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Critique du jeu vidéo : Bioshock Infinite [2013], par Bastien L.

Avis critique rédigé par Bastien L. le mercredi 20 mars 2019 à 09h00

Welcome to Columbia !

Testé sur PS3 en version dématérialisée.

Véritables petites bombes lâchées sur l'industrie, Bioshock (2007) et Bioshock 2 (2010) nous avaient offert une nouvelle licence à fort potentiel dont on attendait tous impatiemment la suite. D'autant plus que le parti pris des développeurs était plus de nous concocter une suite spirituelle et, plutôt que de nous couler une nouvelle fois au fond des océans, nous emmener dans les nuages...

Tout en étant évidemment l'œuvre d'une équipe, l'aventure Bioshock est aussi celle de Ken Levine. Ce grand nom des "FPS intelligents" qui a travaillé sur des titres tels que Dark Project : La Guilde des Voleurs ou System Shock 2 avait réussi à venir à bout du développement de Bioshock en 2007 considéré comme une véritable claque vidéoludique à sa sortie. Une œuvre majeure du FPS, comme du jeu vidéo en général finalement, qui prouva qu'une ambiance bien travaillée et une histoire jamais pré-machée pouvaient fonctionner aux côtés d'une action intense et d'un gameplay profond. Une réussite partagée entre Ken Levine et son équipe d'Irrational Games basée aux États-Unis. Un succès publique comme critique fut au rendez-vous poussant Levine et les siens à préparer une suite voulue encore plus ambitieuse et suprenante. Néanmoins, l'éditeur 2K Games décida de battre le fer tant qu'il était chaud et de faire développer Bioshock 2 par quelques autres de ses studios. Une nouvelle réussite qui mit un peu plus la pression sur les épaules d'Irrational Games qui ne se laissa pas démonter pour autant... En plus de cette « concurrence » interne, le monde des FPS intelligents (expression consacrée à des FPS ayant un véritable scénario, une ambiance particulière et un gameplay profond) connu l'arrivée de grandes réussites telles que Human Revolution (2011) et Dishonored (2012). Bioshock Infinite se devait de faire de Columbia une nouvelle destination incontournable du genre !

Bioshock Infinite vous propose d'incarner, en 1912, un détective privée de l'agence Pinkerton Booker DeWitt qui pour effacer une dette est envoyé chercher une jeune femme sur la cité flottante de Columbia. Cette ville est la création du prophète, le père Zackary Hale Comstock qui a poussé la philosophie de l'exceptionnalisme américain à son paroxysme dans un cité où une certaine image des États-Unis ayant pour racines celles des pères fondateurs (Washington, Jefferson et Franklin en tête) et une supériorité de la nation américaine à travers sa population blanche servant de terreau à une religion nouvelle. Dans son délire de grandeur, le père Comstock a fait de sa cité volante et techniquement avancée une partie indépendante des États-Unis s'étant désolidarisée du reste du pays et n'hésitant pas à faire parler sa puissance pour faire triompher ses idéaux. Booker découvre vite que sous son aspect bien propre et sa gloire scientifique comme technologique, Columbia cache une sorte de totalitarisme mélangé à une secte religieuse où le racisme et la suppression de toute contestation est la norme. La société est par ailleurs hiérarchisée racialement avec notamment les noirs et Irlandais vus comme des êtres inférieurs tout juste bons à nourrir les usines de Columbia en travailleurs où un libéralisme sans frein fonctionne. Par ailleurs, le prophète semble attendre l'arrivée de Booker en le présentant comme un faux berger voulant dérober l'agneau de Columbia. Cet agneau est Elizabeth qui est présentée comme la fille de Comstock devant régner après lui. Notre héros réussit tant bien que mal à trouver l'emplacement d'Elizabeth dans une grande statue où elle semble être un cobaye. Après une évasion mouvementée, Booker apprend vite qu'Elizabeth veut fuir et qu'elle possède le pouvoir d'ouvrir des failles dimensionnelles. Pour fuir, il faudra éviter une sorte d'oiseau géant mécanique chargé de sa protection et prendre possession d'un dirigeable. A moins que la meilleure solution soit d'éliminer Comstock... Dans tous les cas, vous allez tout faire pour qu'Elizabeth vous fasse confiance.

Bioshock Infinite est clairement un bon, voire très bon, jeu mais qui souffre quand même de quelques défauts dont le plus important reste sa filiation avec les deux premiers Bioshock. Même s'il s'agit plus d'une suite spirituelle, on ne peut s'empêcher de faire une comparaison dont Infinite en ressort rarement vainqueur. Ainsi, l'univers et le scénario d'Infinite sont quand même moins mémorables que ceux des deux premiers opus malgré de nombreux points positifs. Cela se ressent, pour ma part, dans le sentiment de fascination face à la découverte de Rapture par rapport à celle de Columbia. La cité sous-marine, ayant connu son apocalypse, que l'on découvre dans des couloirs sombres et oppressants sont bien plus impressionnant que la cité dans les nuages contrôlée par Comstock ou une révolte populaire gronde... Malgré cela, le scénario d'Infinite est vraiment intéressant et plutôt bien écrit malgré quelques facilités sur la fin... Le parcours du combattant de Booker et d'Elizabeth est âpre et rempli de désillusions comme de rebondissements rythmant bien l'aventure. Infinite raconte moins la chute d'une utopie/dystopie que celle très humaine de rédemption et de lutte contre sa destinée de deux personnages ballottés par les événements... Ce qui n'empêche pas le jeu de traiter de thèmes assez matures pour le média comme la religion, le totalitarisme, le racisme, le libre-arbitre ou l'instrumentalisation de l'histoire... Certes tout n'est pas toujours abordé de manière subtile mais cela reste intéressant comme le fait de voir que les deux camps qui s’affrontent dans Columbia (Comstock et la Vox Populi) sont très loin de quelconque manichéisme... Enfin, l'histoire et l'univers du jeu baignent quand même dans la culture américaine et des événements plus parlant pour des joueurs américains comme les pères fondateurs, la guerre de sécession,  le massacre de Wounden Knee ou encore la révolte des boxers en Chine... Une ambiance assez originale mais pas toujours bien expliquée risquant de perdre des joueurs en route...

Plus réussie, l'alchimie entre Booker et Elizabeth crée une dynamique intéressante et rend les deux personnages intéressants sans, encore une fois, être trop classique. Malheureusement les personnages secondaires sont loin d'être aussi charismatiques que dans les premiers épisodes à part peut-être un étrange couple que l'on croise souvent dans l'aventure... Puisqu'on parle des personnages, sachez que le doublage français est plutôt bon tout comme la musique encore une fois composée par Garry Schyman. Ses compositions soutiennent bien l'aventure avec un recours à des morceaux d'époque et quelques excellentes excentricités qu'on vous laisse découvrir. Une des grandes réussites du premier Bioshock était incontestablement son ambiance et ses graphismes sublimes pour l'époque. Là encore, Infinite se situe un cran en dessous malgré le fait que Columbia soit une cité magnifique qui a le mérite d'être le contre-pied parfait de Rapture comme si Ken Levine et les siens voulaient absolument proposer "l'inverse" de leur travail précédant... La cité dans les nuages fascine mais on oublie rapidement cette particularité tant on est pris dans l'aventure malgré quelques rappels de temps à autres. L'architecture post-coloniale reprise partout dans le jeu fait son petit effet comme les modes vestimentaires et les technologies de l'époque poussées façon uchronie donne un petit côté steampunk pas désagréable à l'ensemble. On apprécie aussi d'avoir un character design stylisé avec un aspect original pour les personnages et l'utilisation de teintes assez colorées. Encore une fois, la direction artistique ne souffre d'aucune faute et s'avère toujours très cohérente. Techniquement, le jeu est loin d'être impressionnant pour 2013 mais reste très correct étant rarement pris en défaut malgré la profusion d'action. Plongez dans le monde d'Infinite s'avère donc agréable mais on est loin du choc que l'on a ressenti en découvrant pour la première fois un Protecteur avec sa petite sœur...

Au niveau de son gameplay, Bioshock Infinite mélange encore les genres avec de l'exploration et de l'action en vue FPS mais malheureusement le côté survival est absent et l'aspect RPG atténué. Le jeu s'avère une nouvelle fois peu linéaire et nous offre des environnements assez vastes à explorer même si les niveaux sont moins labyrinthiques, mais il faudra quand même bien chercher pour en découvrir tous les secrets. D'autant plus qu'Elizabeth est une as du crochetage et qu'il faudra lui fournir des crochets pour qu'elle puisse ouvrir des pièces ou coffres regorgeant de trésors. Il faut aussi faire son possible pour trouver de l'argent, de quoi remplir sa jauge de santé et de cristaux (genre de mana) et tout document qui permet d'éclaircir l'histoire. L'argent pourra être dépensée pour s'acheter des munitions ainsi qu'améliorer ses armes et ses pouvoirs car Infinite reste un jeu d'action. Le titre se démarque encore une fois de la concurrence en matière de FPS avec un gameplay jonglant sur les pouvoirs et armes à feu proposant des combinaisons le tout de manière vraiment fluide. L'arsenal proposé en termes d'armes est aussi classique et complet tandis que les pouvoirs sont dans la lignée des épisodes précédents : feu, électricité, nuée de corbeaux, repousser les ennemis ou les envoyer en l'air... Les pouvoirs sont complets et intéressants à utiliser sans véritablement se montrer très originaux.

En revanche, la grosse nouveauté du titre est le fait que Columbia soit traversée de rails aériens qu'il est possible d'emprunter muni d'un dispositif servant aussi au corps à corps. Cela rajoute de la vitesse aux combats et une verticalité que les ennemis n'hésiteront pas à utiliser malgré leur IA pas franchement top. On se prend rapidement au jeu en évitant un groupe d'ennemi pour les contourner et bondir violemment dans leur dos. D'autant plus que les pouvoirs d'Elizabeth peuvent nous aider car elle peut ouvrir des failles faisant apparaître des armes, des soins ou même des alliés sous formes de tourelles par exemple. Cela ajoute un petit peu de tactique au combat où il faut utiliser les pouvoirs de Booker et d'Elizabeth au bon moment et ne pas hésiter à utiliser les rails aériens. Les combats se révèlent grisants étant bien plus fluides et brutaux que les premiers Bioshock. Le jeu nous propose évidemment des ennemis un peu spéciaux comme le Handyman qui est un soldat sous une épaisse carapace d'acier nous fonçant littéralement dessus avec des pouvoirs de feux ou d'acier. Il y a aussi un ennemi pouvant se téléporter sur de courtes distances ou encore le Patriote, automate mécanique lourdement armé. Des ennemis coriaces qu'il faudra combattre avec la bonne approche en évitant de foncer bêtement dans le tas. Le jeu n'est pas vraiment difficile mais il faut quand même réfléchir à ses approches. Concernant Elizabeth, les développeurs ont fait le bon choix de ne pas faire en sorte de la protéger et elle peut même nous envoyer munitions et potions pendant les combats. A ce titre, le personnage d'Elizabeth est l'un des PNJ les mieux réussis qui accompagnent le joueur pendant toute une aventure. La voir évoluer pendant tout le jeu est très intéressant avec ses observations, sa façon de se tenir ou les réactions qu'elle propose...

Les combats sont ainsi une vraie réussite et le jeu sait ménager correctement les phases d'action et celles de contemplation. Ce qui déçoit plus c'est l'aspect personnalisation du personnage qui a quasiment disparu. Malheureusement, les développeurs ont cédé aux sirènes de la facilité en refusant d'alourdir les possibilités offertes aux joueurs. Pas de système de craft par exemple mais ce n'est le plus problématique. Les puristes de la barre de santé verront l'arrivée au côté de cette dernière du bouclier qui se régénère automatiquement et on ne peut plus transporter des soins ou des fioles de cristaux... Même idée pour les armes car on ne peut en avoir que deux à la fois et en trouver une autre, si possible avec des munitions, deviendra souvent un défi majeur mais peu palpitant... Ces décisions sont peu compréhensibles pour une licence qui avait réussi brillamment à s'en passer. Ensuite, les compétences passives sont extrêmement réduites car elles se trouvent liées à nos habits qui ne sont qu'au nombre de quatre... Cela illustre parfaitement le problème de Bioshock Infinite qui a certes réussi à nous emmener dans un décors original et parfois fascinant tout en nous divertissant avec efficacité mais sans nous offrir un gameplay aussi profond que Bioshock. Pire, on a l'impression qu'en termes de possibilités, de folies et de nouveautés, Infinite a regressé par rapport au premier opus alors qu'il est sorti 5 ans après...

La conclusion de à propos du Jeu Vidéo : Bioshock Infinite [2013]

Bastien L.
80

Si Bioshock Infinite n'est clairement pas au niveau des deux premiers épisodes de la série, il n'en reste pas moins un bon jeu. Un titre qui propose un univers original, riche et cohérent avec un scénario bien plus intéressant que la moyenne pour l'industrie. Il est aussi artistiquement et techniquement au point offrant un divertissement bien construit et efficace. Mais il est loin d'être aussi passionnant que les deux premiers épisodes de la série...

On a aimé

  • L'histoire et l'univers autour
  • Elizabeth en tant que personnage comme en tant que PNJ
  • Des combats nerveux et stratégiques

On a moins bien aimé

  • L'aspect RPG trop atténué
  • Disparition de l'inventaire
  • Columbia est loin de valoir Rapture...

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