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Critique du Film : Tron : l'héritage
Tron : l'héritage >

Critique du Film : Tron : l'héritage

Avis critique rédigé par Vincent L. le dimanche 13 février 2011 à 1347

Pas un é-tron, mais pas loin...

Enorme bide commercial lors de sa sortie en salle en 1982, TRON a par la suite acquis une aura de film culte, ainsi qu'une réputation de "film précurseur", annonçant à la fois le succès des jeux vidéos et la démocratisation des effets spéciaux numériques. Presque vingt ans après, sortir une suite était une idée alléchante ; alors que l'industrie cinématographique semble au seuil d'un changement majeur avec l'utilisation de la 3D, une telle séquelle pouvait réussir à s'imposer comme un digne successeur du film de Steven Lisberger, s'ancrant dans une technologie émergente pour s'imposer comme une nouvelle référence. La chose était d'autant plus faisable que, derrière, se trouvait toute la logistique des Studios Disney, bien décidés à ressusciter la franchise pour en faire l'un de ses nouveaux fers de lance (il se murmure qu'un troisième opus est d'ores et déjà prévu).

Et il faut bien avouer que sur la papier, cette suite avait quand même sacrément de la gueule. Certes, Steven Lisberger ne rempilait pas à son poste de réalisateur - il faut bien avoir en tête qu'il n'avait plus rien tourné depuis Slipstream, en 1989, ce qui peut légitimement expliquer le fait que les producteurs aient souhaité confier les manettes à quelqu'un d'autre, en l'occurence le clippeur Joseph Kosinski - mais le retour des acteurs du premier films (Jeff Bridges, évidemment, mas aussi Bruce Boxleitner), ainsi que le fait de revenir dans ce monde virtuel où les lancers de disques côtoient les courses de motos lumineuses, était vraiment tentant. Le petit côté nostalgie aidant, il n'en fallait pas plus pour que ce Tron 2.0 (sous titré "L'héritage") apparaisse comme l'un des blockbusters les plus alléchants de 2011, suite respectueuse de l'originale apte à en coller plein la vue. Mais non...

De façon globale, Tron : L'héritage est une suite d'actes manqués et de ratages en tout genre qui, cumulés les uns aux autres, finissent par rendre la vision du film on ne peut plus pénible. Bardé de bonnes intentions, mais bâclé à (presque) tous les niveaux, le long-métrage peine à susciter l'intérêt au delà d'une première demi-heure fonctionnant essentiellement par nostalgie. L'histoire, ainsi, est à la fois terriblement convenue et bourrée d'incohérences (mais qu'a fait la police pour ne pas trouver le passage secret de Flynn ?) et le scénario, quant à lui, est plombé par des dialogues matrixiens ("tu sais, la perfection est inaccessible même si elle est à portée de main"), des effets de style incompréhensibles (les programmes informatiques qui vont en discothèque et mangent des haricôts verts) et des idées sympathiques mais pas exploitées (les ISO, la purge). Esthétiquement, de plus, les idées les plus intéressantes (rivalité Flynn/Clu, profondeur du jeu par rapport à la réalité) sont plombées par des effets spéciaux qui vont du très moyen au juste atroce.

Ainsi, d'un point de vue plus purement visuel, Tron : L'héritage ne transforme pas l'essai de son prédécesseur, et ne deviendra certainement pas une référence quant aux effets spéciaux, s'apparentant déjà à un vieux film. Le processus de rajeunissement de Jeff Bridges, notamment, est un échec total et absolu qui transforme tous les moments mettant en scène le personnage de Clu (donc Jeff Bridges jeune) en une torture visuelle atroce : mal numérisé, raide, figé et jamais naturel dans ses expressions faciales, il ressemble globalement à une vieille cinématique de Playstation 1. La 3D, quant à elle - sur laquelle le film est vendu - démontre une nouvelle fois la totale inutilité de cette technologie, que cela soit dans les effets de profondeur (il doit y avoir au maximum cinq plans réellement profond dans le film), dans le fait que cela ne soit jamais utilisé dans les scènes d'actions (qui, bien qu'en 3D, sont filmées en 2D...) ou dans sa propension à casser les couleurs (la bande-annonce est bien plus belle que le film).

Derrière la caméra, Joseph Kosinski livre un travail tout juste passable. A sa décharge, on pourrait reconnaître que tenir plus de deux heures sur un scénario abscon avec seulement quatre séquences d'action n'était pas quelque chose d'aisé. Ceci dit, d'un point de vue plus général, avouons que sa mise en scène est assez pauvre. Le film souffre de gros problèmes de rythme, les scènes d'actions sont plutôt molles, l'espace est mal structuré (ce qui tend à rendre le film encore plus plat, malgré la 3D, et les scènes d'actions vraiment brouillonnes, malgré leur molesse) et les acteurs ne sont pas toujours très bien dirigés (heureusement que Jeff Bridges et Michael Sheen ont de l'expérience, parce qu'ils frôlent le ridicule dans leurs rôle respectifs de Jedi et de blonde peroxidée) ; en fait, la seule véritable idée qui passe dans sa réalisation semble être cette volonté de rendre le film le plus symétrique possible dans ses angles de vue, et dans le placement des acteurs par rapport aux décors ; en somme, du décoratif qui ne se suffit pas à lui même.

Finalement, que reste t-il a garder de Tron : L'héritage ? Et bien reconnaissons que le design général, qui s'inspire que celui du film original, offre au monde mis en scène une esthétique assez sympathique, à la fois retro, un peu kitch, et baigné dans un style barroque-contemporain. Les effets numériques basiques y sont réussis (à quelques petites exceptions près) et tiennent suffisamment la route pour donner au monde virtuel de La Grille une ambiance solide. Techniquement, de plus, le long-métrage est bien mis en valeur par la photographie de Claudio Miranda, ainsi que par la bande-originale des Daft Punk, qui agrémentent le tout d'une musique aux sonorités très 80's (certains morceaux sont dignes d'une console huit bit). Et puis avouons que le tout baigne dans une ambiance pleine de nostalgie, et que, d'une manière générale, le film à le goût de l'enfance et des après-midi Banga. Cela ne rend pas Tron 2 meilleur, au mieux juste plus facilement supportable.

La conclusion de

Si l'on retire de l'équation le petit côté nostalgique lié au plaisir de se replonger dans cet univers virtuel, Tron : L'héritage est un film globalement raté. Pourtant vendu sur la qualité de ses effets spéciaux - ne nous mentons pas, c'est quand même pour ça qu'on va le voir ! - le long-métrage est un ratage visuel souvent atroce, d'une 3D très mal exploitée à un rajeunissement de Jeff Bridges catastrophique. Ajoutez à cela les scènes d'actions molles, l'absence de rythme, les dialogues ridicules, l'histoire idiote et le scénario complètement incohérent, et vous aurez le droit, finalement, à un blockbuster tout juste médiocre, sauvé in extremis par un aspect technique assez plaisant.

Que faut-il en retenir ?

  • La nostalgie qui se dégage du tout,
  • Photographie réussie,
  • Musique adéquate,
  • Effets numériques réussis.

Que faut-il oublier ?

  • Histoire débile,
  • Scénario incohérent,
  • Réalisation très pauvre,
  • Jeff Bridges jeune, horrible,
  • Problème de rythmes,
  • Dialogue parfois ridicules,
  • 3D inutile et mal exploitée.

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