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Critique du Musique : BO- OST Tron Legacy
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Critique du Musique : BO- OST Tron Legacy

Avis critique rédigé par Jonathan C. le lundi 4 avril 2011 à 2241

Tronscendency

les Daft Punk

Blockbuster conceptuel stylisé et séduisant, Tron : l'héritage souffrait d’un script confus au goût d’inachevé mais se rattrapait sur une production design splendide et une classe de chaque plan. Mais le point fort du film, c’est son affolante musique, qui lui apporte une bonne partie de son intensité, crée le grand frisson et rend épique ce qui ne l'est pas.

A la tête d’une des OST les plus attendues qui soient, aussi bien en tant que bande originale d’un projet fantasme qu’en tant que nouvel album d’un groupe culte, Daft Punk compose une partition galvanisante, intense, à la fois personnelle et mainstream (Daft Punk fait du Daft Punk, mais aussi du Hans Zimmer, du Basil Poledouris et du Vangelis). Le groupe a l’intelligence de ne pas calquer sur la partition au synthé de Wendy Carlos pour le film de 1982, musique plus saccadée, menaçante, minimaliste, dissonante et parfois stridente, très ancrée dans l’univers vidéoludique et la technologie de l’époque ; ils s’adaptent ici aux technologies actuelles, aux jeux vidéos qui ressemblent désormais à des films, en évitant les sonorités habituellement entendues dans les films cyberpunk. Les Daft Punk composent ainsi une musique à la fois sophistiquée et classique, aussi opératique qu’électro, prenant les séquences fortes à-bras-le-corps et créant un thème marquant, pas si éloigné dans ses sonorités du thème du premier film, et lui aussi tourné à toutes les sauces : mélancolique, épique, envoutante, électrique, sombre...

Pour la première fois à la tête d'un orchestre (ils citent également Bernard Hermann dans leurs influences) tout en bénéficiant des toutes dernières technologies, le groupe français peut jusqu'à se permettre de faire dans le classicisme et le baroque en mêlant chœurs et synthétiseurs, comme le fait aussi un Hans Zimmer mais ici via des sonorités minimalistes bien plus électroniques, plus proches du travail, aussi bien orchestral qu'atmosphérique, de Vangelis, Tangerine Dream ou, dans une toute autre catégorie, Jean-Michel Jarre et Peter Gabriel, tous des maitres dans la partition élégiaque. On ne s'étonnera pas que, sur l'album, le groupe remercie Hans Zimmer (auquel on pense beaucoup en écoutant Recognizer ou Outlands), John Powell, Christopher Beck et Harry Gregson-Williams, soit des compositeurs spécialisés dans le mélange électro-symphonique. Steven Lisberger, réalisateur du premier Tron et producteur du second, parle d'une nouvelle forme de « Cyber Opéra » et de « Tronscendency » pour désigner le travail du groupe sur Tron : l'héritage, enregistré au très prestigieux Orchestre philharmonique de Londres, qui avait déjà repris la bande originale du premier film.

jaquette de l'OST de Tron Legacy

La fusion entre les images et la bande-son est donc LA grande réussite de Tron : l'héritage, notamment parce que la musique des Daft Punk fut produite en même temps que le film, et qu'ils ont ainsi pu composer sur des images, des scènes, entrer en harmonie avec l'univers et nourrir une mythologie virtuelle à l’esthétique arcade composée de programmes, de pixels, de lignes géométriques, etc. Dans cette osmose absolue entre images et musique, le film ressemble ainsi, et ce n'est pas péjoratif ici, souvent à un gigantesque clip vidéo (pour le coup fabuleux), à l’image du Interstella 5555 de Leiji Matsumoto, long métrage d’animation qui rassemble les magnifiques clips du groupe pour leur album mythique Discovery. On est plus ici dans la découverte (chaque morceau semble révéler quelque chose) que dans l’exploration de l’inconnu comme l’était la musique du premier Tron, s’imposant ainsi comme une suite logique (retour dans un univers connu qu’on avait quitté sur beaucoup de frustration) au travail de Wendy Carlos et de Steven Lisberger.

S’éloignant de leur travail sur leurs précédents albums et injectant ici de nombreuses influences dans leur style sans perdre l’originalité de ce dernier, les frenchies de Daft Punk n’ont pas pour autant carte blanche malgré leur notoriété et ne peuvent pas faire dans l’expérimental puisque cadrés par Disney, qui a bien retenu la leçon avec le bide du premier film : trop expérimental, le spectateur décroche et ne va pas acheter la musique du film. Demeure pourtant la patte très forte du groupe, qui semble lutter contre les limites imposées par un gros studio. En résulte un album hybride, entre envolées lyriques (la Finale), plages contemplatives (les mélancoliques The Son of Flynn et Adagio for Tron, la sombre Nocturne, l’élégiaque Solar Sailer, la très belle Arrival qui commence exactement comme du Vangelis) et atmosphériques (par exemple Armory, qui rappelle le style de Carpenter), élans épiques pour blockbuster (les intense Flynn Lives et Disc Wars, la crescendo Fall, ou la Outlands qui ressemble à du Danny Elfman), morceaux électroniques (la version électro du thème principal donne l’excellente End Titles sur un générique de fin qui a de la gueule), pistes grondantes et tendues (Arena, Rinzler, The Game has changed, Rectifier ou C.L.U.)... Le mélange entre musique classique et musique électronique explose dans la magnifique Adagio for Tron, durant laquelle orgue et violons interviennent sur des sons de synthétiseur. Suivant la chronologie du film, la puissance évocatrice de la musique permettant de revivre l’aventure en ayant les images fortes en tête, l’album commence sur l’éloquente The Grid, introduction sur la voix d’un Jeff Bridges proche des voix de bande-annonce (difficile de ne pas éprouver au moins un frisson dés la première note du thème au synthétiseur, moment ou le titre s’affiche dans le film) pour finir sur quatre titres mémorables, l’enchanteur Arrival, l’époustouflant Flynn Lives (qui rend le climax du film particulièrement sensationnel), le tonique End Titles et le grandiose Finale. La dernière partie de l’album, à partir de Fall, est d’une densité et d’une intensité extraordinaires.

pochette américaine de l'OST de Tron Legacy

Comme c’était le cas dans la bande originale du Tron de 1982 via les titres 1990’s et Only Solutions de Journey, celle du Tron de 2010 contient une poignée de titres plus commerciaux (car 100% Daft Punk) comme le jouissif End of Line et le plus faible car répétitif Derezzed (utilisée également, tout comme The Grid, dans la bande-son du jeu vidéo Tron : Evolution). Peu dansant et même plutôt sombre (il émane une profonde tristesse de Solar Sailer, de Arrival ou de Son of Flynn), cet album est réservé à une écoute attentive et méditative plutôt qu’aux dancefloors. Une fois la musique lancée, on a du mal à décrocher, même une fois terminée (et on se la remet en boucle).

C’est sans doute la meilleure idée du projet que d’avoir confié la bande-son de ce Tron : l’héritage à Daft Punk tant les deux univers (sonores et visuels) se rejoignent, et ce n'est pas un hasard si le film de 1982 fut, selon leurs propres dires, une influence majeure dans le look des deux DJ's (à noter d’ailleurs que Guy-Manuel de Homem-Christo et Thomas Bangalter font un caméo dans des rôles de…DJs !). Tron : l'héritage s’impose comme l’une des BO majeure de l’année 2010 (et gros carton aux Etats-Unis, les Daft Punk ont toujours la cote là-bas), bien qu’elle ne soit pas vraiment complète : 24 pistes avaient été annoncées, il y en a 22 ici, mais un album des morceaux manquants est sorti en catimini, contenant 9 autres pistes, dont le thème de Castor. A noter qu’il existe également un album (Tron Legacy : Reconfigured) de remix des titres de cette bande originale par d’autres artistes électro.

jaquette coffret OST

La conclusion de

Les Daft Punk ont plus que leur place dans cet univers et composent ainsi un score riche et diversifié en parfaite symbiose avec les images sublimes de Tron : l'héritage. La musique de film étant une première pour eux, qui en profitent ainsi pour marcher sur les traces de leurs nombreuses influences, on peut souhaiter les revoir un jour à ce poste. Une vraie réussite, aussi ambiante et envoutante qu’efficace et nerveuse, et jamais en manque de souffle.

Que faut-il en retenir ?

  • -Une rare puissance évocatrice
    -Un style qui varie les genres et les influences
    -Du pur Daft Punk ET de la vraie musique de film
    -Une musique en parfaite adéquation avec les images du film

Que faut-il oublier ?

  • -Trop d'influences (on pense à beaucoup d'autres compositeurs)
    -Les expérimentations du groupe sont inévitablement freinées par Disney, en résulte un score stylisé mais pas forcément original 

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