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Critique du Film : Riddick

Avis critique rédigé par Nicolas L. le lundi 27 janvier 2014 à 17:30

Poutrage de monstres

En l’année 2000, plus que par le fameux bug aux allures de pétard mouillé, l’esprit des fans de SF aura été marqué par une belle surprise cinématographique: la découverte d’une étonnante série B, qui donna naissance à une nouvelle icone du genre. Il s’agit, vous vous en doutez, de Pitch Black et de Richard B. Riddick, le plus badass des nyctalopes. Pitch Black, c’est le genre de film que l’on n’attend pas du tout tant son réalisateur et son casting apparaissent comme anodins - même si David Twohy est déjà considéré, à l’époque, comme un artisan parfois inspiré - et qui te laisse sur le cul au sortir de la salle. Ainsi, en début de ce vingt-unième siècle débutait une nouvelle franchise, en même temps qu’elle hissait au rang de star Vin Diesel, un comédien jusqu’alors presque anonyme (on se rappelle que c’était Cole Hauser qui faisait la tête d’affiche). Grosse série B horrifique et viscérale, mettant en vedette un dur à cuire au profil Carpenterien (il y a un peu de Snake Plissken dans ce hors-la-loi galactique), actionner débridé très violent, Pitch Black est un survival «animalier» à l’environnement minimaliste, un planet opera pulp aux allures de film de jungle dans lequel un groupe de naufragés se retrouve plongé au cœur d’une nuit éternelle, en compagnie de monstres assoiffés de sang. Un pitch qui évoque bien entendu La planète des vampires, de Mario Bava, mais aussi La planète rouge, d’Ib Melchior, et bien d’autres thrillers de SF. Mais, alors, qu’est-ce qui a bien pu faire que Pitch Black, aujourd’hui encore, est considéré comme un modèle du genre? En fait, l’idée géniale est d’avoir fait de Riddick l’égal de ces prédateurs nocturnes, de l’avoir hissé au-dessus d’eux sur l’échelle de la férocité. Sorte de bad boy du futur, viril et cynique, doté d’un pouvoir digne d’un super héros de Marvel (pouvoir qui tombe vraiment à pic dans le cas présent), Richard B. Riddick est la totale incarnation de l’instinct de survie, une bête sauvage à l’incroyable capacité d’adaptation. Le mâle alpha.

Quatre ans plus tard, Riddick est de retour. Au regard du succès de Pitch Black, rien de surprenant à cela. Le film, par contre, étonne. En place et lieu d’une nouvelle série B d’action, le spectateur découvre avec Les Chroniques de Riddick un ambitieux planet opera baroque aux atours pulps, qui emprunte autant à Dune qu’à Flash Gordon et Warhammer 40 000, tout en conservant les aspects badass cultivés dans Pitch Black. Une alchimie osée, qui oriente parfois le métrage vers le domaine du nanar kitch, mais qui fonctionne pour peu que l’on veuille bien jouer le jeu mis en place par David Twohy, qui est de s’amuser des conventions à travers un spectacle luxueux, sacrément burné et bourré d’effets spéciaux, mettant en scène une armée de vilains galactiques que l’on pourrait croire empruntée à un nanar d’Alfonso Brescia ou d’Enzo G. Castellari. Bref, si le film est loin d’avoir fait l’unanimité, décevant une partie des fans qui espéraient voir un nouveau Pitch Black, il est difficile de jeter la pierre à un réalisateur qui tente, à chaque œuvre, de se renouveler et de surprendre son audience.

Bon, même si David Twohy n’a jamais renié son film et qu’il assume parfaitement les choix qui ont abouti aux Chroniques..., les remarques des fans ne sont pas pour autant tombées dans l’oreille d’un sourd. Riddick, cuvée 2013, se veut donc être un retour aux sources, à savoir un survival brutal, un vrai film d’horreur. Il était dit que Richard D. Riddick allait, une nouvelle fois, se retrouver paumé sur une planète inhospitalière, peuplée de monstres sanguinaires, armée seulement de sa bite et de son couteau. Mais, auparavant, il fallait trouver un moyen pour priver le héros de ce confort durement acquis dans le volet précédent, à savoir le trône de l’empire des Necromongers (on admirera le plan où Riddick songe sur son trône, réplique d’un célèbre tableau de Frank Frazetta consacré à Conan). Pas difficile étant donné que cette société politico-religieuse est aussi intrigante que le Haut-Empire Romain et que Riddick possède déjà des rivaux de choix en la personne du général Vaako (Karl Urban) et de son exécuteur des basses œuvres, Krone (Andreas Apergis). Au final, après une vingtaine de minutes d’un (trop?) long flashback explicatif où l’on découvre un Riddick bien naïf, notre héros se retrouve abandonné sur une planète où chaque caillou et chaque mare dissimule un danger mortel. Un univers qui, finalement, lui correspond mieux. Commence alors un récit pouvant être divisé en trois actes. 

La première partie recycle des vieux éléments du film de naufragé, style Robinson Crusoé. Riddick y rencontre même son Vendredi (ou son Wilson, si l’on prend en considération l’intellect du compagnon), un dingo extraterrestre qu’il va transformer en un toutou affectueux et joueur. Premiers grincements de dents des puristes quand ils découvrent le spectacle de leur idole, incarnation de la puissance virile, jouant à la baballe avec son pote à quatre pattes. Pourtant, au-delà de ces gags finalement pas si déplacés que ça (le film entretenant un fort esprit pulp), le fan devrait être heureux de retrouver un personnage fidèle à son imagerie comics (Vin Diesel en fait des tonnes dans le registre du «j’me la pète" et du »même pas mal»), plongé dans un métrage aussi gritty qu’un épisode de Man Vs. the Wild. (tel Raspoutine, Riddick s’immunise au venin des monstres en se l’injectant dans les veines) et appuyé par une voix off monocorde aux propos aussi débiles qu’hilarants («Et au lieu de Furya, on se retrouva à un autre endroit qui s’appelait… Pas Furya»). De plus, les créatures qui règnent en maître sur cette zone désolée peuplée uniquement de prédateurs (oui, on constate qu’il manque quelques maillons dans la chaine alimentaire, l’écosystème de cette planète est assurément des plus étranges), sortes de fauves-scorpions amphibiens aux allures chitineuses, sont tout ce qu’il y a de réussies, tout comme les décors, austères à souhait, appuyés par de discrets, mais très efficaces, effets numériques. Un épisode finalement assez divertissant qui va prendre fin quand, à la manière d’un jeu vidéo bien vintage, Riddick va éviscérer le boss de fin de niveau et accéder à un nouvel espace de jeu.

A partir de ce moment, changement de style, on passe dans le registre de la chasse à l’homme aux rôles inversés, le chasseur devenant gibier (le pitch de Rambo, grosso modo). Riddick, arrivé à une base humaine abandonnée, active une balise qui attire une foule de chasseurs de prime (hyper réactifs, les gars, à croire qu’ils étaient en orbite, à l’affut du moindre signal). En fait, débarquent deux bandes distinctes qui n’ont rien en commun, hormis un niveau de QI proche de celui d’un ragondin trisomique. Le premier groupe arrivé sur le site se compose d’une bande d’abrutis au chef maso (Jordi Mollà) qui se fait même filouter par le clébard spatial de Riddick. Grossiers, sales, aussi cons que méchants, on croirait ces gars sortis d’un western de Sergio Leone et l’on se demande comment des idiots pareils puissent être encore en vie, au regard de leur métier (mention spéciale au colosse lobotomisé Diaz, incarné par Dave Bautista). Et comme, bien entendu, il leur fallait un souffre-douleur, le script a eu la bonté de mettre à leur disposition un jeune complice, le seul individu doté d’un brin de réflexion, mais aussi féroce qu'un lapin nain (mais qu’est-ce qu’il fout là?). Le deuxième groupe est nettement plus classe. Rien que la vue de leurs uniformes aux plis impeccables indique qu’ils ne jouent pas dans la même division que les bouseux précédemment cités. Bon, ils ne se montrent pas beaucoup plus futés mais, au moins, ils agissent avec classe. Parmi eux, bras droit d’un leader (qui a un compte personnel à régler avec Riddick) interprété par Matt Nable, on découvre avec plaisir l’idole des geeks Katee Sackhoff, plus badass (qui a dit bonnasse??) que jamais, dans le rôle d’un sniper très susceptible (David Twohy, généreux, nous offre même un plan de douche assez démonstratif). Evidemment, comme tout oppose ces deux groupes rivaux, le récit va être riche en affrontements verbaux des plus fins, agrémentés de quelques paires de baffes. Profitant de la situation, roi de l’infiltration et du camouflage, véritable caméléon cosmique, Riddick va faire tourner en bourrique tous ce beau monde, jusqu’à ce qu’il finisse par être, enfin, capturé. 
Mais un évènement extérieur va changer la donne.

Oui, parce que poussée par les pluies, les scorpions arrivent sur le site et y installent un siège dont la violence n’a rien à envier à celui de Fort Apache (et sa relecture SF de Starship Troopers). Bloqués à l’intérieur d’un bâtiment qui subit très mal les violentes attaques des monstres (c’est un peu le Grand-méchant Loup des Trois Petits Cochons soufflant sur la maison de paille), les chasseurs de primes vont devoir rapidement négocier un arrangement avec Riddick (le seul individu réfractaire se voyant mis à raison de manière assez radicale) et opérer une sortie pour aller récupérer un accessoire indispensable à leur fuite. Un accessoire qui, bien entend, a été planqué dans une zone fourmillant de bestioles. Bien qu’introduisant des aspects qui évoque certains passages du monde perdu, cette tournure des évènements rapproche ce métrage de l’ambiance de Pitch Black, Riddick utilisant ses aptitudes spéciales pour mettre les créatures en échec, sur un terrain qui lui convient. Le cinéaste récompense donc ici les fans du premier film, avec un enchainement de plans aux allures de remake, tant par l’esthétisme que par le matériau narratif. On peut dire que à ce moment que la boucle est bouclée, et Riddick est prêt pour de nouvelles aventures galactiques (d’autant plus qu’il a quelques petits compte à régler avec Vaako).

65

C’est avec un apriori assez négatif que j’ai visionné ces troisièmes aventures de Riddick. Les retours parvenus à mes oreilles n’étaient en effet guère positifs. Au final, je n’ai pas détesté ce métrage qui se pose comme une série B de SF bien burnée, mettant en scène des personnages badass, à l’intellect très limité. Alors, certes, le film, même s’il exploite un univers similaire, est bien moins sombre que Pitch Black. Ici, David Twohy opte pour un traitement plus pulp, pousse la caricature avec un fort second degré, où il ridiculise un peu son personnage. Le puriste peut avec raison se sentir un peu trahi. Reste que la réalisation, bien rythmée, et les effets spéciaux, très corrects, contribuent à faire de Riddick un spectacle très con mais assez divertissants. 

Critique de publiée le 27 janvier 2014.

Que faut-il en retenir ?

  • Une réalisation efficace
    Des effets spéciaux réussis
    Un univers d’horreur pulp assez sympathique
    Des personnages badass

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario minimaliste
    De la série B bas du front
    Une approche du mythe qui peut déplaire

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