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Critique du roman : Le Grand secret [1973], par Bastien L.

Avis critique rédigé par Bastien L. le mardi 31 mars 2015 à 18h27

Evitez de voir rouge...

« Le 17 janvier 1955, un peu après onze heures du matin, le Prandhits Nehru, Premier ministre de l'Inde, ouvrit la séance de ce qu'on nommerait en France un Conseil des ministres. Il mit immédiatement en discussion les mesures à prendre pour parer à la famine qui ravageait le Bihar. Cette grande plaine du nord de l'Inde n'avait pas reçu une goutte de pluie depuis trois ans. Sur sa terre craquelée, les gens et les bêtes perdaient peu à peur l'eau et la chair de leurs corps, et devenaient squelettes avant de mourir. »

Les puissances de la guerre froide auraient-elles été capables de s'entendre si une découverte scientifique menaçait l'humanité entière ? C'est l'une des questions exploitées par René Barjavel dans cette œuvre riche qu'est Le Grand secret.

Publié en 1973, ce roman est le produit de son temps, dans la lignée des autres récits de science-fiction de Barjavel. L'auteur français nous plonge ici en pleine uchronie qui revisite les années 1950 à 1970 et mêle les relations entres les grands de ce monde avec ses thèmes favoris de l'amour et du progrès scientifique, lesquels s'accompagnent d'un certain pessimisme. Sans avoir besoin de connaître par cœur les affrontements entre les deux blocs et la construction européenne de l'époque, le roman s'apprécie évidemment bien mieux avec quelques connaissances historiques. Le grand secret du titre nous permet de comprendre pêle-mêle l'assassinat de Kennedy, la course à l'espace des États-Unis comme de l'URSS, la disparition de De Gaulle en mai 1968 ou encore le voyage de Nixon en Chine...

C'est de l'Inde que part ce grand secret en 1955. Un grand scientifique du pays prévient le premier ministre Nehru d'une découverte qui concerne l'humanité toute entière. Le brave ministre indien décide alors d'en faire par aux grands de ce monde à savoir Eisenhower, la reine Elisabeth II, Mao, Krouchtchev, Adenauer, De Gaulle. Sans oublier l'incroyable René Coty... Ce secret partagé par les plus grands affole les services secrets et semble entraîner la disparition d'importants scientifiques dont Roland. Ce dernier est l'amant de Jeanne qui fera tout pour le retrouver s'empêtrant ainsi dans le secret le mieux protégé de l'humanité.

Attention : Le but du roman de Barjavel n'est pas de garder se secret jusqu'à la fin du roman. Son intérêt est aussi de voir quelle société peut naître d'un tel secret. Le reste de la critique, sauf la conclusion, contient donc des spoilers pour ceux souhaitant découvrir le roman.

Quand Jeanne réussit enfin à retrouver son Roland c'est dans une île isolée de l'océan arctique, elle apprend que le savant indien a percé le secret de l'immortalité. Cette découverte est néanmoins extrêmement dangereuse car cette immortalité est contagieuse et tous les grands du monde mis au courant font tout pour garder le secret. Jeanne découvre ainsi une société où tous les êtres vivants sont immortels. On découvre donc avec plaisir cette drôle de société extrêmement bien huilée et régie par ce groupe d'immortels. Notamment en ce qui concerne les enfants nés immortels et ne connaissant ainsi pas le monde en dehors de leur citadelle protectrice.

La force du roman de
Barjavel est d'abord d'éclairer des grands événements à la lumière de son secret et de réfléchir sur les conséquences d'une telle découverte. Mais là où beaucoup auraient proposé des antagonistes ou un savant fou, l'auteur en prend le contre-pied et part du principe que tous comprennent la gravité de la situation et tentent d'agir au mieux. C'est ainsi qu'on peut savourer l'entente obligatoire entre les deux blocs qui travaillent vraiment ensemble pour trouver une solution. La guerre froide est donc tournée en dérision et moquée grâce aux descriptions savoureuses des services secrets de chaque pays. Des services désireux de tout connaître mais parfois heureux de ne rien savoir.

On retrouve donc le style tantôt léger, tantôt lyrique comme tranchant de René Barjavel. L'auteur n'a pas son pareil pour créer un personnage pittoresque et attachant en quelques lignes. La construction particulière du roman qui n'hésite pas à anticiper ou revenir en arrière d'un chapitre à l'autre fonctionne bien. Les connaisseurs de l'auteur retrouveront avec plaisir son traitement si particulier de l'amour. Un amour passionnel, déraisonnable qui est souvent cruel. On sent aussi que Barjavel s’imprègne des valeurs de mai 68 dans la lignée de son roman précédant, Les chemins de Katmandou. Ainsi on peut regretter cette vision curieuse d'une société d'immortels qui fait penser à un groupe hippie où la libération des mœurs atteint son paroxysme jusque dans les habitudes des adolescents. Néanmoins, et ce malgré un final un peu tiré par les cheveux, l'auteur réussit encore une fois à nous divertir et nous faire réfléchir sur les rapports entre les hommes.

La conclusion de à propos du Roman : Le Grand secret [1973]

Bastien L.
77

Le Grand secret est incontestablement un bon roman de science-fiction, écrit par un des grands représentant du genre en France. Pas forcément aussi bon que Ravage ou La Nuit des temps, il n'en demeure pas moins une œuvre extrêmement riche et réfléchie. Le secret, habilement gardé, offre une relecture bien faîte de la Guerre Froide et nous fait découvrir une société vraiment atypique.

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