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Critique du Film (Direct to Vidéo) : La création
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Critique du Film (Direct to Vidéo) : La création

Avis critique rédigé par Nicolas L. le vendredi 18 février 2011 à 1128

L’ultime plaisanterie d’une icône du bis


Avant de commencer à vous parler de La création, il me semble nécessaire de vous dresser un rapide portrait de son réalisateur (du moins, pour ceux qui ne le connaitraient pas): Bruno Mattei. Décédé en 2007, à l’âge de 75 ans, cet attachant cinéaste italien a laissé derrière lui un imposant héritage cinématographique composé principalement de croustillants nanars et autres séries Z jouissives. Cet artiste touche-à-tout, érotomane et provocateur à ses heures, s'est principalement fait un nom dans le cinéma d'exploitation des années 70 et 80, au cours desquelles il a surfé avec le plus grand opportunisme sur les modes en cours; tout d'abord la nazisploitation (avec l'intéressant KZ9 - Camp d'extermination) et le porno soft (on lui doit deux volets d'Emmanuelle et deux péplums décadents) puis la SF et l'horreur, avec des œuvres bis qu'il signait la plupart du temps sous le pseudonyme de Vincent Dawn. Certes, Bruno Mattei ne fut certainement pas un grand réalisateur (ni un esthète, d'ailleurs), mais, pour le fan de cinéma d'exploitation et l'amateur de nanars transalpins, il compte comme l'une des personnalités marquantes de l'âge d'or de la VHS et il reste encore aujourd'hui dans les mémoires comme l'un des animateurs de ce cinéma cheap, décomplexé et ludique qui fit le bonheur des vidéoclubs et des soirées potaches entre potes. En effet, malgré qu'il soit aujourd'hui bien moins connu que Joe D'AmatoLuigi Cozzi ou même Sergio Martino, il est difficile d'oublier les moments délirants que nous ont offert ces films aussi grandioses que ridicules que sont, par exemple, Virus Cannibale et ses zombies maquillés à la sauce bolognaise (1981), Les Rats de Manhattan et son univers post-apo en carton (1984) ou Holocaust porno et son sperme radioactif (1984, co-réalisé avec Joe d'Amato). Bref, quand le nanar italien était un art à part entière, Bruno Mattei trainait très souvent dans le coin.

La création est le dernier film de Bruno Mattei. Sa dernière blague. Ce métrage est construit sur un scénario qui est un pompage éhonté d'Aliens, le retour, avec un enchainement de séquences qui est quasiment un copier-coller de l'œuvre de James Cameron. La seule différence est que les créatures d'Hans Rudi Giger sont remplacées ici par des zombies mutants. Ou des mutants zombies, difficile à dire. En résumé, on retrouve donc comme héroïne un copycat en miniature (1m50 au garrot) de Ripley, nommée ici Sharon, qui, de retour d'une aventure au cours de laquelle elle a perdu tous ses collègues, accepte de retourner sur les lieux en compagnie d'un officier incompétent, un scientifique lèche-cul, un vil représentant d'un puissant consortium industriel et une poignée de euh… marines. Cette bande de joyeux drilles va donc; se rendre (en sous-marin, car c'est bien plus rapide qu'en avion ou en hélico) sur une île paumée où est installé un laboratoire ultrasecret occupé par des zombies; prendre une rouste lors de leur exploration des lieux; organiser une défense dans un labo au look de garde-meubles; tenter d'alerter le QG en réparant une antenne (apparemment, ces cons ont oublié leurs téléphones satellite). Parallèlement, le représentant de la compagnie va tout faire pour ramener au moins un spécimen de cette aventure, quitte à éliminer celle qui s'y oppose en la piégeant dans une salle remplie de zombies. Bref, si vous connaissez bien le déroulement du récit d'Aliens, non seulement vous allez appréhender sans aucun soucis l'intrigue de ce film, mais vous allez même anticiper toutes les réactions des personnages. Par contre, si le script fait plus qu'évoquer celui du film de James Cameron, il est bon de signaler que la comparaison s'arrête là, car pour ce qui est de la mise en forme, La création se pose comme tout autre chose, que l'on trouvera, en fonction de l'humeur du moment, vraiment désopilant ou absolument irregardable.

Intrinsèquement, pour ce qui est de l'image vidéo et du jeu des comédiens, cet ultime méfait de Bruno Mattei tient à la fois du mauvais film porno, du soporifique sitcom brésilien et de la vidéo amateur réalisé un jour de communion par l'enthousiaste, mais peu doué, tonton Fernand. Le misérabilisme de tous ces éléments est appuyé par des décors où les portes blindés tremblent dés que l'un des "acteurs" éternue et où le véhicule blindé d'Aliens est remplacé par une vieille fourgonnette poussive grossièrement maquillée (finalement les seuls éléments convenables visionnés dans ce nanar sont issus de stock-shots). C'est bien simple, voir ces "marines", revêtus de tenues de flics et armées de flingues d'airsoft, toucher à tout sans prendre la moindre précaution (ils n'usent même pas de gants pour tripoter zombies et appareils scientifiques), lâcher des blagues débiles en rigolant comme des gros bœufs et surjouer scènes de panique et d'affrontements dans des couloirs aux cloisons en carton-pâte tire carrément vers le spectacle surréaliste (ou la bouffonnerie). Mais attention, il y a pire que les scènes d'action: les séquences de dialogues! Des passages où des comédiens grimaçants et aux tronches d’ahuris débitent leurs répliques débiles en roulant des yeux ou en jetant des regards inquiets tout autour d'eux, en fonction des situations (le doublage français, d'une qualité équivalente à celle d'un film X, ajoute une couche de ridicule). L'oscar de l'interprétation la plus mauvaise revient sans aucun doute au sergent, un black dont le jeu ubuesque n'a rien à envier aux pitreries d'Omar dans le SAV des Emissions. Au final, étant donné que la structure du récit est identique à celle d'Aliens, ce rendu grotesque des situations donne carrément l'impression que l'on visionne, non pas un film d'horreur original, mais un très mauvais spoof movie.

Pour ce qui est de l’aspect gore du métrage, nous étions en droit d'espérer quelque chose, sinon de qualité, du mois d'assez extrême, le cinéaste d'ayant jamais fait preuve de retenue dans ses délires craspecs. Il va cependant falloir attendre une bonne demi-heure pour voir quelque chose digne d'un film de Bruno Mattei. Auparavant, en guise de scènes chocs, l'on aura dû se contenter des cauchemars de Sharon (moult fois le même plan) où des figurants recouverts de fond de teint bleu font bouh! devant la caméra. Puis, quand le cinéaste daigne enfin nous montrer quelque chose, nos sentiments vont naviguer, au gré des séquences, entre la frustration et l'amusement, mais à aucun moment vers l'écœurement et l'effroi. Les attaques de zombie, qui ne bénéficient jamais de la bonne valeur de cadre pour être efficaces, sont souvent illisibles. Au final, on obtient une mêlée confuse avec juste quelques plans inserts sur des têtes en latex qui explosent sous l’impact d’un projectile. Bref, il me suffit de vous dire que la séquence la plus percutante met en scène un douloureux accouchement du style alien, une mère mutante voyant son ventre en pate à pain exploser sous la poussée d'un poupon en plastique, pour que vous compreniez bien toute la puissance horrifique dégagée par ce métrage aussi peu dérangeant que surprenant... jusqu'à son sidérant dernier quart d'heure!

En fait, dans son entame, le final de La création se pose, pour ne pas changer, comme une redite foireuse d'Aliens. On retrouve donc Sharon dans les sous-sols du labo, vachement énervée et armée d'un lance-flammes. Jusque là, on s'y retrouve. Autour d'elle, dans un décor composé de rouleaux de pécul et de vieilles bâches en plastique, des femmes enceintes suspendues souffrent le martyr, des tuyaux de poêle fichés dans leur ventre. Des bébés en plastique sont retirés par aspiration de leurs ventres et glissés dans une sorte de container. Mmouais, là, ça commence à déraper, même si la scène cherche apparemment à ressembler à l'un des moments forts d'Alien la Résurrection. En face d'elle, gigote une bande de rejetons difformes, aux yeux en 1/2 balles de ping-pong et au crâne recouvert d'un bonnet de bain, fruits d'expériences génétiques opérées par... tadaaaa!... Un cerveau! Oui, un cerveau. Et dans un bocal! Le même type de monstre que l'on peut voir dans Les envahisseurs de la planéte rouge et son remake, les yeux et la bouche en moins ! Là, ça tourne au délire. D’ailleurs, ne me demandez pas comment ce machin est arrivé là. Pris d'un incontrôlable fou rire, je n'ai rien pu comprendre à ses explications (oui, car ce cerveau s'exprime par télépathie, avec une voix d'outre-tombe), j'ai donc failli dans mon devoir de critique, complètement pris au dépourvu par cette soudaine et grotesque apparition. Heureusement pour l'avenir de l'humanité, Sharon (interprété par Yvette Yzon, une (très) petite eurasienne ma foi assez jolie), elle, ne se démonte pas et règle la situation en quelques minutes, à grands coups de lance-flammes (avec un feu purificateur aux flammes bizarrement incrustées dans l'image, sans aucune impression de profondeur). Une incinération qui, par un extraordinaire effet de réaction en chaîne, va entrainer la destruction de tout le complexe. Son travail de nettoyage accompli, Sharon retourne au sous-marin, aidé dans sa fuite le dernier marine, dont le sacrifice est totalement inutile (en fait, je pense que c'est plutôt l'acteur qui, honteux de jouer dans une telle bouse, se jette volontairement au milieu des figurants zombies, histoire d'en finir et pouvoir rentrer chez la mamma se descendre un plat de tagliatelle carbonara).

La conclusion de

Bon, malgré toute l’affection que je porte au regretté Bruno Mattei, force est d’admettre que son cinéma n'a jamais brillé par sa valeur intrinsèque. Le cinéaste est d’ailleurs apprécié par les cinéphages pour son amour du nanar et du cinéma d'exploitation, et non pas pour ses véritables capacités artistiques. Et il en aura été ainsi jusqu'à sa mort. En effet, son dernier film, La création, avec son image vidéo pourrie, son scénario plagiat, son jeu d’acteur absolument nul et ses effets gore cheap, n'est pas un film apte à faire évoluer la réputation du réalisateur de Virus Cannibale. En fait, Bruno Mattei va même ici encore plus moins dans le registre du Z et de la fumisterie, en nous offrant une œuvre si mauvaise, à tous les niveaux, qu’elle en devient presque hypnotique. La création : l’ultime plaisanterie d’un artisan du cinéma bis.

Que faut-il en retenir ?

  • Désopilant par sa nullité

Que faut-il oublier ?

  • Tout est très mauvais

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