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Critique du Film : Evil Dead

Avis critique rédigé par Jonathan C. le jeudi 25 avril 2013 à 12:53

La mort leur va si bien

EvilDead

Les fans auront beau crier à l’hérésie, c’est Sam Raimi lui-même qui, via sa boite Ghost House, a eu l’idée de produire un remake de son mythique Evil Dead et d’en confier la réalisation à Fede Alvarez, réalisateur uruguayen inconnu qui s’était seulement fait remarqué avec quelques courts métrages, dont l’impressionnant Panic Attack ! (gros buzz sur internet : http://www.youtube.com/watch?v=-dadPWhEhVk) et l’amusant El Cojonudo (déjà fortement influencé par le Evil Dead de 1981 : http://www.youtube.com/watch?v=a6KTk8GHJWs). Sam Raimi voulait que son histoire soit de nouveau portée à l’écran, mais « avec de belles images, des effets visuels de qualité et un excellent son » : argument un peu léger (que George Lucas approuverait sans doute) mais hélas très courant dans la mise en chantier des remakes. Bien évidemment, le choix de Sam Raimi pour Fede Alvarez a été accueilli avec virulence, mais les premiers trailers (par exemple celui-ci) ont inversé la tendance et fait de ce Evil Dead un remake très attendu.

EvilDead

Evil Dead version 2013 rentre dans la mouvance des remakes plus réalistes, plus rentre-dedans et plus violents initiés il y a 10 ans par L'Armée des morts de Zack Snyder et Massacre à la Tronçonneuse de Marcus Nispel, deux réussites majeures qui ont (re)lancé la mode des remakes, pour le meilleur et surtout pour le pire. Bénéficiant d’une vraie liberté de la part de producteurs en or comme Sam Raimi ou Bruce CampbellIl nous a parfois écoutés, parfois non. Lentement mais sûrement, je lui ai cédé le contrôle artistique du film », confie Sam Raimi), Fede Alvarez, qui ne vient pourtant pas du vidéoclip comme Zack Snyder ou Marcus Nispel, parvient à imposer sa patte et sa vision malgré l’héritage qui pèse sur lui.

EvilDead

Le plus intéressant dans ce remake, c’est sa progression : ici, la violence évolue en même temps que le style et le récit. L’esthétique réaliste et un brin télévisuelle laisse peu à peu place à un style plus graphique et agressif engendré par une horreur graduelle. Tout est ascension (du style, de la violence, de la folie), jusqu’à un final complètement dément sous une pluie de sang (clin d’œil à Slayer assumé par le cinéaste). L’image semble devenir de plus en plus rouge, envahie par les corps possédés, mutilés, démembrés et déformés, jusqu’à un générique de fin (conçu par le réalisateur lui-même) qui semble compiler/contempler le carnage. Ce dernier se déroule dans une superbe photo très « ibérique » et de plus en plus stylisée, mais sans jamais adoucir l'ambiance sale et oppressante qui règne. Alors que les évènements n’en finissent pas d’empirer, les personnages sont peu à peu déconnectés de la réalité et tout finit par ressembler à des hallucinations cauchemardesques toutes droit sorties d’un Silent Hill (auquel on pense notamment lorsqu’une espèce de sirène résonne en pleine terreur).

EvilDead

On peut voir dans cette construction narrative et stylistique une allégorie/réflexion sur la dépendance à la drogue, le personnage de Mia étant possédé alors qu’elle est en plein sevrage d’héroïne. Ce n’est pas un hasard si SPOILER ce même personnage, une fois « libéré » après avoir été enterré vivant (l’idée d’un nouveau départ, d’une nouvelle vie), finira par reprendre le statut de héros sur la fin (fonction jusqu’ici assurée par le frère), comme si Mia reprenait le contrôle d'elle-même et avait vaincu son Mal (ses dépendances). FIN SPOILER Cette interprétation pourrait être à développer, en tout cas l’argument pour faire venir les djeun’s dans une cabane paumée au fond des bois (le genre pastiché dans le film de Joss Whedon) est bien vu et bien exploité ; ça change des jeunes cons qui veulent se défoncer la gueule (ici c’est exactement l’inverse). Cette idée de remplacer le Ash originel par un frère lâche et sa soeur camée confère une dimension différente que dans le film de Sam Raimi. Les deux films ne parlent ainsi pas de la même chose alors qu'il s'y passe sensiblement la même chose.

EvilDead

Conscient du poids qui pèse sur ses épaules, Fede Alvarez ne tente pas de singer le classique de Sam Raimi, bien qu’il en reprenne certains motifs mythiques (les arbres violeurs, la tronçonneuse, la trappe, le plan forêt en vue subjective du démon, et bien sûr le Necronomicon, particulièrement bien illustré) et que le plan post-générique ravira les fans. C’est un film d’horreur/épouvante premier degré comme l’était le Evil Dead original (qui était plus terrifiant que drôle, à l’inverse d’un Evil Dead III : l'armée des ténèbres), en cependant moins comics-book, moins cartoonesque. S’il n’y a plus le charme du système D (budget tranquille de 17 millions de dollars et tournage paisible en Nouvelle-Zélande), Alvarez a choisi de n’utiliser aucun CGI, ni même pour le sang (d'où l'utilisation de 25 000 litres de faux sang !) : conçus traditionnellement, les effets spéciaux et maquillages SFX sont saisissants et craspecs à souhait, renvoyant ainsi au cinéma d’épouvante des années 70 et 80 mais sans une once de cheap. S’il n’y a pas vraiment de repères spatio-temporels (on ne sait pas où ça se passe ni quand), certains détails, par exemple le look des personnages, leur voiture et le fait qu’aucun d'eux n’ait de portable, peuvent indiquer que l’histoire se déroule dans les années 70, époque d'ailleurs particulièrement propice à l'héroïne (la drogue, pas le personnage). Paradoxalement, ce nouveau Evil Dead fait parfois plus penser à L'Exorciste ou au Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper (influences clairement revendiquées par le jeune réalisateur) qu’au Evil Dead de Raimi, ce qui n'est peut-être pas plus mal. Un aspect old school bienvenue et justifié, sans aucun cynisme.

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Après une introduction sans intérêt (clairement réservée aux non-initiés d’Evil Dead et aux adolescents) et une exposition pépère et banale, les morceaux de bravoure (douloureux et viscéraux) commencent à s’enchainer, chacun étant associé à un outil « judicieusement » exploité (le pistolet à clous, la scie électrique, la tronçonneuse, le cutter, la seringue…vous ne verrez plus ces instruments de la même manière). Un véritable manuel Mr. Bricolage pour le gore, auquel s'ajoute une multitude de détails crades (les chats crevés) et moments dégueulasses (notamment un beau vomi sanglant). Cet Evil Dead est aussi hardcore que l’était sa bande-annonce, sans pour autant céder aux sirènes du torture-porn ou de la violence racoleuse. Rien de surprenant dans ce flot d’atrocités gorasses souvent teintées d’un humour très noir (il n’est pas interdit d’en rire), mais c’est toujours bon de voir ça sur un écran de cinéma, surtout arrivé à la moitié d’une année 2013 particulièrement pauvre en sorties cinéma de films d’horreur (à retenir jusqu’ici, un autre très bon remake d’un classique de l’horreur : Maniac, quoiqu'il date plutôt de 2012). Fede Alvarez est loin d’avoir réalisé avec le final « la scène la plus gore de tous les temps » comme il l’a affirmé (nous l’invitons à revoir BrainDead ou Piranha 3D), mais ce climax est particulièrement stressant, nerveux et jubilatoire (cf. le coup de tronçonneuse ultime avec punch-line). Dans sa mécanique de la peur, Alvarez ne se repose pas uniquement sur les jump-scares et évoque parfois les films d’épouvante japonais, orientation d’ailleurs désirée par Sam Raimi dès le début du projet.

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Pas de bouffons dans la bande, constituée de personnages moins cons que ce qu’ils pouvaient être dans un La Cabane dans les bois (qui, justement, se moquait ouvertement du genre). 5 jeunes, comme dans le film de Sam Raimi : ça fait peu de victimes, mais elles en bavent assez longuement (comme les acteurs sur le tournage) pour qu’on ne s’ennuie pas une seconde dans ces 90 minutes bien corsées qui ne s'apesantissent pas dans les explications fumeuses. Hormis pour la séquence d’introduction sans grand intérêt, il n’y a ici pas d’autres acteurs à l’écran que Shiloh Fernandez (Dead Girl, Le Chaperon Rouge), Lou Taylor Pucci (révélation de Âge difficile obscur, vu ensuite dans The Informers, Southland Tales, Les Cavaliers de l’Apocalypse et Infectés) très convaincant et pas ringard malgré son look beatnik à sortir d’un Wes Craven des années 70, Jessica Lucas (Le Pacte du sang, Cloverfield, Amusement et…heu, Big Mamma 3), Elizabeth Blackmore (sans doute la plus à plaindre, vu ce qu'il lui arrive...) et surtout une Jane Levy habitée, mi-démon mi-héroïne. Ils ne feront pas oublier Bruce Campbell, Ellen Sandweiss, Theresa Tilly ou Betsy Baker, mais ces jeunes acteurs font bonne figure et ne se ridiculisent pas.

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Le peu de profondeur des personnages (une brève histoire de mère mourante lie le frère et la sœur, c’est tout) et la pauvreté des dialogues (mais on s'en foutait déjà dans le film original) sont compensés par une énergie et une inventivité constantes (et audacieuses par fulgurances) dans la narration et la mise en scène, jusqu'à une dernière partie jouissive dopée à la folie et à la fureur. Efficacement produit et vendu (y'a pas tromperie sur la marchandise), Evil Dead 2013 est à classer dans la catégorie réduite des vrais bons remakes 2000's des classiques de l'horreur seventies, auprès de L'Armée des morts, Massacre à la Tronçonneuse, La Colline a des yeux, La Dernière maison sur la gauche ou Maniac. Une suite est déjà en cours de route, toujours avec Fede Alvarez aux commandes, tandis que Sam Raimi planche sur un Evil Dead 4 officiel (les deux projets pourraient d'ailleurs être reliés)...

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A la fois fun et effrayant comme pouvait l’être le film de Sam Raimi, sans pour autant être « Le film le plus terrifiant que vous ayez jamais vu » (slogan marketing pompé sur l’affiche du Frontière(s) de Xavier Gens), cet Evil Dead cible aussi bien les vieux fans qu’un jeune public plus néophyte. Dans un exercice de style étonnement maitrisé pour un jeune réalisateur de 35 ans dont c'est le premier long-métrage, Fede Alvarez trousse un grand-huit horrifique généreux (les SFX et effusions gores/trash font franchement plaisir à voir, surtout au cinéma) sans grandes prétentions mais dans un premier degré qui n'empêche pas de s'amuser. On s'en souviendra pour une poignée de séquences d'anthologie (l'auto-amputation, le baiser dans la cave, l'affrontement final...). Mais le plus beau avec ce remake, c'est que son succès pourrait remettre en route le projet fantasmé d’un Evil Dead 4, ce que semblent d’ailleurs confirmer Sam Raimi, Robert G. Tapert et Bruce Campbell. Peut-être ce remake ne servait-il qu'à tâter le terrain et à rapporter de l'argent pour le VRAI nouveau Evil Dead à venir...

Critique de publiée le 25 avril 2013.

Que faut-il en retenir ?

  • Du vrai gore et des SFX saisissants
  • Une mise en scène efficace et inventive
  • Des séquences viscérales dégueulasses
  • Un style percutant
  • Un tremplin pour Evil Dead 4 !

Que faut-il oublier ?

  • Des personnages peu intéressants
  • Une intro sans intérêt
  • Pas de Ash...ou presque

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