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Critique du Roman : La Bataille des Rois

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mardi 21 août 2007 à 15:10

Guerre et Chaos, annonciateurs du long Hiver

Non loin de la berge que venaient laper gentiment les eaux de l’Oeildieu se dressait un interminable gibet sommaire de bois vert où ballottaient, pieds entravés, des choses qui avaient été des hommes et que des corbeaux becquetaient en voletant de l’un à l’autre, parmi des nuées de mouches. Un soupçon de brise souffla du lac, et le cadavre le plus proche tourna sur sa corde, à peine à peine, comme par coquetterie. Les corbeaux ne lui avaient laissé guère de visage ni du reste, de tout le reste. Sa gorge et sa poitrine étaient déchiquetées, son ventre béant laissait pendouiller des boyaux verdâtres et des lambeaux de chair. De l’un de ses bras, tranché au raz de l’épaule, ne subsistaient, à quelques pas d’Arya, que les os, dépecés, rongés, mis en pièces. Elle se contraignit à regarder le deuxième homme et le troisième et celui d’après… tout en s’intimant de rester de pierre.
La Bataille des rois est la première partie de A Clash of King, second livre du cycle du Trône de Fer. En effet, pour l’édition française, comme fut séparé en deux le premier roman, celui-ci s’est vu paraître en trois parties intitulées la Bataille des rois, l’Ombre maléfique et l’Invincible forteresse, chacune faisant environ 300 pages. Penchons-nous, si vous le voulez bien, sur ce premier opus, qui bien entendu, de par sa structure artificiellement tronquée, se termine sur une sensation d’inachevé.
Donc, dans la Bataille des rois, toujours avec ce style d’écriture assez ampoulé - un petit peu difficile à appréhender dans un premier temps mais qui sied si bien à cette description précise et complexe d’un univers médiéval emprunt de traditionalisme et de superstition -, l’auteur George R.R. Martin nous invite de nouveau à partager l’existence d’une myriade de personnages aux profils psychologiques passionnants. Passionnants car, bien loin des canevas manichéens et des stéréotypes propres aux univers de fantasy, on y découvre une galerie d’individus aux agissements ambigus et surprenants. On va de surprises en surprises, de rebondissements en coups de théâtre, et nombre sont ceux, parmi tous ces gens, dont on ne cerne encore guère les ambitions car ils dévoilent au fil des pages des facettes inattendues de leur personnalité (comme Tyrion, le lutin, qui est pour le moment le protagoniste le plus excitant de la saga).
Autre aspect intéressant de ce livre ; la noirceur adulte, qui colle parfaitement avec cette plume mature. Avec la mort du roi Robert Baratheon et la montée sur le trône d’un enfant capricieux et cruel, et jugé illégitime pour certains, l’équilibre du royaume des Sept Couronnes est mis à mal, et l’édifice millénaire est bel et bien sur le point de s’écrouler. La revendication du trône de fer par des princes de sang, comme la sécession de certaines parties du royaume, a entraîné tous les peuples à subir les affres de la guerre et les exactions des hordes de mercenaires. Un conflit horrible, sanglant et peu glorieux, là encore très loin des clichés habituels au genre. Point de gloire, point de destriers blancs, point de foules fanatiques et enthousiastes, juste du sang, des tripes, de la lâcheté et surtout la misère, la famine.
Invité, de la même manière que dans les précédents romans, à partager le point de vue d’importantes et diverses personnalités des factions antagonistes, le lecteur bascule ainsi au gré des chapitres dans une grande variété d’environnements, parcourant le monde à la découverte d’un monde riche et varié. Les marais boueux et pestilentiels, les culs de basse fosse, les palais rutilants, les caves d’alchimistes, les steppes de terres lointaines, les îles arides battues par les flots, tous sont autant de décors à ces aventures épiques et extraordinairement bien narrées et tous ont un point commun, un focus universel et céleste: une mystérieuse comète rouge qui, telle une griffe de dragon, déchire les cieux et attire vers le même point tous les regards de l’humanité. Présage des dieux ?
Pour finir, à noter que la Bataille des rois introduit très peu de personnages nouveaux (seul ser Davos, chevalier des mers, et ser Theon, un prince des îles du nord, bénéficient d’un chapitre entier) et que certains, comme lady Cathelyn ou la princesse Daenerys, se voient carrément passer au second plan. A contrario, Tyrion prend une place de plus en plus imposante (tant mieux) alors que les jeunes fils Stark Bran, Arya et Jon et Sansa dans une moindre mesure -, sont confortés dans leur importance. On découvre également une nouvelle faction, celle de ser Stannis, installée dans son ancestrale citadelle de Peyredragon, une île qui voit apparaître les dévots d’une nouvelle religion monothéiste et impérialiste.

98

L’excellence romanesque. Voilà la première chose qui me vient à l’esprit, dans ma prime pensée, lorsque l’on m’interroge sur la valeur du cycle du Trône de Fer. La seconde est évolution. Evolution de ce cycle qui, d’une chronique pseudo-historique à forte couleur politique, mute lentement et naturellement vers un dark fantasy aux aspects fantastiques feutrés mais parfaitement perceptibles. Toute cette richesse à cependant un prix. En effet, il est nécessaire d’assimiler une imposante galerie de personnages et de mémoriser parfaitement les différentes généalogies et le découpage politique. Cela pourra en rebuter certains, mais plaira certainement aux amateurs de grandes fresques historiques ou fantastiques.

Critique de publiée le 21 août 2007.

Que faut-il en retenir ?

  • Un univers cohérent en pleine évolution
  • L’extraordinaire précision de l’écheveau politique
  • Des personnages aux profils psychologiques complexes
  • Une fantasy adulte, cela change un peu

Que faut-il oublier ?

  • Une complexité politique et généalogique qui peut gêner

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