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Critique du film : Star Trek Into Darkness [2013], par Richard B.

Avis critique rédigé par Richard B. le samedi 27 avril 2013 à 15h42

Du très grand cru Star Trek et de la science-fiction épique !

À l'heure où arrive le très attendu "Star Trek Into Darkness" - deuxième volet de la saga réalisé par J.J. Abrams - il est peut-être bon de rappeler que l'univers Star Trek c'est 47 ans d'existence avec 5 séries télévisées (Star Trek classic, Next Generation, Deep Space nine, Voyager et Enterprise) 12 films (ce dernier compris) sans oublier les multiples romans et bandes dessinées (dont un grand nombre ne sont jamais arrivés en France). Si on enlève James Bond et Doctor Who, Star Trek est certaine la plus longue franchise existante. Depuis 2009, J.J. Abrams, avec la confiance de Paramount, s'est attelé à redonner un peu de jeunesse à la franchise en jouant sur un élément prépondérant : « le voyage dans le temps ». Si avant cette date l'ordre temporel n'avait jamais été bouleversé, les scénaristes Roberto Orci et Alex Kurtzman ont pris comme postulat de changer l'ordre des choses, ainsi toutes les aventures de Spock, Kirket de la fédération ne seraient plus forcément identiques à celles que l’on a connues dans le passé. Seule la série Enterprise peut être rattachée aux évènements des films (celle-ci se déroulant avant l'arrivée des chamboulements créés par Nero).

L'Enterprise

Ce qu'on peut dire de cette nouvelle vision apportée par Abrams c'est que d'un, elle profite d'un budget plus conséquent que n'importe quel autre film Star Trek - et cela se voit à l’écran -, et de deux que l'action devient un élément bien plus présent, voir prédominant. Ainsi à peine le logo Paramount lancé, qu'on retrouve Kirk et Bones tentant d'échapper à des autochtones (façon les aventuriers de l'arche perdue) alors qu'en parallèle un volcan rentre en éruption. Pour le reste, les scénaristes - auxquels s'est ajouté Damon Lindelof — se sont amusés avec certains éléments prédominants de la franchise comme la fameuse "directive première" qui consiste à ce que la Fédération n'interfère pas dans le développement des autres espèces tant que celles-ci ne sont pas parvenues par leurs propres moyens au voyage interstellaire. Et même si c'est le cas, la Fédération ne pourrait intervenir qu'à la demande des peuples concernés. On trouve donc un véritable talent d'écriture à voir à la fois des séquences survoltées et pleines d'adrénalines, et des liens forts avec les fondements de cet univers tels que cette directive ; voir son application – ou non – et les conséquences de son non-respect. Et si l'introduction se déroulant sur cette planète volcanique se veut une sorte de mise en appétit, à la façon des films de l'agent 007, les directives de la fédération, dont cette première, resteront l'un des axes principaux de cet Into Darkness.

Sans trop en dévoiler, l'autre axe choisi par les scénaristes tourne autour des humains génétiquement améliorés durant la Guerre eugénique. Historiquement, la première fois que ces individus sont apparus dans Star Trek remonter à l'épisode 22 de la série originale (les derniers tyrans). Par la suite, le film Star Trek II en reprend le méchant principal - prénommé Khan - qui est considéré par beaucoup de fans comme le meilleur méchant de la franchise. La série "Enterprise" approfondira à son tour cet axe lors de sa quatrième saison avec 3 épisodes consacrés à ces "super humains" (Les améliorés, Les Embryons, Poursuite). L'approche autour de ces êtres améliorés et leurs conséquences peut être vue aussi à travers un personnage comme le docteur Bashir dans la série Deep Space nine. Dans le cas de Into Darkness, l'être amélioré en question se fera connaître sous le nom de John Harrison. Clairement jamais dans la franchise les êtres améliorés auront paru aussi puissants à l'écran et ce John Harrison va donner bien du mal à Kirk et ses amis. Difficile de dévoiler plus de facettes de l'histoire sans gâcher beaucoup de plaisir, mais sachez que les situations surprenantes ne manquent pas. Certes on pourrait regretter que certaines options prises ne se retrouvent pas totalement assumées du fait qu'il s'agit avant tout d'un blockbuster, mais le film ne manque pas de surprises et de rebondissements savamment amenés. Puis si les non-connaisseurs devraient aisément s'y retrouver, le film révèle quelques petits "bonus" qui pourront amuser ceux qui ont déjà goûté à du Star Trek. Cela peut aller du caméo, à l'apparition de nouveaux personnages connus de la franchise tels que Carol Marcus (Star Trek 2), à quelques allusions aux devenirs de certains personnages, ou encore, à la présence de races extraterrestres emblématiques comme les Klingons.

Benedict Cumberbatch

On prendra d'ailleurs plaisir à retrouver au casting l'acteur Peter Weller - bien trop rare à l'écran - qui ne fait pas ici ses premiers pas dans l'univers Star Trek puisqu'il fut John Frederick Paxton dans les épisodes Terra Prime et Demons de la série Enterprise. Son personnage dans Into Darkness n'aura cependant ici rien à voir, puis qu'il se trouve être un amiral de la fédération. Ceux qui apprécient l'acteur seront heureux de le voir occuper une position forte et particulièrement charismatique. On dira peut-être un peu moins de bien d'Alice Eve, à la plastique très agréable, mais apparaissant bien trop superficielle pour jouer une scientifique, en particulier lorsqu'il est question de Carol Marcus. Pour le reste, on est très content de retrouver le casting initial de 2009, même si on regrette que le docteur McCoy (alias Bones) se montre un peu en retrait. Quand à Benedict Cumberbatch, il confirme tout le bien qu'on pensait déjà de lui via sa série Sherlock avec un personnage aussi charismatique qu’ambigu et il y a fort à parier qu'on reparlera longtemps de sa prestation dans ce film.

Carol Marcus 2013 Vs Carol Marcus 1982

Pour le reste, côté réalisation, on retrouve tous les aspects propres au précédent film - ou de manière plus globale à J.J. Abrams - mais avec un côté épique encore plus prononcé. Ceux qui sont allergiques aux "lens flare" de J.J. Abrams devront se faire une raison, puisque ces derniers sont toujours aussi présents, les autres apprécieront puisqu'ils peuvent voir là comme une sorte de signature du réalisateur, une façon de reconnaître sa patte. Si on peut regretter quelques plans maladroits qui donnent l'impression d'être là pour satisfaire le besoin d’images iconiques à mettre dans une bande-annonce, le réalisateur indique que depuis son très sympathique Mission Impossible 3 il a sacrément évolué et que désormais il parait difficile de lui reprocher de rester prisonnier des cadrages un peu trop télévisuels. Star Trek into Darkness offre donc de vrai moment de mises en scène que cela soit en terme d'actions (gaffe aux débris) ou en terme de séquences pures de dialogues, où même là, J.J. Abrams arrive à instaurer du rythme. Star Trek into Darkness transparaît sans commune mesure comme le meilleur film de J.J. Abrams.

On viendra aussi complimenter le travail de Michael Giacchino qui reprend une partie des thèmes qu'il avait créé sur le précédent film (dont la réorchestration de la musique d'Alexander Courage), tout en créant quelques nouveaux morceaux - dont une musique au piano plus intimiste - plutôt très réussis. Alors que sur John Carter, Giacchino se manifestait clairement à la traîne pour rendre l'image épique, ce ne sera nullement le cas ici, et pendant longtemps on se retrouve à siffloter quelques-unes de ses partitions.

La conclusion de à propos du Film : Star Trek Into Darkness [2013]

Auteur Richard B.
90

Si le "passionné" de cette franchise qui est en moi considère toujours le film de Robert Wise comme le meilleur Star Trek de par son approche métaphysique et contemplative peu ordinaire, ce Star Trek Into Darkness se situe juste à côté. Bien qu'ayant une approche tout autre, puisque bien plus centrée sur le panache, le fun et l'action, le film n’oublie pas de raconter une histoire solide basée sur des personnages importants. La promotion autour de Star Trek into Darkness laissait présager un bon film, il n'y a pas erreur sur marchandise, car chose peu courante pour le signaler, le film est encore meilleur que sa bande-annonce ! Si on peut regretter l'absence d'un ou deux choix qui auraient porté ce dernier à un niveau aussi emblématique qu'un film comme l'empire contre-attaque (on n'atteint donc pas ce niveau), Star Trek Into Darkness reste un de ses films qu'on n’est pas prêt d'oublier et qu'on aimera voir et revoir régulièrement. Longue vie et prospérité !

On a aimé

  • Le rythme.
  • Une histoire accrocheuse.
  • Peter Weller et Benedict Cumberbatch.
  • L'ambiance.

On a moins bien aimé

  • Alice Eve superficielle.
  • Une - Légère - contrainte liée au fait que ce soit un blockbuster.

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