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Le festival international de la BD d'Angoulême 2019, on y était !
Batman et la fantasy à l'honneur !

Chaque année, pendant quatre jours, la jolie ville d'Angoulême vit au rythme de la bande dessinée. Toute la ville se pare d'affiches et d'illustrations de nos héros préférés. Le Festival International de la Bande dessinée est ancien et très réputé. D'un peu moins de 100 000 habitants, la ville passe à 250 000 personnes pendant cet événement. Depuis quelques années, le festival fait aussi la part belle aux bandes dessinées venues d'autre pays comme les comics américains et les mangas japonais, ou encore les manhwa coréens, les BD scandinaves...

Le festival 2019 en chiffres :

1 500 Auteurs et autrices

387 Rencontres, ateliers, conférences, spectacles et projections

23 Pays représentés sur les différents espaces éditeurs

228 Maisons d’édition francophones

200 Tonnes de livres disponibles sur le salon

En 2018, 44 millions de BD ont été vendues en France soit +2.5% grâce notamment aux mangas (+11%) et aux comics (+5%).

Le Grand prix 2019

Deuxième mangaka à remporter ce titre après Katsuhiro Otomo (2015), Rumiko Takahashi est élue Grand Prix du 46e Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême, au terme d’un vote qui a réuni 1672 auteurs de bande dessinée.Quarante ans d'une carrière fulgurante, plus de 200 millions d'exemplaires vendus dans le monde, entrée au Eisner Hall of Fame en 2018… Rumiko Takahashi est aujourd’hui récompensée en tant qu’autrice majeure de la bande dessinée mondiale. Et seulement la troisième femme à recevoir ce prix ! En 1978, quand Rumiko Takahashi entame la publication de Urusei Yatsura (Lamu) dans les pages de l'hebdomadaire Sunday, elle s’approprie le genre du shōnen et refuse d’entrer dans les codes des histoires romantiques du shōjō, fait inhabituel pour une femme à l’époque. Elle est la première à dépasser les conventions du manga, et utilise ce medium pour transmettre avec finesse et humour ses questionnements autour d’une société japonaise en pleine mutation. Avec les séries Maison Ikkoku (Juliette je t’aime) et Ranma 1/2, elle va rapidement devenir la reine du shōnen manga - les adaptations animées de ses séries contribuant à asseoir sa popularité bien au-delà des frontières de l'archipel nippon.

A travers son dessin, Rumiko Takahashi assouplit et modernise le trait d’Osamu Tezuka. Vif et expressif, ce trait sert les satires qu’elle dessine, et donne une forme unique aux personnages qui peuplent ses œuvres. Dans une société où l'on accepte mal la différence ("le clou qui dépasse appelle le marteau", dit un dicton bien connu au Japon), Rumiko Takahashi s'est toujours attachée à mettre en avant les outsiders et les excentriques, en faisant valoir leur droit à une seconde chance. Pétris de défauts mais aussi profondément humains, ses héros ont ainsi marqué plus d'une génération de lecteurs, au sein d'une œuvre qui, souvent sous le couvert de la comédie, se révèle extrêmement progressiste. Le Grand Prix récompense une autrice à part dans la pop culture japonaise et internationale, à l’œuvre éclectique riche de 7 séries et de près de 200 tomes, en avance sur les enjeux de son temps, qui ne cesse de se renouveler, tant dans le dessin que dans les sujets qu’elle aborde avec audace.

D'autres prix sont attribués tel le meilleur scénario... Voici le palmarès 2019 :

-FAUVE D'OR : Moi, ce que j'aime, c'est les monstres d'Emil Ferris chez l’éditeur bordelais Monsieur Toussaint Louverture. Impressionnant succès critique et public en France et aux Etats-Unis, ce livre a été encensé par des auteurs prestigieux comme Art Spiegelman. Ouvrage monumental en forme de journal intime tenu par une jeune fille fascinée par les créatures monstrueuses, Moi, ce que j'aime c'est les monstres est une ode magistrale à la différence et un plaidoyer en faveur du respect de l’autre.

-PRIX SPÉCIAL DU JURY : Les Rigoles, de Brecht Evens chez Actes Sud.  Par une nuit d’été́, tout peut arriver. Les corps et les destins s’entremêlent au gré́ des rencontres et du hasard pour composer une œuvre chorale baignée de couleurs, en hommage à la fête et à la vie.

-PRIX DE LA SÉRIE : Dansker, de Halfdan Pisket chez Presque Lune. Dernier volet de la trilogie que l’artiste danois consacre à l’histoire de son père, qui a fui la Turquie en désertant l’armée avant d’émigrer au Danemark. Un récit sombre et sans concession, taillé à vif dans l’encre noire.

- PRIX RÉVÉLATION : Ted drôle de coco, d'Émilie Gleason chez Atrabile. L’histoire d’un zigoto à la Mr Bean, autiste Asperger.

- PRIX JEUNESSE : Le Prince et la Couturière, de Jen Wang chez Akiléos. Pendant que ses parents lui cherchent une épouse, le prince Sébastien, lui, a trouvé une couturière. Devenue au fil du temps sa meilleure amie et première confidente, elle seule sait que chaque nuit, en secret, il s'habille de robes et devient Lady Crystallia. Avec beaucoup de finesse, Jen Wang brode un récit touchant sur la tolérance et la différence.

- PRIX PATRIMOINE : Les Travaux d'Hercule, de Gustave Doré chez 2024. Attention chef d’œuvre. Célèbre pour ses illustrations de grands classiques de la littérature, Gustave Doré s’est d’abord consacré à la bande dessinée. Publiée alors que l’artiste n’avait que 15 ans, cette vision parodique des travaux d’Hercule, inspirée par Rodolphe Töpffer, met en lumière l’imagination de Doré, sa verve narrative et ses trouvailles graphiques.

-FAUVE POLAR SNCF : VilleVermine, T1, L'Homme aux babioles de Julien Lambert chez Sarbacane. À VilleVermine la bien-nommée, le détective Jacques Peuplier, qui enquête sur la disparition de la fille de la reine des bas-fonds, affronte un savant fou et son armée d’hommes- mouches. Mais il pourra compter sur un simple gamin des rues pour trouver le renfort nécessaire...

- PRIX DE LA BD ALTERNATIVE : Expérimentation, de Samandal. Samandal est le nom d’un collectif d’auteurs de bandes dessinées libanais créé en 2007. Expérimentation est leur cinquième anthologie qui regroupe des récits en français, en anglais, en arabe et en langage muet.

Il y a aussi un prix des Lycéens, des scolaires... Et un Fauve d'honneur remis à Frank Miller pour l'ensemble de son oeuvre (Sin City, Batman, 300...). Autant de façon de mettre en valeur la création dans le 9ème art !

 

Des « bulles » sur les places de la cité permettent aux éditeurs de présenter leurs nouveautés. Entre les différents stands éditeurs et les dédicaces des auteurs, le point fort de ce festival est la quantité et la qualité des expositions proposées. Ces expositions sont dans des lieux très divers : musées, églises, médiathèque... Notre spécialité étant les mondes de l'imaginaire, je suis allée parcourir les trois expos phares sur ce thème.

 

Richard Corben, donner corps à l'imaginaire

Cette exposition est grandiose ! Et surtout, Richard Corben étant le Grand Prix de l'an dernier, elle est prolongée jusqu'au 10 mers ! Une visite à ne pas louper si vous êtes dans le coin.  À cette occasion, de nombreux collectionneurs se sont mobilisés en vue de constituer la rétrospective la plus complète possible sur Richard Corben, auteur considéré par la profession comme l’un des dessinateurs les plus fascinants de sa génération. Un artiste que Moebius lui-même appelait «Richard “Mozart” Corben» pour souligner son génie sans égal. 250 planches originales ont ainsi été exposées dans le musée de la ville. 

Mais qui est cet artiste ?

Richard Corben publie dès 1968 de courtes histoires de SF et d’horreur. À partir de 1970, il autopublie son fanzine Fantagor, collabore aux journaux mythiques de l’éditeur Warren, Creepy, Eerie et Vampirella, et se lance rapidement dans de grandes épopées publiées sous la forme de romans graphiques. Auteur de 5000 planches de bande dessinée et de centaines d’illustrations, Corben développe une imagerie totalement personnelle, influencée par les récits de genre horrifiques et grotesques dont il se réapproprie les codes. Ses mondes, souvent inquiétants, parfois décalés et outranciers sont traversés par une galerie de monstres comiques et de mutants effrayants, de jeunes femmes aux courbes démesurées et d’hommes à la musculature hypertrophiée. Vénéré par les plus grands dessinateurs, Corben est reconnu comme un technicien hors norme, qui sculpte dans ses pages le volume, l’ombre et la lumière, par l’utilisation perpétuellement renouvelée et mixte de techniques allant de la trame mécanique à l’aérographe, de l’huile au crayon gras, de l’aquarelle au photomontage, sans oublier la 3D et les outils numériques. En France, Corben paraît dans Actuel et aux Humanoïdes Associés – il est l’un des premiers auteurs publiés de la maison, avec notamment Rolf ou encore Den. Plus récemment, Corben a participé à la série Hellboy de Mike Mignola chez Delcourt et a adapté plusieurs nouvelles d’Edgar Allan Poe, l’un de ses maîtres en littérature avec Howard Phillips Lovecraft et Edgar Rice Burroughs, réunies dans Esprits des morts chez Delirium. Il a en outre publié Ragemoor, écrit par son ami scénariste Jan Strnad, ainsi que Rat God les deux chez Delirium.

 

L'arpenteur du futur

Je ne suis pas particulièrement experte en manga mais j'adore la science-fiction et c'est avec grand plaisir que j'ai parcouru cette exposition sur le travail de Tsutomu Nihei, créateur des séries BLAME!, Knights of Sidonia et Aposimz. Traduit en français depuis une vingtaine d’années, Tsutomu Nihei fascine le public occidental par la démesure de ses univers et par l’hybridation de son dessin, suspendu entre les codes du manga et des influences plus occidentales. Avant de se tourner vers le manga, Nihei a travaillé dans l’architecture et a étudié la peinture à New York. Cela explique la singularité de son approche esthétique et la démesure des architectures qu’il place souvent au centre de ses histoires. Nihei multiplie en effet les compositions aux perspectives étudiées, avec des profondeurs de champ vertigineuses et apparemment infinies. Il donne à sa vision du futur des dimensions tantôt hors norme, tantôt tentaculaires, dessinant dans BLAME! une cité aux milliers d’étages tout en verticalité, ou dans Knights of Sidonia un vaisseau si gigantesque qu’il est impossible d’en imaginer les contours. Le dessin de l’auteur évolue par ailleurs de manière organique, de série en série, évacuant notamment le noir omniprésent des débuts pour passer à un trait reposant exclusivement sur la lumière, comme on le voit bien dans la série en cours, Aposimz . Des versions animées des séries Knights of Sidonia et BLAME! existent.

 

Batman, plongez en plein Gotham City !

Né au sortir de la Grande Dépression, le genre du super-héros est probablement la figure littéraire inédite la plus importante issue du XXe siècle. Trouvant ses origines dans les pulps des années 20-30, le super-héros qui se bat pour la justice contre les méchants incarne une nouvelle réponse face à l’urbanisation galopante, à la pauvreté et à la montée du crime dans les grandes villes. Il redonne de l'espoir aux citoyens et jeunes lecteurs harassés par les problèmes d’une Amérique durablement fragilisée par la crise économique. Apparu en 1939 dans Detective Comics et créé par Bob Kane et Bill Finger, Batman se démarque tout de suite de Superman. Alors que ce dernier possède des super pouvoirs et agit dans un costume de couleurs vives évoquant le mouvement Art déco, Batman porte un masque et une cape noirs qui lui confèrent une aura plutôt sombre. Il ne dispose d’aucun pouvoir mais s’appuie sur sa fortune personnelle, son intelligence et son talent pour le combat, pour rendre justice. Traumatisé par la mort de ses parents assassinés devant lui quand il était enfant, Batman est un super-héros humain et désintéressé, au service des citoyens et luttant contre la corruption qui gangrène la ville et le pays. Une exposition célébrant les 80 ans du super-héros de Gotham a été proposée au sous sol de la médiathèque alpha grâce à Urban Comics. La présence de Frank Miller, Jock et Paul Dini n'y était pas pour rien. Il était alors possible de parcourir les lieux clés de l'univers de Batman. Traverser la scène de crime du meurtre des parents de Bruce Wayne, entrer dans la Batcave, croiser Catwoman, approcher le Batsignal et clou de la visite, traverser l'asile d'Arkham et les cellules des pires criminels de la ville.

De très nombreuses illustrations ponctuaient le parcours ainsi qu'une fin d'expo consacrée aux comics les plus anciens et à une soixantaine d'originaux. Très immersive, cette expo a bénéficié d'une scénographie très réussie. Un must et pas seulement pour les fans !

Le FIBD d'Angoulême est donc l'occasion de rencontrer des artistes, participer à des animations (cinéma, concerts dessinés, ateliers variés, conférences...), découvrir l'amplitude de la créature internationale en BD mais aussi de parcourir de très belles expositions. Un festival à ne pas manquer donc et qui justifie bien ces 4 journées tant il y a de choses à découvrir.

L’édition 2020 s'annonce déjà riche avec les expositions qui seront consacrées à Rumiko Takahashi, Yoshiharu Tsuge et Pierre Christin.

En vrac, encore quelques photos de cette édition 2019 avec des jedis, une batmobile et des fans de BD :

Auteur : Nathalie Z.
Publié le lundi 28 janvier 2019 à 18h30

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