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Critique du Film : Prince of Persia : les Sables du Temps
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Critique du Film : Prince of Persia : les Sables du Temps

Avis critique rédigé par Vincent L. le samedi 19 juin 2010 à 1555

Nom de zeus ! C'est pas le pied...

Malgré des accointances économiques fortes, les jeux vidéo et le cinéma n'ont finalement jamais fait bon ménage, dans un sens comme dans l'autre. Passée l'exception Silent hill, les transpositions ciné se sont lamentablement vautrées dans une véritable fange artistique, ceux qui possédaient un fort potentiel cinématographique (Resident Evil, Alone in the dark) comme ceux n'ayant à la base absolument aucun intérêt (Street Fighter, Doom). La série des Prince of Persia, avec son caractère très cinégénique, tendait à faire partie de la première catégorie, ceux à qui l'ont a envie de laisser une chance ; la transposition se faisant sous la coupe de Jerry Bruckheimer - qui a réussi à rendre intéressant un film tiré d'un attraction, ne l'oublions pas ! - on pouvait légitimement s'attendre, vu le passif du bonhomme, à un blockbuster sévèrement burné offrant au spectateur un divertissement aussi décérébré qu'amusant, bref, un film efficace à défaut d'être exceptionel.

Pourtant, au final, force est de constater que ces Sables du temps ne fonctionnent jamais. La machinerie hollywoodienne est pourtant présente à l'écran, et le film porte très clairement la patte de Jerry Bruckheimer - ne nous mentons pas, c'est lui le vrai boss, le réalisateur n'est finalement qu'un yes-man - et de ses scénarios calibrés et millimétrés. Il se passe ainsi toujours quelque chose pendant le film (scène d'action, passage d'exploration ou phase de voyages), il y a immanquablement quelque chose à voir à l'écran (belles images, effets spéciaux convaincants, décolleté plongeant pour monsieur et carrés de chocolats pour madame, ou vice versa) et le film maintient un rythme calculé presque scientifiquement, chronométrant le timing entre deux scènes d'action pour y ajouter de la romance, de la traitrise ou de l'aventure. Mais si cela ne fonctionne jamais, c'est parce qu'avant toute autre chose, Prince of Persia est un film vraiment con que n'aurait certainement pas renié Uwe Boll.

L'histoire du film est ainsi un monument de gratuité et d'inutilité, calquée sur celle du jeu vidéo sans avoir été retravaillée et améliorée ; les divers ingrédients scénaristiques sont donc tous inexplicables du point de vue de la logique : pourquoi avoir laissé les Sables du Temps sur Terre ? Pourquoi les avoir fait protéger par une lignée de prêtresses pulpeuses et désirables mais non-guerrières ? Pouquoi avoir créé un mini-sablier permettant de remonter d'une minute dans le passé vu qu'il est interdit de remonter dans le temps ? Les scénaristes ont passé sous silence tous ces éléments dérengeants, faisant comme si tout était parfaitement normal et n'avait nul besoin de plus d'explications. Ainsi, tout ce qui nous est montré à l'écran n'a ni raison, ni véritable but si l'on considère le tour de passe-passe narniesque que nous offre le dénouement, si ce n'est que de servir de lien aussi grossier que maladroit entre deux scènes d'actions.

Mais le véritable problème de Prince of Persia, c'est qu'il se prend vraiment au sérieux ; avec de l'humour et un peu de décalage, le film aurait pu passer du triste statut de spectacle pompeux à celui de film pulp sympathique. Il faut tout de même avouer que les ingrédients nanardesque y sont légions et nuisent considérablement à la crédibilité du tout : les acteurs américains sont couverts de fond de teint pour avoir l'air perses, les décors semblent sortir du club med local, les terribles assassins (pardon, hassasins) ont exactement le même potentiel comique que les Trois Trombes de Jack Burton, c'est un gros bouton poussoir rouge qui permet de remonter le temps, la prêtresse est vétue d'un jolie un wonderbra médiéval anachronique, les chameaux et dromadaires sont remplacés par des chevaux et des autruches tellement plus pratiques en plein désert... Avec quelques nazis en plus dans le cocktail, on se serait cru dans OSS 117.

Même dans les dialogues et dans la construction des personnages, le ton n'est pas assez humoristique et pas assez décalé. Malgré un casting de vétérans confirmés, les acteurs n'arrivent pas à sortir des carcans dans lesquels sont enfermés leurs personnages : Jake Gyllenhaal est ainsi prisonnier d'un archétype de prince charmant auquel il manque le grain de folie nécessaire à le rendre imprévisible, Ben Kingsley est un méchant monolithique travaillé sans une once de subtilité et de profondeur justifiant ses actes, et Alfred Molina se retrouve coincé dans le rôle d'un bouffon grande-gueule assurant la partie comique du scénario ; la débutante Gemma Arterton, sans être exceptionnelle, s'en tire plutôt bien avec un personnage inintéressant au possible, et réussit à malgré tout à quelque peu s'imposer, et ce indépendamment de ses formes généreusement mises en valeur.

Enfin, il est à préciser que le travail de Mike Newell, derrière la caméra, s'avère loin d'être convaincant. Après avoir oeuvré sur des films indépendants, celui-ci semble être parti pour devenir l'un des plus mauvais yes-men d'Hollywood. Après le désastre Harry Potter et la Coupe de Feu, il signe ici une mise en scène brouillonne qui amène les scènes d'action à la limite de l'illisibilité. Effet de mode depuis les succès La mort/vengeance dans la peau, la nouvelle norme des films d'action semble être le rendu caméra à l'épaule ; mais n'est pas Paul Greengrass qui veut, et Newell peine à rendre ses scènes fluides et compréhensibles, et ce malgré l'insert maladroit de ralentis Matrixien. Hors de ces scènes, il s'avère nettement plus convaincant, s'appuyant sur la photographie appliquée du trop rare John Seale ainsi que sur les décors et costumes utilisant les clichés exotiques liés à la Perse.

La conclusion de

Les sables du temps ne possède malheureusement pas le décalage nécessaire pour faire oublier la bétise de son scénario, et ainsi pouvoir se transformer en un spectacle pulp et aventureux correct. Mal écrit, mal réalisé et pas terriblement interprété, le film n'échappe au naufrage total que grâce à son rythme suffisamment soutenu pour empêcher le spectateur de réfléchir et (donc) de s'ennuyer. A cela s'ajoute une imagerie ridicule dans style "cartes postales du Club Med", tentant d'introduire un souffle d'exotisme en nous présentant des acteurs américains couverts de fond de teint essayant de se faire passer pour des perses... à quand Bruce Willis en guerrier Massaï ou Vin Diesel en samouraï japonais ?

Que faut-il en retenir ?

  • Techniquement correct,
  • Rythme très soutenu,
  • Parfois à mourir de rire, mais involontairement.

Que faut-il oublier ?

  • Histoire prévisible et convenue,
  • Scénario à peine construit,
  • Réalisation brouillonne,
  • Casting sous-exploité,
  • Ressemble à un spot pour des voyages organisés.

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