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Critique du Film : Predator
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Critique du Film : Predator

Avis critique rédigé par Nicolas L. le lundi 19 février 2007 à 1518

Chasse à l’homme

Dans une contrée non identifiée d’Amérique latine, un hélicoptère est porté disparu, s’étant apparemment écrasé dans la jungle. Chargé de récupérer l’équipage, l’équipe des forces spéciales du major Dutch Schaefer est héliportée dans la région, en plein territoire hostile. Accompagné par un agent des renseignements, l’escouade se rend compte que les passagers de l’hélicoptère ont été capturés par une bande de guérillero. Durant leur trajet vers le camp ennemi, ils vont découvrir qu’ils ne sont apparemment pas les seuls à traquer ces hommes…


La jungle, humide, inhospitalière et quasi impénétrable. Véritable microcosme hermétique, où la vue ne porte pas à plus de quelques mètres. Environnement opaque propice à la claustrophobie… C’est dans ce décor inadapté à l’existence humaine que va se dérouler un évènement n’ayant plus eu lieu depuis que l’homme a découvert la taille de la pierre et détruit la plupart de ses prédateurs. Placé tout au haut de la chaîne alimentaire depuis des siècles, l’homme d’aujourd’hui n’a plus à craindre que de lui-même et de son penchant pour l’autodestruction (L’homme est un loup pour l’homme, dit le célèbre dicton). Mais un évènement va changer la donne, car lorsque l’été revient dans cette contrée éloignée de l’Amérique latine, il n’est plus le seul à montrer les crocs. Et tous, les faibles comme les oppresseurs, sont appelés à devenir des proies.
C’est sur ce canevas que John McTiernan, le spécialiste des films d’action et de la punchline qui fait mouche à tous les coups, a construit son survival de science-fiction. Véritable Chasses du Comte Zaroff moderne, Predator met en exergue les capacités d’harcèlement et de pistage d’un chasseur d’homme impitoyable car étranger aux concepts humains. Très malicieux sur le coup, le réalisateur commence d’abord par poser une intrigue classique, histoire de mettre les spectateurs dans une situation de confort, afin de mieux les secouer plus tard. Ainsi, le film débute sous la forme d’un film d’action des plus classiques, voir primaire, avec son lot de stéréotypes et de clichés un peu ridicules. Arnold Schwarzenegger, éminemment bien choisi, avec son jeu monolithique et dénué de toute subtilité, donne encore plus de caricature à son rôle, emportant la narration dans le domaine de la semi-comédie bien burnée. Et lorsque l’équipée arrive au camp des guérilleros, l’attitude des commandos, prenant leur pied au milieu des explosions et des massacres, contribue à donner au film une allure de Rambo V ou de Porté Disparu IV, rien que ça…

Pourtant, au cours de la narration, John McTiernan ne manque pas de nous donner quelques indices à travers quelques détails inhabituels à ce genre de métrage. L’un des principaux éléments perturbateur est la position de vulnérabilité dans laquelle est souvent plongé le groupe, à travers de longs plans d’ensemble en plongée. Des prises de vue qui vont rapidement passer en plan subjectif, mais à travers une vue déformée, à repérage thermique. Si la photo ne trompe pas sur la l’indentité inhabituelle du voyeur, c’est surtout le spectre d’analyse vocal qui amène le spectateur à douter de sa nature commune. Un soldat ennemi peut sans problème être équipé de ce genre de viseur thermique (bien qu’en plein jour, on puisse se demander l’utilité d’un tel artifice) mais pourquoi capterait-il de manière si imparfaite (si inadaptée à notre environnement physique?) les sons environnants ? Petit à petit, ces questionnements vont favorisés la montée en puissance d’une ambiance paranoïaque ponctuelle.
Puis, après le nettoyage du camp, le film bascule dans l’horreur pure. Comme si le Predator pouvait être l’instrument d’une punition divine, il s’acharne à détruire tous ces soldats qui ont tant de sang sur les mains. En épargnant les proies désarmées (Il trouve que cela n’est pas du sport, déclare Dutch à son sujet) et en éliminant sans pitié tous ceux faisant montre d’agressivité, le Predator symbolise également la fragilité de la race humaine devant l’immensité de la nature, du règne animal et végétal. Seul Dutch qui, en se retrouvant recouvert de boue de manière hasardeuse, procède à une sorte de retour à la terre pourra s’en sortir en jouant sur l’un des aspects les plus humains de la créature : sa suffisance et sa sensation d’invulnérabilité. Car, comme tous les méchants d’Hollywood, le Predator est un prétentieux.

Predator est un film violent, un film de guerre atypique filmé de manière divine par un John McTiernan toujours très à l’aise avec le découpage et les prises de vue mettant en cause un milieu hostile. Le montage de l’attaque du camp est un modèle du genre, de même que les plus subtiles séquences de jungle, alternant les plans serrés sur les visages des proies et les plans larges sur la végétation dense et menaçante. En multipliant les angles de prise de vues, John McTiernan parvient à restituer la sensation d’égarement éprouvé par ces hommes traqués, et lorsqu’il conçoit à poser sa caméra, c’est pour la transformer en un viseur ayant repéré sa cible. Les moments de calme en deviennent encore plus déstabilisant, une sensation appuyée par les tambours lancinants d’Alan Silvestri.
Au-delà de cette réalisation sans faille, il faut aussi dire que le succès de Predator vient en grande partie de la réussite plastique de la créature de Stan Winston. Tout d’abord prévu pour être un monstre simiesque, le Predator s’est transformé rapidement en une sorte d’humanoïde-crustacé musculeux à la coiffure rasta et aux accoutrements mêlant la sauvagerie et le high-tech. Sur lui, rien de superflu, tout vise à la plus grande efficacité dans son seul objectif : la mort. Un véritable gladiateur tombé des étoiles, au sein d’une arène terrestre dans lequel les martyres sont des militaires par ailleurs si craints. Loin d’être un chasseur raffiné, la créature est un véritable boucher, un exterminateur dur pour les autres comme pour lui-même, comme il le prouve lorsqu’il se charcute sans délicatesse dans la séquence ou il extrait une balle de sa jambe. Apparemment, malgré son niveau technologique avancé, la science des Predator ignore les effets intéressants des anesthésiants locaux. Cette séquence annonce cependant la couleur : un individu si dur avec lui-même ne doit pas faire souvent preuve de faiblesse devant une proie à sa merci.

La conclusion de

Film d’action survitaminé, film d’horreur également, Predator est la projection des films jubilatoires de l’ère Reagan dans un environnement pessimiste et évangélisateur. Sorte de messager porteur de mort (son venue cyclique est d’ailleurs assez explicite sur son aspect rédempteur), le Predator est chargé par la Nature de remettre les choses à leur place en faisant redescendre l’homme de son piédestal de suffisance. S’il échoue en partie, cela est peut-être du au fait que, construit à la manière d’un reflet de sa proie humaine, la créature en supporte également les défauts. Un bon film, superbement filmé, qui mérite largement sa place dans le rayon des grands classiques de la SF.

Que faut-il en retenir ?

  • Réalisation sans faille
  • Atmosphère oppressante bien entretenue
  • Le Predator, une indéniable réussite
  • Cette sensation de ‘’too much’’ très drôle dans la première partie

Que faut-il oublier ?

  • Personnages très caricaturaux
  • Des comédiens peu talentueux
  • Abondance de clichés.

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