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Critique du Film : [REC] 2
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Critique du Film : [REC] 2

Avis critique rédigé par Vincent L. le mercredi 19 janvier 2011 à 0953

Après les zombies, les démons...

Excellent succès public en Espagne (ainsi que dans le reste du monde, même si de manière bien moindre), [REC.] ne pouvait malheureusement pas rester un long-métrage sans suite. Alors que le remake américain (pardon, le plagiat américain) débarquait dans les salles du monde entier, Jaume Balaguero et Paco Plaza mettaient en scène une suite directe à leur long-métrage, reprenant les choses exactement là où elles s'étaient arrêtées. Leur idée était d'offrir au spectateur une expérience formellement similaire (effet caméra embarquée, vue subjective, implication du spectateur comme témoin) tout en faisant glisser les thématiques pour aboutir à un film dans le fond très différent. Ainsi est né [REC]², séquelle très opportuniste symptome d'un cinéma fantastique espagnol somme toute en grande perte de vitesse.

Il est ainsi dommage de se dire que Jaume Balaguero et Paco Plaza se sont laissés embrigadés dans une série de films à l'attrait purement commercial (deux suites sont encore prévues), alors même que leurs talents respectifs auraient pu les amener à travailler sur des longs-métrage nettement plus ambitieux. En effet, si le concept de [REC.] premier du nom s'avérait efficace grâce à l'excellente maîtrise de ses réalisateurs, avouons qu'il ne faisait tout de même pas preuve d'originalité (Le projet Blair Witch étant passé par là en premier), et la reprise de ce concept de mise en scène dans des longs-métrages de qualités plus que moyenne (Cloverfield, Diary of the Dead) tend déjà à rendre le genre désuet, presque ringard. La question était donc : qu'est ce que [Rec.]² pouvait nous offrir qui n'ait pas déjà été vu dans le premier film ? Et malheureusement, la réponse est : pas grand chose...

Certes, on pourra tout de même apprécier le fait que Jaume Balaguero et Paco Plaza aient joué avec les codes pour accoucher d'une histoire sensiblement différente de celle du premier opus, aboutissant, au final à un film ressortant d'un genre différent. Ainsi, si [REC.] était un film de zombies au déroulement assez classique, [Rec]², au contraire, se rapproche plus de films démoniaques, dans le style de L'Exorciste (auquel [Rec]² fait d'ailleurs implicitement référence dans une scène de dialogue plutôt amusante). On pourra, ou pas, apprécier le changement de ton (d'autant qu'à cause de cela, le scénario sombre assez régulièrement dans le grotesque, à la limite de la comédie involontaire), toujours est-il que cela confère une certaine originalité à cette suite (la seule d'ailleurs), qui, au moins sur le fond, se démarque considérablement de son aîné (y compris en mal, notamment dans une fin très opportuniste appelant d'autres suites).

Mais passé cette différence de fond, la forme reste totalement identique. On suit donc le même principe de caméra embarqué - donc de réalisation épileptique - censé mettre le spectateur au coeur des évènements ; passé la subtile différence sans grand intérêt (il n'y a plus une seule caméra, il y en a trois), [Rec.]² est construit comme son prédecesseur, et se contente, dans ses deux premiers tiers, des mêmes effets de style. On se retrouve ainsi dans le même immeuble, dans les mêmes appartements, et on y retrouve certains personnages contaminés ; conséquence : si ces artifices fonctionnaient correctement dans [REC.] (au moins la première fois), leur impact dans cette suite est complètement nul. On n'est ainsi jamais angoissé à la vision du film, qui, et c'est plus génant, n'apporte même pas le strict minimum au niveau stress.

La chose est d'autant plus problématique que le film souffre d'un défaut de construction majeur : son "reboot" en plein milieu de l'histoire. Ainsi, alors que le premier tiers nous fait suivre l'équipe d'intervention qui est chargée de nettoyer l'immeuble (quatre gars, c'est léger comme équipe, mais passons...), passé une demi-heure, le film nous propose de revenir en arrière suivre le parcours d'adolescent débiles s'introduisant dans les lieux au nez et à la barbe des forces de police ; on a ainsi l'impression de revivre la même histoire une seconde fois (une troisième même, si on compte le premier [REC.]). Le même procédé avait été utilisé dans le remake de Vendredi 13, et la même conséquence se fait sentir dans les deux longs-métrages, à savoir une énorme chute de rythme qui nuit grandement à la dynamique du film.

Toutefois, malgré cette pléthore de points négatifs, tout n'est clairement pas à jeter dans ce film. La troisième partie, notamment, qui rappelle l'excellent talent visuel des deux réalisateurs ; si celle-ci ne parvient pas à regagner l'attention des spectateurs (lesquels se fichent désormais complètement de l'histoire racontée), elle fait toutefois preuve d'une excellente virtuosité, et s'appuie sur des idées de mises en scène assez remarquables (on pourra y reconnaître la patte de Jaume Balaguero, ainsi que sa facilité à jouer avec le noir et les zones d'ombre). Plus en amont, et de manière plus éparse, on pourra également retenir quelques autres bonnes choses dans la réalisation, comme ce principe de double caméra (mais trop peu utilisé), ou ces visions shoot em up qui font pencher le film dans un petit côté jeu vidéo. Passé cela, il n'y a pas grand chose à retenir de [Rec]².

La conclusion de

Intelligemment, [REC.] premier du nom misait sur l'effet de surprise et la parfaite maîtrise de ses réalisateurs pour compenser ses grosses lacunes scénaristiques et l'incohérence de son propos ; il en résultait un film plaisant, efficace lors de sa première vision, mais dont la durée de vie était très réduite à long terme. Sa suite, bien malheureusement, sombre dans le piège que son ainé avait réussi à éviter. En jouant ouvertement la carte de la redite, Jaume Balaguero et Paco Plaza ont mis en exergue les défauts du premier long-métrage, qui, désormais, sautent constamment aux yeux des spectateurs, et nuisent à toute véritable efficacité. Reste donc à se mettre sous la dent une dernière partie formellement bien pensée (même si pas angoissante du tout), ainsi que quelques idées de mise en scène remarquables qui démontrent que, mine de rien, on n'est quand même pas en présence d'un couple de réalisateurs complètement nuls. Allez les gars, passez à autre chose maintenant...

Que faut-il en retenir ?

  • Le glissement des thématiques,
  • Une dernière partie intéressante,
  • Quelques bonnes idées de réalisation.

Que faut-il oublier ?

  • Concept complètement exangue,
  • Aucune sensation de peur ou d'angoisse,
  • Deux premiers tiers dans la redite,
  • Scénario parfois grotesque,
  • Interprétation très moyenne,
  • Un final tristement opportuniste.

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