Road trip d'une ado et d'un yokai
Une bd haute en couleurs pour la rentrée
Et si fuguer était le début d'une grande aventure ? C'est exactement ce que propose Yasuko, nouvelle série de Julien Frey et Baptiste Pagani publiée chez Ankama.
Nous sommes en 1962, à Tokyo. Yasuko est une adolescente de douze ans qui travaille dans un restaurant alors qu'elle devrait encore être au collège. Enfin qui est exploitée par la propriétaire !
Son quotidien ne lui convient plus : elle rêve de liberté et surtout, elle veut retrouver son père, parti vivre aux États-Unis pour gagner de l’argent. Alors, elle prend une décision radicale : elle fugue et part seule sur les routes.
Sauf qu'elle ne va pas vraiment être seule très longtemps.
Dans la mystérieuse Forêt rouge, un yokai nommé Béto reçoit pour mission de l'accompagner. Problème : Béto est loin d'être le compagnon surnaturel idéal. Paresseux, maladroit et plutôt réticent à se mêler des affaires humaines, il va pourtant se retrouver embarqué dans cette quête. Et comme si cela ne suffisait pas, deux yakuzas se lancent à leurs trousses, bien décidés à mettre la main sur le yokai.
Et c'est là que Yasuko devient particulièrement réjouissant.
Le premier point fort, c'est son héroïne. Yasuko n'est pas une jeune fille qui attend que l'aventure vienne à elle : elle la provoque. Sa fugue est à la fois un acte de rébellion et une quête affective. Derrière l'aventure et le fantastique, le récit parle donc de famille, d'abandon, d'émancipation et de cette envie très adolescente de décider enfin de sa propre vie.
Deuxième réussite : le mélange des genres. Frey injecte dans un récit de road-trip des éléments du folklore japonais, avec des yokai qui ne sont jamais de simples monstres. Béto apporte notamment une vraie dose d'humour et évite au récit de devenir trop sérieux.
Et puis il y a le dessin de Baptiste Pagani, véritable moteur de la BD. Son trait très dynamique donne une énergie folle aux scènes d'action et restitue avec beaucoup de personnalité le Tokyo des années 1960 très coloré et un peu kitch.
Alors oui, ce premier tome va parfois un peu trop vite : en 80 pages, beaucoup de personnages et de pistes sont lancés, et certaines mériteraient davantage de profondeur. Mais difficile de lui reprocher son rythme : Yasuko se lit avec cette sensation agréable de partir en voyage sans savoir exactement où l'on va atterrir.
Et Yasuko réussit surtout une chose essentielle pour un premier tome : nous donner envie de prendre immédiatement le prochain train pour connaître la suite.
La série est prévue en quatre tomes !
Publié le dimanche 30 août 2026 à 08h00
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