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Prince of Persia : les Sables du Temps >

Critique du Film : Prince of Persia : les Sables du Temps

Avis critique rédigé par Nicolas L. le lundi 30 août 2010 à 18:15

Il était une fois... des cabrioles

Au pays des mille et un crétins, le bon roi Sharaman (et non pas Sharavoil) règne sur une Perse aux allures de brochure d'agence de voyage (Fram ou Selectour, faites votre choix !). Apprenant par son frère - un mec super louche, au regard sombre et au rictus lourd de significations - que la ville d'Alamut se livre au trafic d'arme avec l'un des ses ennemis, il y envoie ses trois fils en émissaire. Impressionnante, l'armée perse met le siège devant la cité mais, grâce au talent d'acrobate de Dastan, son troisième fils - un jeune bellâtre californien au sourire béat récupéré sur un marché aux fruits -, la prise de la ville se fait sans difficulté (ceux qui s'attendaient à une gigantesque et sanglante bataille en seront donc pour leurs frais). Malgré le gout de Jerry Bruckheimer pour les délires pyrotechniques, la ville tombe donc sans souffrir de trop de dommages. Et si l'un des ses frères se montre un peu jaloux de lui, le bondissant Dastan est tout heureux de son exploit - d'autant plus que Tamina, la reine d'Alamut, est sacrément mignonne et qu'il est entré en possession d'un superbe couteau au manche en plastique équipé d'un étrange bouton-poussoir rouge. La classe, non?

C'est alors que le roi arrive en grandes pompes sur les lieux. Il vient pour féliciter ses fils de leur victoire mais aussi pour les gronder un peu. Car c'est un gentil roi, et il n'était pas dans ses intentions de s'emparer de force de ville, mais d'engager des pourparlers avec la reine Tamina. Bref, après avoir passé un savon à son fils aîné, le roi passe l'éponge (oui, c'est un bon roi, on ne le dira jamais assez!) et rit fort. Comme dans les histoires d'Asterix, on organise alors un banquet. Sans barde, heureusement, mais avec des danseuses du ventre d’Hollywood Boulevard et un traiteur de Beverly Hills. Tout le monde s'amuse, Dastan affiche toujours le même sourire idiot, son papa le cajole. Il rit toujours aussi fort. Soudain... Sharaman (et non pas Sharabeu) est pris de combustion spontanée et meurt! La vérité ne tarde pas à éclater, horrible et implacable: la robe cérémoniale que lui a remise en présent son cher fils Dastan a été empoisonnée!

Comme nous sommes au pays des mille et un crétins, tout le monde réagit de manière débile et en vient à accuser la personne la moins susceptible d'être coupable d'un tel crime: Dastan. En effet, non seulement le jeune homme n'a rien à y gagner (il est le troisième fils et s'entendait à merveille avec un père qui le choyait comme s'il était issu de sa proche chair) mais, de plus, il a remis la robe à la victime devant des centaines de témoins!  Le jeune homme est con mais il ne faut tout de même pas exagérer! Accusé par ses pairs et attaqué par la garde, Dastan prend la fuite en sautant par dessus des maisons, des étals de fruits et légumes, des chevaux, un steadycamer, des cartons et des caisses. Puis, par la magie du cinéma et les miracles du montage, il arrive à se retrouver galopant dans le désert avec en croupe la jeune reine, une sorte de princesse Leia version persane (sale caractère, verbe acide, beau bustier, joli minois).

Dastan devient alors un fugitif. Mais il reste un idiot. Il n'a pas compris qu'il est la victime d'un coup monté manigancé par son oncle Nizam, qui tel Iznogoud, rêve de devenir calife à la place du calife. On apprend que le but de ce vil personnage est de s'emparer du Sablier du Temps. Et c’est là qu’on rigole. Ou pas. Conçu par les Dieux, et caché dans la ville d'Alamut, cet artefact très puissant est capable d'inverser le fils du temps... à vitesse grand V. Par contre, j'ai du mal à comprendre le raisonnement des dieux (en même temps, ce sont des dieux et moi un misérable insecte). En effet, quel intérêt de concevoir et de mettre sous le nez des humains un objet magique tout en leur interdisant d'en faire usage? Et de faire protéger un artefact aussi puissant par de jeunes filles sans défense? Les dieux ont-ils oublié que le propre de l'homme est de braver les interdits? On en vient à penser que si les voies des dieux sont impénétrables, c'est parce qu'elles sont sacrément débiles.

A coté de cela, les dieux ont également créé une version miniature et portable de cet artefact. Il s'agit d'un couteau qui contient dans son manche en matière plastique du Sable du Temps en quantité suffisante pour pouvoir remonter une minute dans le temps. Lors de son activation, seul le porteur du couteau ressent son effet (oh, la belle bleue! Oh, la belle rouge! Oh, je marche à l'envers!), les autres personnes autour de lui n'ont conscience de rien. Imaginez un tel objet dans les mains d'un turfiste ou d'un bookmaker! Ou dans celle d'un joueur de RTS? Et bien sachez que, par le plus grand des hasards, c'est cet objet qui est tombé dans les mains de Dastan durant la prise d'Alamut!

Bref, le prince Dastan s'est réfugié dans le désert, mais il ne désespère pas de retrouver son honneur. Il décide alors de se rendre aux obsèques de son père adoptif pour s'expliquer devant un jury. Mais cela ne va pas être de tout repos. Tout d'abord, il va falloir supporter en chemin les jérémiades et les sarcasmes de la princesse, puis sa route va l'amener dans une étrange contrée où les nomades ne montent pas des dromadaires mais des... autruches! Leur chef, version bédouine du nain Gimli, organise d'ailleurs des courses avec pour montures ces stupides volatiles. Vous imaginez donc que ce sont des gens attachants mais très particuliers ! Enfin, pendant ce temps, à Alamut, Nizam le fourbe est prêt à tout pour empêcher Dastan de se présenter devant son frère aîné, devenu le nouveau roi des crétins. Quitte pour cela à solliciter l'aide des démoniaques et venimeux tueurs de la secte des Hassansins (magnifique jeu de mots, n'est-ce pas?)....

Adaptation d'un jeu vidéo, le scénario de Prince of Persia : les Sables du Temps se contente d'en récupérer « l'intrigue » sans y changer grand chose. On se demande même pourquoi Jerry « mogul » Bruckheimer a engagé des scénaristes sur l’affaire. Hors, force est de reconnaître que si dans un environnement arcade l'aspect stupide d'un scénario peut  s'effacer devant le plaisir simple de manipuler un bonhomme bondissant de plateformes en trapèzes, ce n'est pas du tout le cas dans le cas d'une retranscription cinématographique où l'on se retrouve spectateur et non plus acteur. Vidé de son attrait ludique, Prince of Persia souffre ainsi du même syndrome que Doom, Tomb Raider, Resident evil et consorts: personnage creux et décérébrés, et histoire puérile et invraisemblable. On peut même penser qu'avec son final totalement ridicule, le film de Mike Newell est le plus stupide de tous. On y voit un conspirateur (que l’on présente comme machiavélique) qui est parvenu à éliminer toute adversité causer lui-même sa propre perte, avant d'avouer en public sa perfidie sans qu'aucune preuve ne soit présentée contre lui).

En plus de cela, fidèle à son image de gros bourrin, Jerry Bruckheimer nous offre la vision d'un très propre Orient de carnaval où les protagonistes évoquent plus des plagistes de Malibu (aussi bien par leur appartenance ethnique que leurs attributs vestimentaires) que des perses. A aucun moment, l'on a la sensation d'être entraîné dans l'univers magique des mille et une nuits, d'autant plus que Mike Newell (un réalisateur qui décidemment prend une voie jalonnée de fric mais artistiquement minable) obéit au doigt et à l'oeil à un cahier des charges qui préconisent la mise en valeur de l'atout gameplay du jeu, à savoir la cabriole!

Prince of Persia : les Sables du Temps est donc une succession de classieuses séquences cinématiques de jeux vidéo dans lesquels Dastan effectue moult cascades et combats acrobatiques. Techniquement parlant, il n'y a pas grand chose à redire. C'est juste qu'à travers ses démonstrations athlétiques surréalistes (et un peu ridicules), le héros  apparaît à la fois comme invincible et artificiel, comme lorsqu'il se retrouve noyé dans une avalanche de sable sans qu'un seul grain ne se glisse dans ses cheveux.  Pour le spectateur, cela se traduit par un aspect "démo" apte à rendre vaine toute tentative d'immersion dans le récit et annihile la construction d'un éventuel suspense. En fait, la seule manière d'apprécier un tant soit peu Prince of Persia est d'appréhender indépendamment chaque séquence d'actions, certaines étant assez spectaculaires (les effets numériques sont très bons et le montage bien nerveux) et d'autres parfois assez drôles (la course d'autruches). C'est joli, la caméra bouge bien, cosmétiquement parlant, c'est du bon boulot (en même temps, avec 200 millions de dollars de budget, c'était la moindre des choses). Mais que tout cela manque d'âme!  On ne retrouve même pas l’esprit pulp du popcorn movie.

Pour ce qui est du casting, il est difficile de tirer la pierre a des comédiens qui se voient confier la tache d'interpréter des personnages sans nuance dotés de lignes de dialogues que l'ont pourrait croire écrites par un élève de CM2. On pourrait résumer en signalant que Jake Gyllenhaal arrive parfaitement à faire de Dastan un parfait ahuri, que Gemma Arterton ne s'en sort pas trop mal dans le rôle de la princesse casse-couilles et que le jeu de Ben Kingsley est tellement subtil que l'on devine au bout de deux minutes tout de sa nature maléfique (par contre, c’est le seul à ressembler un peu à un perse). Enfin, Alfred Molina joue le comique de service, mélange du nain Gimli (le Seigneur des Anneaux) et du brave Sallah (Indiana Jones), aidé dans cette tache par Anita, sa copine autruche, et son pote lanceur de couteaux.

35

Deux heures de belles cinématiques de jeu vidéo liées entre elles par un scénario absolument débile, c'est finalement long. Très long. Ne présentant aucun autre intérêt qu'un défilé de belles images montrant un héros invulnérable faire des bonds et des cabrioles, Prince of Persia apparaît comme une nouvelle victime de la malédiction qui frappe les adaptations de jeu vidéo. Un navet friqué ennuyeux qui ose même se prendre parfois au sérieux.

Critique de publiée le 30 août 2010.

Que faut-il en retenir ?

  • Des FX de qualité, des belles images
  • Si vous aimez les cabrioles

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario débile
  • Absence totale de suspense
  • Des personnages creux et idiots
  • Se prend parfois trop au sérieux
  •  

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