Critique The Last of Us #1 [2013]

Avis critique rédigé par Bastien L. le lundi 27 mai 2024 à 09h00

The Best of Them

Critique de la version PS3

Le post-apocalyptique était à son sommet au début des années 2010 avec des œuvres majeures ayant un fort impact sur le genre tellse La Route, The Walking Dead ou encore The Last of Us.

Quand sort The Last of Us en exclusivité sur PS3 en juin 2013, on ne peut qu'être ébahi devant le chemin parcouru par le studio américain Naughty Dog. Sans revenir à ses débuts, rappelons que les Californiens se sont d'abord fait connaître par la série des Crash Bandicoot sur PSOne avant de réaliser la trilogie Jak & Daxter sur la PS2. Même si la seconde série faisait preuve d'un peu plus de maturité, on avait affaire à des titres très colorés, cartoon, s'adressant parfaitement aux jeunes joueurs. La suite sur PS3 fut la trilogie des Uncharted où le studio passa un cap avec un univers plus photo-réaliste dans une ambiance adulte à la Indiana Jones tout en devenant une référence technologique. Une trilogie qui vit l'émergence de deux noms : Bruce Straley et Neil Druckmann qui ne firent pas partie de l'aventure Uncharted 3 mais prirent la direction d'une seconde équipe au sein du studio, chose inédite, afin de lancer The Last of Us. Les deux en tant que réalisateur avec Straley plus sur la programmation tandis que Druckmann s'occupait de la partie créative comme du scénario. L'idée de base vient de ce dernier qui imagina un mélange entre Ico et La Nuit des morts-vivants (Resident Evil 4 est une des autres œuvres largement cités comme un influence) ou le fait de devoir gérer un allié plus faible durant une apocalypse zombie. Le développant dura de 2009 à 2013 pour un titre qui fut un succès immédiat se vendant par palettes tout en étant souvent cités parmi les jeux les plus incroyables jamais faits. A noter qu'il a eu le droit à des « portages améliorés » sur PS4 (2014) et PS5 (2022).

L'introduction du jeu se déroule en 2013 aux Etats-Unis alors que Joel et sa fille Sarah sont les témoins impuissants d'une épidémie transformant les habitants en fous assoiffés de sang car leur cerveau est contrôle par un champignon, le cordyceps, souhaitant se répandre le plus possible. Lors d'une fuite désespérée aux côtés du frère de Joel, Tommy, Sarah est abattue par un soldat paniqué... On retrouve ensuite Joel vingt ans plus tard alors qu'il vit loin de Tommy dans une l'enclave militarisée de Boston où il est un contrebandier aux côtés de la débrouillarde Tess. Alors que les deux survivants partent régler leur compte avec un truand qui les a doublé au profit des Lucioles, une organisation dissidente luttant contre les pouvoirs en place tout en cherchant un moyen de guérir l'épidémie. Tess et Joel retrouvent la trace d'une des leaders des Lucioles, Marlene, qui est gravement blessée mais qui leur promet un gros paiement s'ils acceptent de faire passer la jeune adolescente Ellie en dehors de la ville où l'attendent d'autres Lucioles. En chemin, les héros apprennent que Ellie semble immunisée face à la contamination après avoir été mordue tandis que les Lucioles qu'ils devaient rejoindre manquent à l'appel. S'en suit un long parcours rempli de dangers à travers les Etats-Unis où Ellie et Joel vont devoir apprendre à collaborer comme à s'apprécier.

Après avoir participé aux scénario assez réussis des deux premiers Uncharted, Neil Druckmann livre une excellente histoire avec The Last of Us. Dans la ligné de Walking Dead, ce n'est pas tant l'aspect zombie qui ressort le plus de cet univers mais bien les relations entre les personnages à commencer évidemment par celle entre Joel et Ellie au cœur du récit. Evidemment le but est de faire le rapprochement entre Ellie et Sarah pour Joel qui a du mal à accepter la présence de l'adolescente en s'étant depuis longtemps renfermé dans sa posture de survivant aguerri et taciturne. Et c'est dans cette relation que The Last of Us développe sa thématique principale à savoir l'ouverture aux autres comme au monde. Le tout évidemment alors que le monde comme les autres sont des menaces permanentes. Ellie est donc une adolescente n'ayant jamais rien connu d'autres que ce monde post-apocalyptique en ayant grandi dans une enclave. La voir découvrir ce monde d'avant comme la nature est vraiment un bonheur constant tant sa naïveté est aussi touchante que son rapport habituel à la violence est perturbant. En face d'elle, se trouve Joel qui va devoir réapprendre à devenir un être social avec une bataille perdue d'avance ; ne pas s'attacher à cette gamine qui lui rappelle sa fille.

Sans pour autant pouvoir rivaliser avec les grands livres, films ou comics du genre, The Last of Us propose une écriture de qualité qui le distingue du tout venant vidéoludique. Une sorte de traversée des Etats-Unis de Boston à Salt Lake City dans une ambiance violente agissant comme un récit initiatique pour Ellie comme une résurrection pour Joel. Cela fonctionne car l'univers créé par Naughty Dog nous agrippe dès le début avec une introduction glaçante puis une très grande maîtrise des codes du post-apocalyptique. Mais l'originalité vient évidemment du fait que les zombies soient remplacés par ce champignon donnant une différence aux ennemis du genre mais aussi une approche artistique aussi efficace que dérangeante. Les codes du genre sont respectés avec les humains pouvant être plus dangereux que les monstres, où chaque rencontre est remplie de tensions tout comme chaque communauté ayant ses particularités pour survivre. Les personnages secondaires sont ainsi bien écrits offrant ce qu'il faut de parenthèses enchantées comme d'histoires intimes plus tragiques. Cela participe à rendre l'univers du jeu très mature avec une plus grand liberté de ton que cela aille du langage des héros comme de différentes scènes qui pourront vraiment vous marquer. Dans un monde ayant sombré dans la mort comme dans la loi du plus fort, Joel est un survivant aux méthodes parfois discutables qui déteint malheureusement sur Ellie. Rarement on aura autant pris fait et causes pour un personnages aux actions moralement plus que discutables.

The Last of Us est un jeu de fin de vie de la PS3 développé par Naughty Dog, le studio qui lui a offert ses plus belles perles techniques avec la trilogie Uncharted. Le jeu reste techniquement très propre même aujourd'hui (malgré quelques textures cache-misère par moments). Au niveau de ses graphismes, le jeu était considéré comme un des plus beaux qui soient à sa sortie avec notamment des cinématiques bluffantes ayant un photo-réalisme et une qualité d'animation faciale encore jamais atteints sur consoles surtout en ce qui concerne Joel et Ellie (aux faux airs de Ellen Page). Il faut quand même avouer que la direction artistique avait le champ libre pour nous cueillir grâce à la facilité qu'a le post-apocalyptique à nous fasciner avec ses ruines de notre propre civilisation. Dans une ambiance mélangeant très grandes villes et zones rurales parsemées de forêts denses, le jeu nous émerveille avec une maîtrise du vieillissement comme de la destruction partielle des lieux permettant d'encore plus s'impliquer dans l'histoire tant les décors regorgent d'histoires souvent tagiques qu'on peut deviner. Le plaisir de la découverte est toujours intacte pour voir comment des lieux semblant familiers pour n'importe quel occidental ont subi de plein fouet l'apocalyspse. Les créatures bénéficient évidemment de cette qualité notamment les humains les plus transformés par les champignons, appelés les claqueurs, à l'apparence vraiment marquante. Ils ont par ailleurs le droit à un traitement sonore génial permettant de souligner le travail remarquable sur la bande-son, la très bonne tenue des doublages français et l'excellente musique souvent minimaliste et pleine de mélancolie du compositeur oscarisé Gustavo Santaolalla.

Pour ce qui est de son gameplay, The Last of Us est un mélange d'action, d'exploration et d'infiltration à la troisième personne. Le tout avec des éléments de survival-horror comme de RPG assez léger. En incarnant Joel, on se met dans la peau d'un survivant de longue date qui sait comment tirer profit de son environnement. L'exploration prend ainsi une part très importante du jeu car il va falloir fouiller des lieux afin d'en retirer de quoi créer divers objets ou améliorer ses armes comme ses capacités. L'aspect RPG est ici dans le fait de créer des trousses de soin, des surins ou des cocktails molotov à l'aide de ce qu'on a ramassé mais aussi d'opérer de réels choix quant à savoir si on préfère améliorer son arc ou son magnum ou alors si on préfère avoir un héros plus résistant ou ayant plus de stabilité lorsqu'il tire... Pour l'exploration, l’œuvre montre brillamment pourquoi le post-apocalyptique est magnifié par le jeu vidéo : on prend réellement part à ces moments de découvertes de lieux qu'on l'on va piller avec lenteur et avec prudence en temps réel ce qui est généralement plus compliqué à rendre dans d'autres médias où la tentation de l'ellipse est grande. De plus, beaucoup de joueurs ont un penchant pour la collectionnite ce qui s'accouple bien avec ce besoin qu'ont les héros de ratisser les lieux pour mieux survivre.

L'autre cœur du jeu est le choix entre l'action et l'infiltration dans une narration assez dirigiste. Vous allez donc devoir affronter des humains comme des infectés dans des lieux plus ou moins ouverts. A vous de voir si vous voulez faire cache-cache avec vos ennemis pour les contourner ou les éliminer silencieusement. Si vous voulez tenir une zone et arroser à tout va ce qui sera difficile et vous coûtera en munitions loin d'être illimitées. Ou encore être effectivement dans l'action pure tout en étant bien plus mobile. Selon les lieux, les situations et ennemis vous allez devoir trouver la meilleure manière de procéder ce qui fonctionne très bien. On peut éprouver une réelle satisfaction d'avoir nettoyé une zone en ayant utilisé peu de ressources. Évidemment les fameux claqueurs doivent être combattus avec prudence car ils vous éliminent directement mais étant aveugles, il ne réagisse qu'au bruit. On ne fera jamais mieux que le combo diversion sonore pour les attirer à un endroit suivi d'un cocktail molotov... A noter que les humains sont assez retors n'hésitant pas à tester différentes techniques pour vous débusquer tandis que l'IA des infectés manque quand même de soin. On est en revanche beaucoup plus impressionné par l'IA des alliés qui sont très bien gérés par le jeu n'étant jamais des fardeaux et pouvant vous aider de différentes manières lors des affrontements.  Autre reproche que l'on peut faire au jeu c'est que par moments, on ne sait pas trop ce qu'il attend de nous ni où l'on doit progresser. Mais on chippote pour une œuvre étant un jalon de l'histoire du jeu vidéo proposant au moins 15 heures de haute tenue traversées par quelques scènes et passages inoubliables.

La conclusion de à propos du Jeu Vidéo : The Last of Us #1 [2013]

Auteur Bastien L.
90

The Last of Us est bien un monument du jeu vidéo grâce à un univers extrêmement bien travaillé servi par une technique, des graphismes et une direction artistique au sommet. Mais on retient bien plus une histoire forte, sombre et poisseuse où émergent deux personnages excellemment bien écrits confrontés à un monde qui veut leur peau. Le gameplay ne révolutionne certes pas les genres qu'il aborde mais se révèle très efficace, parfaitement maîtrisé pour l'exploration et assez permissif lorsque l'on doit affronter des ennemis. Un titre qui fait incontestable partie de ces œuvres qu'il faut avoir fait.

On a aimé

  • L'univers, l'ambiance, l'écriture
  • Les personnages principaux comme secondaires
  • Techniquement très fort

On a moins bien aimé

  • L'IA des infectés
  • Quelques errements dans la progression
  • Un gameplay très classique

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