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Critique du Film : Predators
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Critique du Film : Predators

Avis critique rédigé par Vincent L. le mercredi 14 juillet 2010 à 2048

Crève tarlouze galactique...

Si l'on regarde rétrospectivement la carrière cinématographique du predator, force est de constater que ce dernier n'a jamais franchement réussi à exister au-delà du premier opus. Ainsi, après le très qualitatif long-métrage de John McTiernan, cette créature mythique du septième art n'aura eu le droit qu'à une séquelle maladroite (malgré son capital sympathie indéniable), ainsi qu'à deux cross-over consternants de médiocrité. Voir apparaître sur les écrans une nouvelle suite, vingt-trois ans après le fim original, avait donc de quoi réjouir ; prenant les apparences d'un reboot - histoire différente, mais scénario et lieux similaires - confié à ce gros bourrin geek de Robert Rodriguez, ce nouveau métrage possédait en soit suffisamment de potentiel pour que l'on puisse espérer, pour une fois, que le predator ait le droit à une oeuvre rendant honneur à son charisme cinégénique. Pourtant, Predators s'apparente au final à un film boiteux qui, sans être un four artistique, s'avère malgré tout décevant.

Les raisons de cet échec (en demi-teinte) tiennent presque entièrement dans le manque d'enjeu de l'histoire développée. Ainsi, nul doute que pour tout spectateur n'ayant jamais vu les deux premiers films, ce troisième volet risque d'être particulièrement réjouissant ; en revanche, pour tous les autres, l'extrême prévisibilité de ce qui est montré à l'écran risque d'annihiler une grande partie de l'intérêt de Predators. Ils sont huit, ils sont pris en chasse, ils vont tous mourir les uns après les autres, et ce jusqu'au dernier qui va coller une belle branlée à son poursuivant extra-terrestre. Le héros, et bien c'est Adrien Brody, et comme son nom et marqué en gros sur l'affiche, et qu'il est le seul acteur vraiment connu (avec Laurence Fishburne, mais qui arrive tard et part tôt), on le capte dès le départ. Du coup, on sait que le destin des autres personnages n'est donc que de mourir, si possible dans d'attroces souffrances, pour faire plaisir au spectateur qui sait, lui, que la vraie star du film est la créature.

Réalisé avec une naïveté souvent étonnante par Nimród Antal - comme s'il s'adressait, finalement, à un public n'ayant jamais vu Predator - ce troisième opus ne s'apparente donc plus du tout à un survival. Même si l'ambiance chasse à l'homme est présente dans le premier quart du film, et correctement posée par des séquences d'exposition efficaces, on s'aperçoit vite que l'on ne ressent aucune empathie pour ces personnages uniquement destinés à passer de vie à trépas ; presque insidieusement, passé les trente premières minutes, la nature du film subit un glissement vers le slasher bête et méchant, et, de fait, les predators finissent par devenir des boogeymen au comportement affreusement quelconque. Désespérément prévisible dans son déroulement, Predators ne réussit donc à installer aucun suspens tangible, échoue lamentablement à créer un quelconque climax en fin de long-métrage, et ne parvient jamais à devenir vraiment passionant.

Il est d'ailleurs étonnant de s'apercevoir que les scénaristes devaient être conscient de cette énorme faiblesse. En effet, passé cette première partie aux allures d'une chasse du comte Zaroff, Predators se retrouve vidé de toute substance. Petit à petit vont se mettre en place nombre d'éléments aussi intrigants que rapidement expédiés. Des autres extra-terrestres embarqués dans l'histoire, à l'inutile apparition de Laurence Fishburne, en passant par la présence incongrue de cette foreuse, les saynètes s'enchainent, entrecoupées des diverses morts des personnages, et ce pour arriver très laborieusement à ce final que l'on attendait dès le début. Malheureusement, une nouvelle fois, la déception est de mise, l'affrontement entre le héros et son prédator n'ayant pas le quart de l'envergure qu'avait celui du film de John McTiernan. Complètement exangue après cent-dix minutes, Predators s'achève ainsi de manière bien maladroite.

Le soucis est que si Predators est un mauvais survival (ou un très bon slasher, au choix), il est également un film d'action très moyen. On regrette ainsi très souvent que Robert Rodriguez n'ait pas été à la barre du film tant la mise en scène de Nimród Antal s'avère trop sage dès que les choses commencent à bouger. Les faiblesses du scénarios auraient ainsi pu être compensées si chaque personnage avait eu le droit à son moment de gloire au moment de mourir ; mais non, bien souvent, leur morts sont traitées au sein de scènes d'actions à plus grande échelle dans lesquelles elles n'ont que peu d'importance, passant même parfois totalement inaperçues (voir la mort aussi anecdotique que décevante de Danny Trejo). On reste donc toujours sur notre faim, et ce malgré des effets sanguinolents corrects - même si le film ne tombe jamais dans le gore à outrance - et un montage souvent clair et découpé qui rend la lisibilité de ces scènes plus que correcte.

Maintenant, tout n'est pas négatif dans Predators, simplement tout est toujours en demi-teinte. Le premiers quart dégage ainsi une excellent ambiance chasse à l'homme, et réussit à marier des scènes d'exposition classique avec une effacité formelle qui pose immédiatement l'ensemble des enjeux (qui, certes, ne sont ni très nombreux, ni très compliqués) ; mais à côté de cela, la mise en scène ne réussit jamais à mettre en valeur le decorum offert par la jungle, souffrant nécessairement d'une comparaison peu flateuse avec ce qu'avait fait John McTiernan sur le premier film. Là où le travail du réalisateur est en revanche plus qualitatif, c'est sur cette manière de mettre en valeur des personnages, y compris lorsque ceux-ci manquent clairement d'envergure ou de profondeur ; rien à voir avec les mercenaires débiles de Predator, les divers protagonistes sont bien campés, et aussi bien mis en valeur qu'il puisse l'être vu la faiblesse quant à leur écriture paresseuse.

C'est d'ailleurs là que le film trouve sa plus grande qualité, en ce que chaque personnage est parfaitement interprété par une série de gueule cinématographique assez sympathique. De Danny Trejo à Topher Grace, en passant par l'interprétation totalement décalée de Walton Goggins et le charisme silencieux de Louis Ozawa Changchien, chacun amène une expérience de jeu qui rend leurs personnages très cinégéniques. Dans le rôle principal, Adrien Brody poursuit sa mutation MarkWahlbergienne - mais semble avoir arrêté le Prosac - pour offrir un jeu sans grande subtilité qui, au final, ne colle pas si mal à son personnage. Certes, il manque physiquement d'envergure, mais n'était-ce déjà pas le cas de Danny Glover dans Predator 2 ? Alice Braga, l'héroïne, livre un jeu certes plus fade, mais qui ne tire jamais vers l'interprétation à outrance de Michelle Rodriguez. Seul véritable ombre à tableau, Laurence Fishburne, complètement ridicule dans un rôle aussi nul qu'inutile.

Enfin, il est à noter que, de temps en temps, surgit une séquence qui attire l'attention et réveille l'intérêt du spectateur. En effet, mine de rien, il est agréable d'enfin pouvoir revoir le(s) predator(s) dans un film digne de ce nom, et le(s) voir agir avec des comportements qui ne ressortent pas de l'aberration videoludique. La mythologie est relativement bien respectée, et si quelques ajouts ne s'avèrent pas forcément judicieux (les castes séparants les "prédators à con" des "super-prédators qui en ont dans le slip"), d'autres s'avèrent en revanche intéressants, même si paradoxalement mal exploités par le scénario (les chiens-predators, notamment, qui partent aussi vite qu'ils arrivent). A noter que visuellement, le film souffre d'un petit côté cheap qui fait parfois mal aux yeux ; produit dans les studios Troublemakers de Robert Rodriguez, Predators est parfois victime d'un manque de budget flagrant que l'on ne pensait pas trouver dans une production de cette envergure.

La conclusion de

Parce qu'il s'appuie sur un scénario sans aucun autre enjeu que celui de faire mourir des personnages les uns après les autres, Predators peine à susciter de l'intérêt passé sa première demi-heure. Fini l'aspect survival et le côté claustro du film original, le film de Nimród Antal s'apparente désormais à un slasher basique mettant en scène une créature mythique du septième art. Si le résultat n'est en soit pas totalement désagréable, il apparaît au final qu'il exploite terriblement mal toute ses potentialités, la faute à un script peu travaillé et à un réalisateur manquant d'envergure. Après, ce n'est tout de même pas Aliens Versus Predator, et il faut avouer que cela fait malgré tout plaisir de retrouver des predators en bonne forme après tant d'années !

Que faut-il en retenir ?

  • Un bon premiers quart,
  • Quelques séquences sympathiques,
  • Des personnages forts en gueule,
  • Bon niveau d'interprétation.

Que faut-il oublier ?

  • Un potentiel très mal exploité,
  • Absence de suspense et de climax,
  • Scènes d'action globalement décevantes,
  • Quelques effets spéciaux très limites.

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