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Critique du film : Les Sévices de Dracula [1972], par Nicolas L.

Avis critique rédigé par Nicolas L. le lundi 9 juillet 2007 à 16h11

Attention, un comte peut en cacher un autre...

Deux charmantes jumelles aménagent chez leur oncle, un personnage puritain et despotique, au cœur d’une région à la population traumatisée par une série de morts violentes. Alors que sont organisées de véritables et très arbitraires chasses aux sorcières, Frida, l’une des jumelles, va tomber sous le charme du troublant comte Karnstein, châtelain et maître des lieux.


Contrairement à ce que pourrait laisser penser le titre français, Les Sévices de Dracula ne mettent aucunement en scène les exactions du célèbre vampire des Carpathes. Non, en fait ce film de John Hough exploite un autre icône de la Hammer Films, mais nettement moins connu (il y aura en tout et pour tout trois films traitant du personnage), le comte Karnstein, noble hobereau germanique versant dans la démonologie et le vampirisme, comme tout le reste de son ascendance (dont la célèbre Carmilla de Le Fanu). Voilà, ceci étant dit, au-delà de son titre trompeur, penchons nous de plus prêt sur cette œuvre tardive des studios londoniens, produite alors que la compagnie des Carreras avait entamé depuis quelques temps déjà une longue mais inéluctable chute vers son extinction.
Tout d’abord, mettons les choses au point : John Hough n’est pas Terence Fisher. Il n’en a d’ailleurs jamais eu l’ambition. Formé sur la série des Chapeau Melon et Bottes de Cuir, le cinéaste britannique a saisi l’opportunité de travailler pour la Hammer alors que ses illustres et habituels pensionnaires accusaient le poids des ans. La place étant libérée, il a profité de l’occasion pour œuvrer sur des longs métrages ambitieux (la Hammer, en 1970, c’est la classe !..). Par conséquent, à son sujet, on ne peut donc employer le terme de disciple ou même de descendance artistique – il prouvera d’accueil son grand éclectisme et sa parfaite versatilité tout au long de son chaotique carrière dans différents registres.

Donc, vous ne trouverez pas dans la réalisation de ce jeune homme (il a à peine trente ans lors du tournage de Twins of Evil) cette atmosphère théâtrale et posée propre aux vénérables cinéastes de la Hammer Films. Seule la magnifique photographie de Dick Bush, par ses éclairages ultra travaillés, met en avant l’image de marque du studio et son style graphique très particulier, souvent copié mais jamais égalé. Ainsi, John Hough filme plus à l’américaine, avec un petit coté Corman période gothique (Pit and the Pendulum, Mask of the Red Death). Ceci amène un aspect baroque dans le traitement, un élément supplémentaire qui atténue le style dramaturgique affectionné habituellement dans les séries des Dracula, des Momies et des Frankenstein de Terence Ficher ou de Freddie Francis. Certains pourraient qualifier cela de modernisation. Personnellement, j’aurais tendance à employer le terme vulgarisation….
Au niveau du scénario, on se situe dans le domaine du classique et du solide. Comme d’habitude dans les productions Hammer, le script met en avant quelques personnalités assez fouillées, à la forte densité manichéenne, et s’amuse à les faire s’affronter. Les situations sont bien amenées, avec une forte théâtralité, et même si le déroulement est très prévisible, l’ensemble est très agréable à suivre. Dans ce film, c’est la dualité Bien / Mal qui est encore mis en exergue, avec comme principaux médium le duo formé par les jumelles Collinson, chacune étant la Némésis de l’autre. Il est intéressant de noter que la représentante du Bien n’intéresse personne, ni les protagonistes maléfiques, et encore moins les personnages gentils, qui trouvent l’adorable et ingénue Maria bien trop prévisible…

Et c’est là que l’on en vient à la qualité de l’interprétation et à la beauté du casting, deux aspects qui ont toujours compté comme les critères de qualité du studio. Encore une fois, dans Twins of Evil, les femmes sont magnifiques. Loin des bimbos et des scream queens américaines, les ladys de la Hammer se sont toujours voulu être un mélange acide de grâce, d’innocence, de sensualité et de perfidie. Qu’elles soient manipulatrices, séductrices ou candides, ces condensés explosifs de féminité bénéficient toujours du même traitement, à savoir une exceptionnelle mise en valeur de leurs charmes, pour le plus grand plaisir du spectateur (même féminin). Pas fou, John Hough se plie donc volontiers à l’exercice, alternant les gros plans sur les regards langoureux et les cadrages plus discrets sur les corsages généreux et les hauts de cuisses (on entraperçoit même, au cours d’un discret et pudique pano de caméra, une esquisse de pubis, vite voilée). De l’érotisme jamais vulgaire, de superbes toilettes et d’habiles éclairages sur ces visages (faussement) angéliques, tels sont quelques ingrédients esthétiques qui composent la recette miracle des magiciens de la firme londonienne.
Mais bon, la beauté n’est pas tout. Si les sœurs Collinson contribuent au charme de ce Twins of Evil, c’est le vétéran Peter Cushing qui amène la véritable efficacité du métrage. Fortement amaigri, le visage sévère et le regard flagellateur, l’acteur joue ici le rôle d’un personnage à double tranchant. Séduisant par sa sincérité, ce fanatique est également repoussant par sa cruauté. Un aspect double, passionnant et troublant, si imposant qu’il efface même un peu le jeu des deux autres principaux personnages, le gentil Anton (interprété par David Warbeck) et le comte Karnstein. Hors, si l’on peut admettre que le premier soit un peu étouffé par un personnage aussi charismatique que Gustav Weill, on comprend moins le cas du châtelain maléfique. Soyons honnête, l’acteur Damien Thomas manque sérieusement de relief, et s’il est vrai qu’il n’est guère avantagé par son rôle un peu trop rigide, il est quand même surprenant de noter qu’il se fait souvent voler la vedette par son serviteur Dietrich (une sorte de Reinfeld, en plus classe) lors de leurs apparitions communes. Sans aucun doute, cette faiblesse du « méchant » de service est l’un des points faibles du film. Bref, n’est pas Christopher Lee qui veut…

La conclusion de à propos du Film : Les Sévices de Dracula [1972]

Nicolas L.
65

Twins of Evil est l’un des bons films de la deuxième période la Hammer Films, celle qui débute avec les années 70 et qui verra la firme péricliter lentement. Pour faire concis : le scénario est peu original mais bien écrit, la réalisation est très solide techniquement, la beauté et la grâce sont toujours au rendez-vous. En fait, le plus gros problème vient de son « méchant », un vampire manquant grandement de charisme, et à l’aura complètement écrasée par celle d‘un excellent Peter Cushing à qui il manque un personnage de son envergure pour lui donner la réplique.

Que faut-il en retenir ?

  • Réalisation solide et techniquement irréprochable
  • Photographie somptueuse
  • Des rôles féminins fidèles à l’esprit Hammer
  • Peter Cushing, toujours aussi formidable

Que faut-il oublier ?

  • Scénario peu original
  • Un comte Karnstein un peu fade

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