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Critique du Roman : Hellraiser
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Critique du Roman : Hellraiser

Avis critique rédigé par Nicolas L. le jeudi 18 janvier 2007 à 1542

A fleur de peau…

La victime émis une faible plainte, la seule que lui permit sa mâchoire déboîtée. Puis son adversaire resserra son étreinte. Des spasmes agitèrent le corps, dont les jambes battaient l’air. Du sang lui jaillit des yeux, du nez, de la bouche. Des gouttelettes éclaboussèrent le front de Kirsty telle une pluie tiède. La sensation l’arracha à son inertie. Plus le temps, cette fois, d’attendre et d’ouvrir l’œil. Elle se mit à courir…
Vingt ans, c’est l’inconcevable laps de temps qu’il aura fallu attendre pour voir le grand classique de Clive Barker édité en langue française. Vingt longues années durant lesquelles l’auteur et esthète britannique vit amplifier sa renommée jusqu’à atteindre le statut (envié ?) de maître de l’horreur. Auteur, scénariste, réalisateur puis producteur et aujourd’hui mécène artistique, Clive Barker est devenu l’alter ego (au niveau de la notoriété) britannique de Stephen King, un personnage dont le nom ne manque jamais d’être évoqué (en bien comme en mal d’ailleurs) lorsque la conversation se hasarde dans le domaine du fantastique.
Si le livre est resté inédit en France, nul ne peut nier le fait que le film dont il est l’inspiration a contribué à la reconnaissance internationale de l’auteur. Un film d’une grande puissance graphique qui a marqué de son empreinte le aujourd’hui défunt festival d’Avoriaz, remettant à la mode le concept des poésies macabres si tendance au début des années 70 (notamment les films produits par Andy Warhol, artiste finalement assez proche, de par sa démarche, de Clive Barker). Et le roman, ouvrage torride de moins de 200 pages, est un fidèle double manuscrit de l’œuvre cinématographique. Ou presque…
Car dans ce livre, Clive Barker laisse apparaître des détails narratifs qui, sous le couperet de la censure, n’auraient jamais pu voir le jour dans le film. Déjà fortement sexuée, l’histoire de Hellraiser devient alors beaucoup plus érotique, voire pornographique, puisque plaisir et douleur n’ont jamais été aussi intimement liés. Au-delà d’une simple histoire de démons, le lecteur découvre une véritable exploration de l’insatisfaction sexuelle (dans le sens animal du terme) avec l’utilisation de ce verrou cubique, gardien des plaisirs interdits (l’obligation de se concentrer et de se replier sur soi-même pour ‘’débloquer’’ l’artefact fait, selon doute évidence, référence à l’utilisation des drogues comme vecteur extatique). De la femme déçu par un mari manquant (à son goût) d’une brutalité qu’elle assimile à de la virilité au sadique ne trouvant son dû que dans l’éjaculation psychologiquement mécanisée et la fornication, le monde de Hellraiser est un univers de stupre dans lequel les personnages ‘’normaux’’ comme Kirsty apparaissent comme des êtres faibles, pathétiques et sans saveur. ‘’C’est une lopette, il n’aime pas l’aventure’’ (entendez par là les expériences de toute sortes), affirme Frank au sujet de son frère Rory.
Le roman est dur, mais aussi poétique et ironique. L’humour noir survole les pages pour y atterrir au gré des désirs de l’écrivain, souvent dans des circonstances inattendues (on en vient à honteusement sourire des situations les plus horribles et graveleuses). Et l’habile plume de Clive Barker, par son aptitude poétique, me rappelle les poètes du début du 19ème siècle, notamment ce bon vieux fripon de Lord Byron. On y sent la même interrogation sur la recherche de la sensualité ultime et les mystères de la chair, mais aussi une malicieuse volonté de provocation, avec une Julia (métaphore de l’attirance sexuelle) aussi laide dans son esprit que séduisante dans son ‘’déguisement épidermique’’. Car pour Clive Barker, peintre et sculpteur, le physique n’est qu’une simple panoplie, un camouflage, pour y dissimuler ses vertus ou ses perversions. ‘’Il me faut auparavant une nouvelle peau’’, déclare d’ailleurs un Frank ‘’nu’’ (c'est-à-dire écorché) désireux de faire son retour dans la société.
Et les fameux Cénobites, ces créatures issus des plans de la douleur et de la peine ? Je dirais que l’on retrouve sans faillir les mêmes personnages que dans le film mais traités de manière moins graphique, plus ambiguë. Par exemple, Pinhead se voit même attribuer une voix féminine, afin d’insister sur le coté hermaphrodite des créatures de l’Ingénieur. Une approche intéressante et forçant l’introspection (loin du truisme dont est souvent accusé l’auteur) que j’ai eu, hélas, de la peine à appréhender tant il m’a été difficile de ne pas faire remonter l’image de Doug Bradley dans mon esprit lorsque intervient ce personnage dans le récit. Cela est un peu frustrant mais rien de vraiment grave dans le fait que les Cénobites ne sont pas les éléments centraux de l’intrigue. L’histoire passionnelle entre Julia et Frank est bien trop dévoratrice d’espace et de chair pour laisser la moindre parcelle de place à une intrigue secondaire….

La conclusion de

Pour conclure, je dirais que Hellraiser contient quasiment tous les aspects que Clive Barker va développer au cours de son parcours d’artiste et d’auteur. Sadomasochisme, stupre et luxure, séduction et tromperie, douleur et extase, pouvoir du sang… En condensant tous ces éléments dans seulement deux personnages (à la manière d’une pièce de théâtre, le roman n’en contient que quatre), l’auteur façonne deux sculptures anthropiques fruit des perversions (déviances) humaines. Une sorte de couple sensuel ultime… Et c’est génial.

Que faut-il en retenir ?

  • Nombreux niveaux de lecture à explorer
  • La naissance d’un esthète de l’horreur

Que faut-il oublier ?

  • Trop vite fini

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