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Critique du Film : En quarantaine
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Critique du Film : En quarantaine

Avis critique rédigé par Vincent L. le lundi 29 juin 2009 à 1432

Pourquoi créer ? Autant plagier, c'est plus simple...

Depuis le copié-collé de Psychose par Gus Van Sant il y a maintenant dix ans, personne n'avait osé nous refaire le coup du remake reprenant, à peu de chose près, plan pour pour plan le film original. Mais, preuve qu'il ne faut pas forcément se penser génial pour oser le faire, le simple appât du gain peut également amener à un tel culot. Ainsi, seulement onze mois après la sortie de [REC.] en Espagne, En quarantaine, son remake US, sortait sur les écrans américain ; on pouvait naïvement se demander comment un film pouvait être fabriqué dans un laps de temps aussi cours, la réponse est on ne peut plus simpliste : en ne faisant que reprendre le film original à l'image près, ou presque, et en engageant un yes-man ne possédant aucune considération pour lui-même afin de signer le long-métrage.

Ainsi, au final, En quarantaine, est officiellement écrit par Drew Dowdle et réalisé par John Erick Dowdle, Jaume Balaguero et Paco Plaza n'étant ici crédité que comme auteurs du film original. Vaste fumisterie que cela car [REC.] est ici repris à 90%, bien souvent à l'image près, chose quelque peu paradoxale pour un film censé être fait par prise de vue subjective. Alors très objectivement, le résultat final est loin d'être mauvais, il est même d'une qualité équivalente à son modèle tant on pourrait croire deux copies conformes. Pour les spectateurs qui ne s'étaient pas frottés à l'oeuvre d'origine, le film, sans nul doute, s'avérera tout aussi efficace, les autres, eux, s'ennuiront sévèrement - voire seront sans doute très agacés - devant ce film absolument sans aucun autre intérêt que de faire disparaître toute connotation religieuse du scénario.

Nous n'allons donc pas ici reparler une nouvelle fois du film, qui avait à l'époque de sa sortie divisé le staff : gageons que si les producteurs voulaient de nouvelles critiques, ils auraient sans aucun doute fait un nouveau film. Focalisons-nous donc sur les quelques différences qui distinguent les deux long-métrages. Et sans vouloir faire preuve d'une absolue mauvaise fois, il apparaît que ces éléments nouveaux jouent clairement en défaveur du remake ; dommage, avouons le, car si [REC.] n'était pas un film parfait, son remake aurait ainsi pu améliorer quelques détails. C'était juste sans compter sur le rouleau compresseur Hollywoodien qui, loin de remédier aux faiblesses de l'original, aura simplement créé de nouvelles carences dans un scénario déjà pas franchement brillant.

Le film sombre donc dans toutes les facilités que Balaguero et Plaza avaient pris soin d'éviter. Loin des zombies originaux, plus ancrés dans une certaines normalité, les créatures de En quarantaine sont ici beaucoup plus proches des contaminés de 28 jours plus tard voire, à certains moments, de monstres typiques de l'univers de Sam Raimi. Le côté mystérieux et quelque peu glauque du film original s'éclipse donc temporairement face à ces créatures parfois très "grand-guignolesques" qui prêtent en quelques occasions plus à rire qu'autre chose. De plus, là où les deux réalisateurs du film original savaient jouer des codes du genre pour cacher quelques effets diablement efficaces, Dowdle tombe de la panneau à tout les coups en désamorçant nombre de situations avec de belles aneries visuelles inédites, et ce à l'image de cette scène particulièrement grotesques où le caméraman assomme un zombi au moyen de coups de boule avec sa caméra.

Visuellement, le film semble également sortir tout droit d'Espagne. L'immeuble où se déroule l'action du film, à Los Angeles, étant une copie carbone du bâtiment servant de décors à [REC.]. A Madrid, cela passe sans problème, à Los Angeles, la pillule est plus dure à avaler ; d'autant que quitte à ancrer son film dans un lieu pourri, Dowdle y a été à fond dans le délabrement, genre squat de clandestins en tout genre envahis par des rats gros comme des caniches. Ceci mis à part, on retrouve la même cage d'escalier, les mêmes boites à lettres, la même porte d'entrée, les mêmes appartements. Au niveau sonore, outre la présence constante et omniprésente de bruits d'hélicoptères et de sirènes de police qui agacent plus qu'ils n'apportent à l'ambiance, la seule différence de traitement vient du cameraman, lequel, relativement silencieux dans [REC.], a ici été remplacé par un vrai boulet commentant à voix haute tout ce qu'il fait et lançant, ici et là, de belles vannes sans intérêt.

Enfin, reste à préciser que le côté documentaire du film original est ici totalement mis à part, nombre d'acteurs de séries télévisées aux visages connus composant le casting. On retrouve donc, pêle mêle Rade Serbedzija (24 heures chrono), Greg Germann (Ally McBeal), Steve Harris (The practive) ou Marin Hinkle (Mon oncle charlie). L'actrice principale, Jennifer Carpenter - elle aussi sortie d'une série tv : Dexter - livre une prestation sensiblement identique à celle de Manuela Velasco dans un rôle qui ne diffère de toute façon pas du tout (le nom du personnage est d'ailleurs le même). Pour le reste, les interprétations sont qualitativement équivalentes à celles de [REC.], c'est à dire pas franchement transcendantes, mais jamais exécrables non plus.

La conclusion de

En quarantaine n'est même pas une version affadie de [REC.]. Non, En quarantaine c'est [REC.] avec des acteurs américain et un réalisateur qui a plagié sans honte le film de Jaume Balaguero et Paco Plaza. Si vous avez vu l'original, passez votre chemin sans vous arrêter à moins, bien sur, de vouloir revoir le film. Les autres, vous pouvez aller voir les critiques de [REC.], il s'agit presque exactement du même film.

Que faut-il en retenir ?

  • Permet de voir [REC.] sans regarder [REC.], ce qui peut s'apparenter à de l'originalité !

Que faut-il oublier ?

  • Absolument aucune création ni aucune inventivité,
  • Scénario affadi,
  • Monstres trop clichés,
  • Omniprésence des bruits d'hélicoptères,
  • Le caméraman, un vrai gros lourd qui agace.

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