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Critique du Film : [REC]

Avis critique rédigé par Vincent L. le dimanche 4 mai 2008 à 23:14

À voir une fois, peut-être pas deux...

Si Jaume Balaguero s'est toujours avéré être un réalisateur ingénieux et inventif, force est de constater qu’il n’a jamais su développer le même talent devant une feuille de papier. Ainsi, si ses longs-métrages ont toujours été des réussites d’un point de vue formel, le trop grand classicisme de leurs scénarios a, chaque fois, fait chuter le niveau qualitatif de ses films. Son association avec le scénariste et réalisateur Paco Plaza pour les besoins de [REC.] laissait donc espérer un un script ambitieux et original qui, pour la première fois, pouvait réellement rendre hommage à son indéniable talent.

Malheureusement, au vu du résultat final, il apparaît très visiblement que ce "point de détail" qu’est le scénario n’a visiblement pas intéressé les deux réalisateurs, clairement plus concentrés sur le la forme du film que sur la profondeur même de l’histoire. [REC.] est donc, avant tout autre chose, un concept. À l'image du récent Cloverfield, la totalité du long-métrage repose ainsi sur cette idée unique qui consiste à filmer façon "caméra embarquée" afin d’immerger au mieux les spectateurs dans le film et, ce faisant, donner à ce dernier un petit cachet "réel".

Dans [REC.], l’idée introductive du scénario a donc été d’introduire dans un immeuble rempli de zombies une équipe de télévision décidée à tout filmer coûte que coûte. Si, sur le papier, le concept s'avère déjà bien bancal, il montre très vite ses limites sitôt le film en action, et ce alors que le caméraman continue à filmer alors même qu'il est poursuivit par des créatures bien décidées à lui faire la peau. Ainsi, à l’instar de Matt Reeves pour Cloverfield, Balaguero et Plaza passent ici et là, comme si de rien n'était, en mode “vue subjective” afin de justifier que la caméra ne se coupe pas dans les moments les plus cruciaux. Alors effectivement, le tout n'est pas crédible une seule seconde, mais s'engager dans un film comme [REC.], c’est également accepter au départ toute les incohérences qui vont avec concept : si Angela et son caméraman Pablo étaient resté dans le hall, comme on leur avait dit, on aurait alors repproché au film d'être ennuyeux à mourir…

D'autant qu'une fois le concept et les incohérences qui en découlent acceptés, [REC.] s’avère être un spectacle particulièrement efficace. Avec son script calibré dans la moindre de ses péripéties, le film réussit le pari de tenir le spectateur en haleine du début à la fin. Balaguero et Plaza se doutant, à raison, que le spectateur devinera vite les tenants et aboutissants de cette histoire - s’ils ne la connaissent pas déjà avant même le début du film - ils jouent donc la carte de l’efficacité et du crescendo, alternant séquences rythmées et scènes faussement calmes destinées à piéger le spectateur. Pris au jeu, ce dernier vivote donc entre moments stressants et scènes chocs, certains effets de style bien trop prévisibles en cachant parfois d’autres d’une redoutable efficacité.

Mais si l’illusion tient pendant plus des deux tiers du long métrage, elle s’effrite sérieusement au moment où Balaguero et Plaza tentent de nous donner une explication sur la raison de tout ces évènements. La bonne nouvelle, donc, est que contrairement aux autres films du même genre, vous aurez dans [REC.] le droit à la raison de tout cela ; la mauvaise nouvelle est que cette dernière est tellement minable que l’on se dit qu’il aurait mieux valu faire planer le mystère. Si l’on est pas revenu aux ondes de Vénus de La Nuit des morts-vivants, autant dire qu’on est pas tombé très loin niveau crétinerie.

Le personnages, pour terminer, n’ont pas le privilège d’être beaucoup plus travaillés que le reste de l'histoire. Se réduisant la plupart du temps à un simple concept (l’héroïne, le caméraman, le gars qui mourra en avant dernier, la première victime, la seconde victime, etc.), ils n’offrent au final aucune profondeur à un script par ailleurs très léger. Parce que le spectateur ne peut pas s’attacher à eux, une partie de la force dramatique du film s’en trouve amputée : on ne vibre ainsi pas vraiment pour eux et on ne craint jamais pour leur survie.

65

En mettant en scène [REC.], Jaume Balaguero et Paco Plaza ont voulu créer un film d’horreur le plus réaliste possible. Pari gagné ? A moitié seulement, car si le long-métrage est une réussite sur la forme – grâce à son effet caméra embarqué et à son script soigneusement calibré - il pêche beaucoup trop sur le fond, notamment avec son histoire simpliste et ses personnages sans intérêt. Si [REC.] ne réussira donc pas à s’imposer comme un futur classique, il reste, au moins pour sa première vision, une vraie petite bombe d’adrénaline.

Critique de publiée le 4 mai 2008.

Que faut-il en retenir ?

  • La capacité immersive du concept,
  • Un script calibré dans ses péripéties,
  • Peu d'effets de styles faciles,
  • Rythmé et jamais ennuyeux.

Que faut-il oublier ?

  • Une histoire simpliste,
  • Des personnages fades,
  • Un concept qui trouve trop souvent ses limites.

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