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Critique du Film : Tron : l'héritage
Tron : l'héritage >

Critique du Film : Tron : l'héritage

Avis critique rédigé par Richard B. le lundi 10 janvier 2011 à 0817

Tron 2.0, ou simple add-on de Tron 1.0 ?

Il existe des films pour lesquels il est très difficile d’imaginer une suite, surtout quand l’original a presque trente ans et qu’il a marqué l’histoire du cinéma autant par son originalité que sa technologie. TRON avait en effet pour lui d’être le premier film se déroulant dans un monde virtuel, mais aussi le premier à utiliser l'imagerie informatique de manière intensive. Dire que j’en attendais presque autant de cette suite n’est pas loin de la vérité. Quelle erreur ! Pour le coup,  la déception à la sortie de la salle n’en est que plus forte. Cependant, ce « Tron : L'héritage » est-il pour autant un mauvais film ?

Il était une fois…

Sam Flynn est traumatisé par la mystérieuse disparition de son père, qui fut autrefois considéré comme le meilleur créateur de jeux vidéo, du moins depuis qu’il avait réussi à prouver qu’il était l’auteur du fameux hit vidéoludique  « Space Paranoids ». Quelques années après la disparition de Kevin Flynn, Alan (qui avait développé le programme Tron) va trouver le jeune homme pour lui annoncer qu’il avait reçu un message de son père. Ce dernier lui donnait rendez-vous dans l'ancienne salle de jeu qui lui appartenait. Sam décide de s’y rendre et va découvrir un passage secret dissimulé derrière la borne d’arcade du jeu « Tron ». Dès lors, un Nouveau Monde va s'ouvrir à lui.

Une nouvelle histoire ?

Si le premier Tron avait été imaginé par Steven Lisberger (aussi réalisateur sur le film), cette suite sort de l’esprit d’un tout nouveau groupe de scénaristes, bien plus nombreux, puisqu’ils sont au nombre de quatre pour mener leurs idées (Edward Kitsis, Adam Horowitz, Brian Klugman et Lee Sternthal). Exit donc toute implication dans le scénario de Steven Lisberger qui semble juste occuper un poste de producteur.

De ce simple constat, il en résulte une suite essayant de faire plaisir aux fans de la première heure en ressortant quelques personnages comme Kevin Flynn / Clu, Alan Bradley / Tron ou encore une courte apparition d'un certain Edward Dillinger dont le père avait été le « bad-guy » sur le premier film. Toujours dans cette optique référentielle, on retrouve les affrontements de disques et les courses de motos (tout de même réadaptées pour l'occasion). Mais le fait de re-exploiter des personnages, des situations et des lieux ne veut pas forcément dire que cette suite a été travaillée pour être cohérente. Fallait-il peut-être aussi que ces derniers respectent un tant soit peu les attributs de chacun. Les apparitions d' Alan Bradley sont anecdotiques - et son personnage de Tron encore plus - alors que le film porte son nom. Alors que Tron sur le premier film est le programme (conçu par Alan) qui permet à Kevin Flynn de pénétrer dans les failles du MCP (acronyme de Maître Contrôle Principal), il est ici réduit à deux simples apparitions qui sont de plus en parfaite inéquation avec ce qu'il était dans le premier film. Le héros du premier film (d'où le titre) se retrouve donc ici considéré comme une simple pièce rapportée, histoire de dire qu'il fait encore partie de l'aventure.

Image Tron 2

Si dans le premier film le rapport programme / concepteur avait une véritable signification et était une intelligente métaphore sur les diverses croyances religieuses, ici, cette idée est quasiment abandonnée au profil d'une nouvelle, plutôt intéressante à la base, les ISOS, personnages capables de s'auto-créer. Dommage donc que cette idée n’ait pas été assez réfléchie et est considérée, là encore, que comme un accessoire, jamais exploité tel qu’il aurait dû être.

Au final, le scénario de Tron 2.0 apparaît comme un gros brouillon. Quelques nouvelles idées sont introduites ; la confrontation des programmes libres et privés ; les ISOS ; la recherche de la création d'un monde « virtuel » parfait, mais toutes sont survolées. Puis, que doit-on penser de cet ajout « bouddhiste » et « techno/disco » faisant immédiatement penser à Matrix alors que Tron était initiateur de ce type de films ? Triste constat d'une décennie incapable de vraiment apporter de nouvelles idées, du moins des idées développées avec minutie et cohérence.

Un nouveau bon technologique ?

Alors que les créateurs de Tron 2 se pavanent à raconter à qui veut l'entendre que le film utilise des procédés encore plus avancés que ceux utilisés sur Avatar, on ne peut que rester sceptique devant le résultat. S'il ne fait aucun doute que le film initial de Steven Lisberger a grandement participé à l'univers des images numériques, cette suite donne l'impression d'être dépassée avant l'âge, pire elle se démodera bien plus vite que son modèle originel qui a pour lui de posséder une ambiance bien particulière, en parfaite cohérence avec l'univers qui l'entoure. C'est-à-dire que les effets de Tron sont aussi en phase avec l'époque dans laquelle l'action se déroule.

La plus grosse déception « technique » se trouve dans la reconstitution du Jeff Bridges numérique - et rajeunit pour l'occasion. Raide, mal articulé, peu expressif et parfois aux dents trop blanches, on n'a bien du mal à y croire, d'autant qu'en face il y a le « vrai », certes plus vieux, mais tellement plus charismatique et vivant. J'image déjà les quelques défenseur du film argumenter qu'il s'agit de Clu, personnage virtuel conçu à l'image de son créateur, je pourrais que leur donner raison… s'il n'y avait pas cette scène d'introduction se déroulant bien dans notre réalité, et avec justement ce même Jeff Bridges totalement synthétique. On est donc bien loin des résultats vus sur Avatar.

Image Tron 2

Pour le reste, on se retrouve devant une sorte de mise à jour de l’univers visuel du premier TRON (hormis du côté des costumes) avec des effets assez jolis, mais jamais bluffants. Pour être honnête, ce fait n'est pas gênant puisqu'au contraire l’on apprécie de retrouver un environnement virtuel que l'on connait, même si on peut tout aussi bien se dire que de nos jours, un vrai concepteur aurait certainement fait évoluer les choses différemment.

Une ambiance musicale fortement présente.

La partie musicale ravira peut-être la nouvelle génération de spectateurs, tout en faisant frémir les vieux de la vieille (un peu comme moi) qui ont particulièrement apprécié les compositions très réfléchies de Wendy Carlos. Soyons clairs, Daft Punk signe une musique rarement en adéquation avec l'image, elle prend d'ailleurs très souvent le dessus sur celle-ci et par moment elle s’aventurera même dans des harmonies Zimmerienne qui donne le plus souvent l'impression d'être devant The Dark Knight que dans le monde virtuel de Tron. Le plus gênant est le manque total d'émotion qui se dégage des compositions de Daft Punk. Sans âmes (comme beaucoup de bandes originales bâclées de nos jours), imposant un tempo dynamique, elle donne l'impression d’avoir été composée que pour passer dans des boîtes de nuit ou encore vendre des disques à un public de masse en général peu attiré par les musiques de films.

Image Tron 2

Mais pourquoi donc aime-t-on Tron ?

Malgré l'énorme masse de défauts que présente le film de Joseph Kosinski, on ne peut s'empêcher de rester un minimum positif à son sujet. Tout d'abord, il y a un côté nostalgique indéniable qui fonctionne, et cela malgré les multiples incohérences. Jeff Bridges et Bruce Boxleitner de nouveau réunis à l'écran ; il y a quelque chose de magique là-dedans. Puis le monde de TRON est à la base si extraordinaire qu'il est difficile de faire la fine bouche, d'autant que la réalisation de Joseph Kosinski est suffisamment performante pour réussir à rendre les scènes d'actions assez jouissives. Comment résister à ces combats de disques ? Et ces courses de motos ? Puis pour être honnête, la nouvelle génération de spectateurs, qui a très peu de chance de connaître le film original, devrait un minimum adhérer, même si elle pourrait penser que le film manque un peu de rythme.

La conclusion de

Quelle déception que cet héritage de Tron, bel et bien indigne de son modèle. Attendu comme le film événement de 2011, on se retrouve une fois de plus devant un blockbuster quasiment sans âme et qui doit son seul intérêt à la grande force de l’œuvre originelle. Ni révolutionnaire dans son histoire, ni bluffant visuellement, Tron l'héritage a tout de même pour lui un univers assez riche et une réalisation honnête. Mais quel gâchis ! D’autant que certaines thématiques abordées, rapidement abandonnées en cours de route, auraient tellement mérité un traitement digne de ce nom !

Que faut-il en retenir ?

  • Un univers visuel toujours aussi riche,
  • le plaisir de retrouver des personnages que l’on a aimé,
  • une réalisation honnête,
  • l’idée des programmes qui arrivent à se créer sans concepteurs.

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario inabouti,
  • un Jeff Bridges numérique affreux,
  • de grosses incohérences,
  • aucune innovation,
  • une musique trop présente,
  • des problèmes de rythme.

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