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Chroniques von Carstein: Domination >

Critique du Roman : Chroniques von Carstein: Domination

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mercredi 23 juin 2010 à 18:33

Luttes intestines pour un trône de sang

Le dernier, Massika, fut moins facile à abattre. Reculant, il chercha à fuir. Skellan sauta contre le mur pour prendre encore plus d'élan en rebondissant dans les airs avant d'atterrir sur le dos du fuyard, qui s'étala sous son poids.
L'empoignant par les cheveux, il lui tira la tête en arrière.
De l'autre main, il lui planta les griffes dans les yeux et arracha le sommet de son crâne à partir des os du cou.
Les hurlements de la créature étaient pitoyables. D'un nouveau soubresaut, Skellan lui arracha la tête entière de la colonne vertébrale...


Domination est le deuxième tome d'une trilogie consacrée à l'histoire de la dynastie von Carstein, la plus célèbre des cinq lignées de comtes vampires descendant de Neferata. Son récit débute réellement en 2055 (après une brève description du siège de Grunberg, en 2052, destinée à introduire le nain Kallad, fils de Kellus), soit quatre ans après la défaite d'Alfdorf et la chute de Vlad von Carstein, pour s'achever avec la mort de Konrad von Carstein lors de la Bataille de Grim Moor, en 2121.

Après un premier opus assez réussi, l'auteur Steven Savile se voit donc à nouveau proposer le même défi: rendre cohérent, fluide et intéressant  un récit se déroulant sur une très longue période sans tomber dans une indigeste et scolaire liste de date et de faits historiques. Une tache d'autant plus difficile que la période traitée est très instable et tumultueuse. En effet, l'immense empire construit par Vlad (jadis appelé Vashanesh) n'ayant pas survécu à sa destruction et à celle d'Isabella, ses héritiers (Konrad, Hans, Pieter, Fritz et Mannfred) se sont pour la plupart installés au Chateau Drakenhof, capitale de la Sylvanie, seule contrée encore sous le pouvoir des non-morts. Là, à travers des luttes d'influence et des intrigues d'alcôves, chaque "fils" de Vlad joue des coudes (et des canines !) pour accéder au trône. Finalement, c'est Konrad, un ancien noble sylvanien, qui parvient à s'imposer, après avoir éliminé les prétendants les plus dangereux.

Sous la plume de Steven Savile, Konrad von Carstein se présente comme un être ambitieux, rustre, sadique, au tempérament colérique. Entouré d'une garde de fidèles (les Hayama), il va présenter au cours de son règne un comportement de plus en plus paranoïaque et schizophrène. Son profil évoque ainsi ces anciens empereurs romains ayant cédé à la démence (Néron, Caligula...) alors que Vlad, son illustre prédécesseur, affichait un comportement proche de celui du comte Dracula. On suit donc le personnage dans son ascension, son règne (très) sanglant et sa chute. Mais Konrad, finalement, n'est pas le personnage central de Domination. Pas plus que ses frères. En fait, Steven Savile a préféré utiliser comme centre de gravité de son intrigue le vampire Jon Skellan, futur bras droit de Mannfred von Carstein. Machiavélique, totalement dévoué à sa tâche, l'ancien chasseur de sorcières se pose comme le principal élément déclencheur des évènements qui vont conduire Konrad à sa perte. C'est lui qui fait entrer en scène la plupart des autres personnages intéressants du roman, comme le nain Kallad, le nécromancien Nevin Kantor et Jerek von Carstein, le seul "fils-après-la-mort" de Vlad qui ne postule pas au trône de Sylvanie.

Pour ce qui concerne la structure narrative, on peut noter que Steven Savile est parvenu à donner de la crédibilité à des personnages immortels et tout-puissants, ce qui n'était pas gagné d'avance puisqu'il s'agissait de rendre intéressant des créatures pouvant rompre le cou d'un homme d'un claquement de doigts. En se penchant grandement sur la psychologie des protagonistes, en introduisant dans son roman plus de luttes intestines et d'actes de perfidie que de démonstrations de force, il a réussi à éviter de sombrer dans la caricature et le « bourrinage » (les amateurs de récits épiques seront donc un peu déçu). Et tout cela en utilisant et développant uniquement les matériaux mis à sa disposition (le fluff issu des magazines White Dwarf et les livres d’armées de Warhammer)! Peu rencontré chez les auteurs de la Black Library (adeptes du style coupé anglo-saxon), son style adulte, axé sur le descriptif (la plume de l'auteur oscille, au gré des situations, entre les styles liés et périodiques),  ajoute d'ailleurs à cette impression de densité et de cohérence. A coté de cela, il est évident que le romancier, pour des raisons de fluidité, a dû prendre quelques raccourcis et faire des recoupements qui ne vont pas forcément plaire aux fans les plus pointilleux. Par exemple, dans les deux derniers chapitres, par manque de clarté, l'auteur semble traiter les batailles des Quatre Armées et de Grim Moor comme un seul et même affrontement (alors que vingt années s'écoulent entre les deux!). A noter, enfin, que le texte, s'il est mieux traduit que dans le premier tome, présente encore quelques coquilles, quelques erreurs et quelques tournures de phrases un peu lourdes.

73

Steven Savile l'a admis lui-même dans une interview: sa trilogie est loin de faire l'unanimité; soit on l'aime, soit on la déteste. Personnellement, j'apprécie sa lecture. Construire un roman sur une base aussi délicate n'était pas une tache facile et je pense qu'en choisissant un traitement plus psychologique que guerrier Steven Savile a fait le bon choix. Il est certains que de nombreux fans vont trouver ce roman trop verbeux et manquant d'esprit épique, ils n’auront pas tort, mais force est d'admettre que l'auteur est parvenu à donner à donner une épaisseur psychologique et de la force dramatique à ces comtes vampires surpuissants, sorte de "magos Gros Bills level XXL" de chez Games Workshop.

Critique de publiée le 23 juin 2010.

Que faut-il en retenir ?

  • Une bonne densité dramatique
  • Une écriture adulte
  • Belle galerie des personnages
  • Bonne utilisation du fluff

Que faut-il oublier ?

  • Pas très riche en exploits épique
  • Style très descriptif et bavard
  • Risque de décevoir les amateurs de combats épiques

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