial
  • Artistiquement sublime
  • La qualité de l'animation et la maîtrise de la mise en scène

On a moins bien aimé

  • Une certaine baisse de rythme à un moment
  • Le côté fantastique timoré
  • Flirte parfois avec la guimauve

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