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Critique du Film : Hellraiser: Revelations
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Critique du Film : Hellraiser: Revelations

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mercredi 15 février 2012 à 0103

Soirée cuir et clou chez les Craven

Malgré ses nombreuses imperfections, conséquences d’une réalisation parfois hésitante, Hellraiser, le pacte (1988) apparait aujourd’hui à la fois comme un grand classique du genre fantastique et une œuvre charnière du cinéma d’horreur. Avec sa manière de traiter le gore comme le ferait un peintre de ses pigments, Clive Barker nous offrait là une véritable poésie graphique exploitant peine et souffrance comme des stimulis orgasmiques, des mediums pour accéder au plaisir absolu. Œuvre déviante, perverse, Hellraiser met en scène des personnages qui découvrent le plaisir de la chair par son aspect le plus abrupt, le plus vorace... et le plus immoral. Une œuvre provocatrice, très sérieuse (donc dérangeante), qui lors de sa sortie en salles allait à contre-courant de la tendance de l’époque, qui privilégiait l’entretien d’une atmosphère potache. D’aucun répondront qu’il ne peut être considéré comme un véritable pionnier, bien d’autres avant lui, comme Paul Morrissey (Du sang pour Dracula) ou Lamberto Bava (Baiser macabre), ont effectué cette démarche nécrophile, sadique et/ou masochiste. A la différence près que nul n’avait réussi une approche aussi efficace, aussi viscérale que sensuelle. Et peu, hormis dans le cinéma japonais et le cinéma underground, y sont parvenus depuis.

Evidemment, le succès public et critique d’Hellraiser entraina la production de séquelles, toutes plus inégales les unes que les autres, mais qui eurent souvent le mérite d’approcher le mythe de manière originale et risquée, comme Hellraiser IV, le quatrième volet, qui joue avec le Temps, ou le direct-to-video Hellraiser VIII, une mise en abyme du mythe qui se déroule dans l’univers des MMORPG. Bref, pendant une vingtaine d’année, la franchise Hellraiser réussit à atteindre un double objectif: celui de la rentabilité (il faut dire que les 4 derniers volets ont été tournés pour le marché de la vidéo) et un niveau de qualité acceptable. Et cela en respectant au mieux deux règles: l’entretien d’une atmosphère cultivant des aspects gothiques, érotiques et horrifiques et la mise en valeur des Cénobites, ces prêtres de la douleur menés par Pinhead, l’un des plus extraordinaires «monstres» de l’histoire du cinéma.

En effet, de Hellraiser II, les écorchés (une séquelle directe bien réussie datant de 1988 qui fait dans la démesure; Tony Randel oblige) à Hellraiser: Hellworld en 2005, producteurs et scénaristes ont bien pris garde de conserver ces éléments intacts, notamment en renouvelant toute leur confiance à Doug Bradley, qui interprète Pinhead dans tous les volets, tant et si bien qu’il est aujourd’hui devenu difficile d’imaginer le leader des Cénobites autrement que sous les traits du comédien britannique (on se retrouve devant le même cas que Freddy Krueger et Robert Englund). A coté de cela, même dans le cas des direct-to-video dirigés par le peu génial Rick Bota, tous les concernés se sont entendus à cultiver aussi fidèlement que possible les aspects métaphysiques et graphiques du mythe, faisant de chaque séquelle une œuvre certes souvent maladroite, parfois cheap, mais présentant toujours (appréhendé avec un certain recul) un intérêt de par son approche.

En 2007, on commence à entendre parler d’une nouvelle séquelle d’Hellraiser, voire un remake. Non pas un nouveau volet cheap destiné au direct-to-video, mais un véritable film, doté d’un budget conséquent. Le projet est porté par Joel Soisson et Gary J. Tunnicliffe. Pas vraiment de bonne augure. Cadre très important de Dimension Films (ou larbin des Weinstein, suivant les points de vue), le premier est connu pour transformer tout ce qu’il approche en une infâme semoule. En fait, qu’il soit derrière le chéquier ou la caméra, Joel Soisson est au cinéma ce que le fast-food est à la restauration, les releveurs de gout en moins. Le deuxième est un technicien très doué dans le domaine des effets spéciaux mais ses compétences s’arrêtent là. Ses quelques essais au poste de réalisateur restent anecdotiques et il n’a quasiment aucune expérience dans l’écriture. Quelques temps plus tard, on apprend que c’est les français Alexandre Bustillo et Julien Maury (l’intéressant A l’intérieur) qui se sont vus confiés par Dimension Films l’écriture du scénario et éventuellement la réalisation du film. Puis tout va s’enchainer très rapidement, mais pas vraiment dans le sens souhaité.

Cela commence par le remerciement du duo de français et l’embauche de Marcus Dunstan et Patrick Melton (Saw 4), qui seront également virés peu de temps après. A la réalisation, les noms se succèdent alors; Patrick Lussier, Pascal Laugier, Darren Lynn Bousman, sans qu’aucun ne soit confirmé, ni infirmé. Bref, deux années d’atermoiements, de prises de têtes, au cours desquelles les frères Weinstein se sont amusés à déconcerter les fans de la franchise (avant de leur filer le coup de grâce en annonçant que Pinhead ne serait pas interprété par Doug Bradley). Tout ce cirque pour finalement entendre citer les noms de Gary J. Tunnicliffe et Víctor García, aux postes respectifs de scénariste et réalisateur, mais pour la mise en boite d’un volet bouche-trou budgétisé à $300,000 (le remake, lui, est repoussé aux calendes grecques). Victor Garcia? What the fuck? se sont alors écriés tous les cinéphiles. Ils n’ont pas réussis à trouver pire? Ce Victor Garcia, c’est le technicien des FX qui travailla pour la Fantastic Factory au début des années 2000 et qui rame comme un galérien depuis son arrivée aux USA? Le même qui nous a fait subir Retour dans la Maison de l'horreur et Mirrors II? Le type d’Arctic Predator? Oui. Désolé.

Et, pas contrariant, Victor Garcia de s'appliquer à confirmer nos craintes! Son travail combiné avec celui de Gary J. Tunnicliffe est ce qui se fait de plus performant en matière d’art vomitif (dans tous les sens du terme). Cela commence par une intro en flashback qui nous expose des souvenirs de vacance enregistrés sur un handycam. Caméra qui bouge dans tous les sens, image hideuse, montage cut, c’est donc en retenant sa bile que l’on suit l’escapade de deux jeunes abrutis au cœur des quartiers chauds d’une ville mexicaine. Cette virée très arrosée va prendre une tournure dramatique quand Nico tue accidentellement une prostituée en lui éclatant la tronche contre la cuvette des chiottes (on ne voit pas comment il procède, cela se fait hors caméra, c’est dommage j’aurai aimé comprendre les circonstances de l’accident). Cependant, comme ce sont les rois des crétins, au lieu de quitter la ville en vitesse, les meurtriers se réfugient dans un bar voisin. Là, ils matent des call-girls et descendent des bières quand ils sont approchés par une sorte de clodo (les spécialistes de la franchise apprécieront) qui leur file un étrange cube. Oui, comme ça. Histoire de.

Evidemment, le fan de la franchise va immédiatement reconnaitre qu’il s’agit de la clé qui ouvre la porte des Enfers. Et c’est à ce moment que la narration nous ramène au présent, dans la maison (isolée, of course) occupée par les familles des deux jeunes fugueurs. On passe alors à une réalisation classique, centrée sur un huis-clôt, ce qui a au moins le mérite de calmer nos estomacs. Le spectateur apprend à ce moment que quelques mois se sont écoulés depuis la réalisation de cette vidéo et que les deux ivrognes lubriques sont portés disparus. Seul a été remis à la famille de Steven un sac, contenant la caméra et le cube. On est doublement étonné. Comment cela se fait-il que la caméra n’ait pas atterri dans les mains de la police? Pourquoi (jusqu’à ce soir, comme on va pouvoir le vérifier) personne ne s’est intéressé à ce cube?

C’est la petite amie de Steven (et sœur de Nico) qui va tout déclencher en activant le cube. Cela donne d’ailleurs le seul passage un peu « sexe » du film, la jeune femme ressentant une brève montée de plaisir lorsqu’elle caresse le cube. En même temps, on assiste au retour de Steven, revenu apparemment à pied du Mexique, suivi par le clodo. Finalement, tout se beau monde va se retrouver dans la maison et participer à un joyeux bordel au cours duquel on apprend que Steven n’est pas Steven et qu’il est complètement marteau, que le clodo est... euh... le clodo, que tout le monde a couché avec tout le monde à grands coups d’incestes et d’adultères, et que les tables basses américaines sont sacrément solides. Arrivent alors les Cénobites pour remettre un peu d’ordre dans ce foutoir, en usant de clous, de chaines et de scalpels.

Hellraiser: Revelations nous conforme dans une certitude: Victor Garcia aime le bleu. Le film baigne en permanence dans cette couleur. Pas le bleu glacial et terrifiant de The Midnight Meat Train, par exemple, non, un bleu nuit tout ce qu’il y a d’ordinaire. C’est bien simple, j’ai même cru à un moment que mon écran plasma avait un problème. J’ai eu peur. Mais non, ce rendu est normal, un choix assumé - à moins que la production n’ait eu des stocks de gélatines bleues à écouler d’urgence. Au final, pour ce qui est du résultat, bien que l’on puisse s’amuser de voir les Cénobites transformés en une bande de schtroumpfs sadiques (ne leur manque plus que le bonnet), force est d’admettre que le rouge aurait mieux contribué à entretenir une quelconque ambiance horrifique. Et c’est là où l’on peut trouver un justificatif. On reconnait bien là une manœuvre de Dimension Films pour rendre le métrage plus «grand public», choix appuyée par un traitement gore moins excessif qu’à l’habitude, un aspect sexuel très effacé et par l’introduction de personnages à la morale douteuse qui tend à justifier leur calvaire (tous, à part la mère de Steven, méritent le sort terrible qui les attends).

Hellraiser: Revelations se pose comme un règlement de compte familial. Un lavage de linge sale qui va être interrompu par l’arrivée d’indésirables: les Cénobites. Des créatures de l’enfer qui ne dont finalement là que pour entretenir le mythe tant leur intervention pèse peu dans la tenue de l’intrigue. Certes, ils torturent toujours avec autant de délice leurs victimes (dans ces moments, on a droit à quelques maquillages gore assez réussis) mais ils sont à la fois moins impressionnants, moins malsains et moins influents. Et ce n’est pas les deux ou trois lignes de dialogue au tenues vaguement métaphysiques et expiatoires qui vont faire que leur intrusion ne pourrait être comparée à la banale invasion d’une maison isolée par une bande de brutes perverses (dans le style La Dernière maison sur la gauche ou Funny Games).

Mais le pire est le personnage de Pinhead, qui perd ici toute son aura (déjà bien entamée avec Hellraiser VIII). Cela ne tient pas tant de son maquillage (le département est supervisé par Tunnicliffe, comme c’est le cas depuis 1992) que du choix de l’acteur. Stephan Smith Collins, physiquement, apparait comme une sorte de mix entre Billy Zane, Bruce Payne et Terry O'Quinn. Le problème est qu’en ce qui concerne le charisme, il n’arrive même pas à la cheville du second nommé, c’est dire le niveau. Il a beau essayer de mimer les attitudes de Doug Bradley, avec son visage sans caractère recouvert de clous soigneusement alignés, engoncé dans son costume de cuir, Stephan Smith Collins est plus ridicule qu’autre chose, encore moins impressionnant qu’un fétichiste adepte de soirées BDSM. Un aspect très ennuyeux dans la mesure où Pinhead apparait bien plus souvent à l’écran que lors des derniers épisodes. Au final, toutes les répliques, qui se veulent incisives, du leader des Cénobites ratent leur objectif.

La conclusion de

Clive Barker déteste Hellraiser : Revelations. On le comprend. La franchise touche ici le fond. Le métrage n’est pas meilleur que les derniers volets réalisés par Rick Bota (avec une poignée de figues), et, de plus, n’apporte strictement rien de neuf dans le traitement du mythe. Dimension Films et son tâcheron Victor Garcia se sont même appliqué à policer l’univers d’Hellraiser (notamment l’aspect sexuel), afin de le rendre moins malsain, histoire de l’ouvrir à un public plus large. Franchement nul.

Que faut-il en retenir ?

  • Quelques effets spéciaux

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario sans intérêt
  • Une réalisation policée et sans génie
  • Des personnages inintéressants
  • Un Pinhead ridicule

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