A gauche Lucio Fulci se met lui-même en scène dans le rôle d'un patron de presse. A droite, l'amorce d'une scène d'énucléation censurée à la sortie en salles en France...
L’industrie cinématographique italienne des années 70/80 a certainement été championne toutes catégories du pompage et du copiage, cherchant son inspiration dans tout ce qui pouvait marcher, outre-atlantique notamment, transformant et adaptant les films pour en tirer de formidables
(ou lamentables) séries B, voire Z.
L’Enfer des Zombis, longtemps titré
Zombi 2, fait partie de cette première catégorie de films : Les formidables !
Orchestré par le maître absolu du gore
(c’est mon avis et je le partage !), le génial
Lucio Fulci, non seulement
L’Enfer des Zombis ne déçoit pas les espérances des amateurs de tripailles, mais surpasse l’œuvre de laquelle il prétend s’inspirer ou prendre la suite : le
Zombi de
George Romero, sorti sur les écrans quelques mois auparavant. Mais soyons clairs :
Fulci ne s’inspire nullement du film de
Romero. Les producteurs se sont simplement servis du titre
Zombi, qui à cette époque rimait avec succès, pour donner un coup de pouce à leur production. Car, si ce n’est la présence de morts-vivants, les deux œuvres ne supportent aucune comparaison possible.
(D’ailleurs ce « coup de pouce » n’était valable que pour certains pays européens, le Zombi de Romero ayant pour titre original Dawn of the dead)
Mais revenons à nos moutons ! Ou plutôt à nos morts-vivants…
Autre scène censurée à la sortie en salle en 1979 : le festin des zombis
Sur un scénario basique mais intriguant, qui relate les méfaits d’un médecin réanimateur de cadavres, le réalisateur conçoit un film outrancier et terriblement gore, multipliant les scènes choc où un groupe d’humains isolé tente de survivre face à des morts-vivants affamés.
Fulci replace les zombies dans leur zone géographique d’origine : les Antilles. Après une intoduction New-Yorkaise, le cinéaste s’installe dans un village perdu d’une île tropicale. Ce décor putride, seulement troublé par le vrombissement des mouches butinant d’un cadavre à l’autre, est un univers effroyable.
La représentation graphique des atrocités commises par les morts-vivants, dont la moindre est le cannibalisme, bénéficie d’un superbe cinémascope composé d’images claires, nettes, somptueuses. Les maquillages et les effets spéciaux horrifiques sont impressionnants.
Fulci soigne ses zombis et en fait des créatures bien pourries, décomposées, de véritables monstres.
(Alors que Romero à la même époque se contentait d’enduire ses acteurs d’un peu de fond de teint verdâtre…)
Au panthéon des scènes marquantes de
L’Enfer des Zombies citons : Le combat d’un zombi, d’un requin et d’une actrice uniquement vêtue d’un string
(Punaise ! je viens d’inventer une définition du cinéma bis Italien !), une énucléation via une écharde pénétrant longuement, en très gros plan, dans l’œil d’une actrice, un festin anthropophage, une horde de conquistadores zombifiés se relevant d’un antique cimetière, un égorgement tout en gargouillis et giclures, un assaut final comptant de multiples démembrements et explosions de viande froide… J’en passe !
Les restes d'un conquistadore et le combat épique d'un zombi et d'un requin