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Critique du jeu vidéo : Bioshock 2 [2010], par Bastien L.

Avis critique rédigé par Bastien L. le vendredi 15 mars 2019 à 14h00

Plus vite, Monsieur P !

Testé sur PS3.

Quiconque a découvert la cité sous-marine de Rapture depuis la sortie de Bioshock en 2007 a forcément été autant charmé qu'horrifié de découvrir une grandiose utopie devenue un enfer en pleine décadence. Ce lieu devenu le théâtre d'une lutte impitoyable entre deux mégalomanes pour s'approprier les restes d'une société ayant sombré dans la folie avait vraiment fait son petit effet chez les joueurs, comme sur la critique. A tel point que Rapture est devenu rapidement un lieu emblématique du jeu vidéo. Au point de vouloir y retourner une nouvelle fois ?

Rapidement devenu un titre culte sur PC comme sur consoles, Bioshock était avant tout l'œuvre de Ken Levine et son studio d'Irrationnal Games qui décida néanmoins de prendre son temps avant de se lancer dans un nouveau projet. Une attente regrettable pour l'éditeur 2K Games qui décida de battre le fer tant qu'il était chaud et d'annoncer la mise en chantier d'un Bioshock 2 chapeauté par plusieurs de ses studios. Ainsi, la direction du projet fut donnée au studio 2K Marin localisé en Californie pour qui ce fut le premier gros projet après avoir eu un rôle d'appoint pour le développement du premier épisode puisqu'ils s'étaient occupés du portage PS3. Le studio fut ainsi accompagné de 2K Australia (aujourd'hui fermé) qui eut le même rôle sur Bioshock. Enfin, le studio créateur du premier épisode, 2K Boston (devenu Irrational Games), aida un peu ainsi que 2K China sans oublier les Français de Arkane Studios et les Américains de Digital Extremes (ayant aussi travaillé sur le portage PS3 de Bioshock) qui s'occupèrent eux du multijoueur... Un gros casting qui fit quand même ciller beaucoup de monde étant donné que les principaux responsables du premier opus n'étaient pas impliqués dans le développement. L'éditeur 2K a ainsi pris des risques en proposant une suite se situant dans le même lieu alors que la fin de Bioshock se suffisait largement à elle-même... Mais nos craintes sont rapidement balayées dès qu'on lance le jeu.


Cette nouvelle exploration de Rapture se fait cette fois-ci dans la peau d'un protecteur (type d'ennemis emblématique du premier opus) une dizaine d'années après les événements du premier épisode. Vous vous réveillez mystérieusement alors que la cité semble être contrôlée par la psychiatre Sophia Lamb qui est à la tête une étrange secte. C'est elle qui dirige les survivants de Rapture qui ont succombé à leur addiction à l'ADAM, substance issue de limace marine ayant la capacité d'agir sur les gênes humains devenant aussi une drogue. Après un réveil mouvementé on se rappelle que Lamb fut responsable de notre supposée mort en ayant pris soin d'enlever notre Petite Soeur juste avant. Les Petites Soeurs sont des jeunes filles dont l'organisme a été modifié et qui servent de réceptacles à l'ADAM parcourant Rapture afin de le prélever sur les cadavres. Elles sont accompagnées de Protecteurs, humains modifiés pour être plus résistant et ne jamais se détourner de leur mission. On apprend aussi que d'étranges enlèvements de petites filles ont lieu sur Terre portant à croire que Rapture est la raison de ces disparitions. Face à l'armée de Lamb, notre héros sera soutenu par la docteur Tennenbaum que les joueurs du premier opus connaissent bien et qui est venue enquêter sur ces enlèvements afin de stopper les transformations de gamines innocentes en Petites Soeurs. Elle nous fait rapidement rencontrer l'entrepreneur Augustus Sinclair bien décidé à mettre fin au règne de Sophia Lamb dont les activités semblent se dérouler autour de sa fille Éléonore Lamb qui fut justement notre ancienne Petite Soeur. On va aussi en savoir plus sur la construction de cette ville, ce qui l'a poussé dans la folie et le rôle des anciens comme nouveaux personnages... Et on va aussi apprendre à craindre les terrifiantes Grandes Sœurs...

L'un des principaux arguments marketing du jeu était de nous faire incarner un Protecteur. Il est vrai que cet ennemi puissant et intimidant caché dans un scaphandre était un des meilleurs atouts de l'univers Bioshock. En réfléchissant on pouvait aussi se demander si en incarner un n'allait pas casser le mythe et on avait aussi peur que le héros manque aussi de charisme. Les développeurs ont eu la bonne idée de nous faire incarner Delta, un des premiers protecteurs lui donnant un peu plus de personnalité et surtout d'étoffer bien plus son histoire. Le scénario du jeu vaut encore une fois le détour d'abord par un univers et une ambiance si uniques dans cette utopie devenue dystopie et dont tous les personnages se battent pour des raisons rarement bonnes. Encore une fois, les références pullulent entre George Orwell, Ayn Rand, la mythologie grecque ou la littérature d'anticipation du XIXème siècle. L'histoire se suit ainsi avec plaisir car toutes les influences sont bien digérées et parce que les nouveaux personnages arrivent parfaitement à se fondre dans la destinée de Rapture. Que ce soit Lamb, Sinclair ou d'autres, ils nous aident aussi à mieux comprendre l'œuvre d'Andrew Ryan antagoniste du premier opus. Le début s'avère prenant et la fin vraiment passionnante. En revanche le milieu du jeu souffre de véritables pannes d'inspiration puisque l'enchaînement des niveaux consiste à arriver dans un endroit, récupérer un objet ou tuer un ennemi, puis passer au niveau suivant. Cela s'explique parce qu'on voyage dans une sorte de métro pour rejoindre le lieu où est prisonnière Éléonore et que les lieutenants de Lamb nous bloquent à chaque arrêt important... Malgré ce manque d'intérêt de l'histoire principale pendant une grosse partie de l'aventure, le jeu nous offre toujours autant de personnages intéressants et des morceaux d'intrigues disséminés dans les niveaux passionnant toujours autant.


Autre crainte concernant ce retour à Rapture : la redondance des niveaux que l'on avait déjà noté dans le premier opus. Néanmoins, replonger dans la cité sous-marine s'avère encore une fois jouissif. Bien sûr la claque graphique et la surprise sont grandement atténuées par un décor connu et le fait que les deux jeux partagent le même moteur. La suite a au moins le mérite de ne jamais nous faire revenir aux lieux du premier opus ce qui n'est pas toujours le cas dans l'industrie. Disons que le plaisir d'explorer Rapture est intact car les nouveaux niveaux sont intéressants et que les développeurs ont apporté de petites nouveauté comme le fait de pouvoir se déplacer entre les bâtiments sous l'eau et de découvrir des environnements qui étaient inondés et dont l'eau a été évacuée donnant un aspect très intéressant aux décors. Un niveau semble même reprendre les quartiers typiques de villes du Sud des États-Unis comme La Nouvelle-Orléans offrant un certain cachet. Évidemment, on évite difficilement les redites en termes de couleurs, d'architecture et d'ambiance mais cela semble logique dans la volonté d'avoir un univers cohérent. Plus que d'offrir un nouveau terrain de jeu, Bioshock 2 nous permet de découvrir de nouvelles facettes de Rapture avec un peu plus de couleurs grâce notamment aux adeptes de Lamb qui aiment redécorer les lieux. Cela prouve encore une fois que l'univers est tellement riche qu'il peut se visiter une seconde fois sans aucun soucis. Techniquement parlant, le jeu est toujours aussi beau et costaud dans la profusion d'effets comme dans sa gestion de l'eau. Le jeu aura juste tendance à ramer lors des affrontements les plus intenses mais rien de bien méchant. L'ambiance sonore est toujours aussi réussie avec des musiques des années 20 à 50, celles orchestrales composées par Garry Schyman et un doublage français excellent. Par ailleurs, le mixage de la VF est bien meilleur sur cet opus.

Comme son aîné, Bioshock 2 reste à la croisé de l'action, de l'exploration et du survival-horror mâtiné de RPG avec une vue FPS. Le jeu ne fait pas vraiment peur mais il installe une ambiance souvent malsaine avec des ennemis difformes pouvant attaquer à tout moment et il faut souvent bien gérer ses ressources que cela soit les armes ou la santé. Les niveaux sont toujours aussi vaste et une grande partie ne sont pas utiles à la progression de l'histoire offrant un sentiment de liberté. On combat toujours avec ce mélange de pouvoirs (télékinésie, pyrokinésie, électricité, glace, contrôle des ennemis ou d'insectes, leurres...) et d'armes à feu qui sont ici plus imposantes, Protecteur oblige. Les bourrins esthètes pourront s'amuser avec une foreuse, un pistolet à rivet, un lance-harpon, une mitrailleuse et d'autres armes plus classiques. On apprécie d'ailleurs que les combats soient bien plus dynamiques malgré un personnage plus lourd avec une IA des ennemis un peu plus élaborée puisqu'ils peuvent se mettre à couvert et n'hésitent pas à nous balancer des explosifs quant on campe trop sur notre position. Cela rend l'action d'autant plus jouissive que l'environnement est propice à se la jouer fourbe avec les ennemis. Sinon un bon combo incinération + fusil à pompe fait toujours du bien...


Au rayon des nouveautés, notre héros a une nouvelle méthode pour pirater les systèmes ou autres machines à base d'un mini-jeu plus basé sur le rythme que sur la réflexion. De même on peut utiliser des fléchettes de piratage pour œuvrer à distance. L'ensemble s'avère finalement plus facile et amusant car le jeu ne se met pas en pause quand on pirate. Le jeu propose toujours d'éliminer les autres protecteurs mais cette fois-ci on peut adopter temporairement la Petite Sœur qui l'accompagnait afin de récolter de l'ADAM sur les cadavres. Ces phases permette aussi d'ajouter un côté un peu tactique au combat car chaque récolte déclenche l'arrivée de chrosômes (les humains transformés par leur addiction à l'ADAM) ennemis. On prépare donc le terrain avant d'envoyer la Petite Soeur en prenant soin de pirater les machines pour les retourner contre les assaillants, en disposant des pièges et en les attendant avec le bon pouvoir et la bonne arme. Une fois toutes les Petites Soeurs d'un niveau libérées ou éliminées, une Grande Soeur viendra vous pourchasser et là aussi il faudra choisir avec soin le lieu de l'affrontement. Ces deux types de séquences sont une vrai bonne idée apportant une action parfois bien stressante. La Grande Soeur permet encore une fois de récolter de l'ADAM.

Le jeu offre encore une fois un léger aspect RPG puisque les plasmides sont une nouvelle fois légion. Ces pouvoirs que l'on déclenche ou qui sont passifs sont nombreux et il faudra bien les choisir mais aussi les répartir intelligemment puisque notre inventaire est limité à ce niveau. On a donc encore une fois l'agréable impression de paramétrer son héros et on pourra adapter les plasmides à notre style de jeu et nos moyens de combattre préféré. Même si cela reprend globalement le principe du premier jeu, cela permet à Bioshock 2 de rester dans la lignée des FPS intelligents aux côtés de Deus Ex ou System Shock... Les possibilités sont multiples et on se prend encore une fois au jeu en explorant tout, en amassant munitions et dollars à dépenser dans les bornes de vente... L'aspect personnalisation de l'aventure se retrouve aussi dans les quelques choix qui s'offrent au joueur permettant plusieurs fins qui sont bien amenées. On regrette finalement un peu de redondance à l'ensemble et on ne peut s'empêcher de penser qu'un niveau de moins au milieu de l'aventure n'aurait pas fait de mal à une durée de vie qui dépasse allègrement les 10h.  Développé par le studio Digital Extremes, le mode multijoueur est une bonne surprise et est encore un peu joué actuellement. On sent clairement l'inspiration de Call of Duty avec des combattants personnalisables, des cartes petites et des combats nerveux avec un système d'expérience pour débloquer des armes et autres capacités. L'ensemble s'adapte bien à Bioshock avec un léger aspect scénarisé expliquant le début de la fin de la cité et aussi la possibilité d'incarner un protecteur. Classique et efficace.

La conclusion de à propos du Jeu Vidéo : Bioshock 2 [2010]

Bastien L.
83

Alors que l'on pouvait avoir quelques réserves sur sa pertinence, BioShock 2 est un grand jeu qui fait honneur au premier épisode. Les mécaniques toujours aussi bien huilées et un univers passionnant sont les maîtres mots d'un jeu qui n'échappe néanmoins pas complètement au syndrôme de la suite facile. Mais cette suite n'est absolument pas bâclée offrant constamment de l'intérêt en nous faisant découvrir une nouvelle facette de Rapture avec un bon lot de nouveautés.

On a aimé

  • Retour à Rapture 10 ans après le premier opus
  • Incarner un Protecteur et tout ce que cela implique
  • Un gameplay toujours aussi riche et profond

On a moins bien aimé

  • L'histoire un peu creuse en son milieu
  • Une suite dans le même lieu que le premier opus entraîne moins de surprises
  • Légèrement répétitif

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