Rec2 débute son récit immédiatement là où le premier prenait fin. Afin d'éviter que le virus ne se propage, un groupe de policiers d'élite est envoyé dans le fameux bâtiment mis précédemment en quarantaine. Leur mission consiste à ramener le sang du porteur initial du virus, ingrédient essentiel à la conception d'un antidote. Ce qu'ils ne savent pas encore, c'est que parmi eux s'est incrusté un prêtre... et que ce fameux virus provient d'un démon venu tout droit des enfers!
Une chose est certaine, du coté des réalisateurs espagnols Jaume Balaguero et Paco Plaza, on ne fait pas une suite si c'est pour raconter la même chose. Si Rec1 était un film à la première personne pouvant être classé dans la catégorie « films de Zombies », Rec 2 bien que se posant comme une suite logique en accord avec son concept initial de « caméra témoin », pousse plus avant son concept tout en s'inscrivant dans la lignée d'un « Diary of the Dead ». Ce qui consiste, en gros, à utiliser plusieurs types de caméras et de moyens de cadrage. Désormais les appareils peuvent se casser, les batteries se décharger avec un rendu adapté au type de cadreur. Par exemple, Rec 2 débute via des images capturées par des caméras situées sur les casques, avec cette idée très jeu vidéo, qui consiste de passer de la vision subjective d'un personnage à un autre. Un procédé qui est assez similaire (pour ceux qui connaissent) aux jeux du type « Tom Clancy's Rainbow Six ».

Si le film peut sembler être construit à partir de trois parties bien distinctes, tout parait se rejoindre dans l'intention des deux réalisateurs : essayer de créer un film interactif, dans lequel le public n'est plus spectateur, mais quasi-acteur. Le scénario n'hésite pas pour cela à créer de forts sentiments d'antipathie envers des personnages, cherchant à ce que les spectateurs en viennent à souhaiter qu'ils succombent dans d'atroces souffrances. De même, par moment, les deux réalisateurs cherchent la complicité du public en le rendant témoin, gràce à des précédentes scènes ou en se basant sur ses souvenirs du premier film, de ce qui va arriver à des personnages qui vont pénétrer dans certains lieux. Par ce fait, le film n'est plus prévisible, puisque désamorcé par cette très bonne idée de jouer justement avec les souvenirs.
Cependant, il faut reconnaître que si la première partie est d'une grande efficacité, et que la fin est une parfaite réussite, le traitement central reste un peu plus bancal, en particulier à cause d'un traitement plus amateur, façon « Cloverfield », ce qui conduira à la présence de séquences bien peu lisibles, voire illisibles. Sans compter que de cette lassitude d'avoir l'impression de perdre le fil de l'action va créer une grosse baisse de tension. Heureusement, deux ou trois séquences bien trouvées (à ne surtout pas dévoiler) feront que même cette partie possède quelques atouts dans sa manche.