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Critique du Film : Evil Dead
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Critique du Film : Evil Dead

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mercredi 2 novembre 2005 à 1032

Un dimanche à la campagne, sans Tavernier

Cinq jeunes gens décident de passer quelques jours dans une cabane isolée dans les bois, afin d’y prendre du bon temps. Arrivés sur place, ils découvrent que le précédent locataire a ‘’oublié’’ dans la cave une cassette audio ainsi qu’un étrange livre, à l’air très ancien, le Necronomicon. Excités à la vue de cette découverte, les vacanciers écoutent alors la cassette qui, en raison des invocations qu’elle contient, ramène à la vie le démon qui hante les bois alentours. Une longue et mortelle nuit de cauchemar commence…
Sur un scénario hyper simple qui n’en est finalement pas un, le jeune réalisateur, par des innovations artistiques et des bidouillages techniques, avait réussi à l’époque à créer un nouveau courant filmique, une griffe Sam Raimi, mêlant plans rapides et alternances de cadres. Un style qui allait faire des émules… et pas toujours des heureux.
En fait, si l’on s’attarde un peu sur l’analyse d’Evil Dead, on n’y voit en premier lieu qu’un trip hallucinogène, un cauchemar sous acides mis en image par un étudiant un peu potache. Cela est en partie vrai, mais cela ne suffirait pas à en faire un film terrifiant. En effet, le facteur le plus efficace que la plupart des nombreux plagieurs n’ont pas réussi à réitérer, c’est le pouvoir de suggestion de l’œuvre. Techniquement, si l’on se contente de diminuer ce chef d’œuvre à cet aspect, les armes de Sam Raimi – à l’époque désargenté – sont le hors-cadre et la vue subjective.
Le hors cadre est utilisé fréquemment dans la mise en ambiance, une application presque ‘’à la lettre’’ de la mentalité Lovecratienne. Raimi filme serré ces malheureux protagonistes, apeuré et regardant d’un œil inquiet les alentours, situés hors champ, et leurs réactions - souvent vives, exubérantes et terrifiés – sont cadrées de la même manière, appuyés par des effets sonores soudains – grincements, portes qui claquent, etc . Finalement, en même temps que les jeunes gens, et en y voyant encore moins qu’eux, on est jeté dans la fosse aux lions, et l’on se surprend presque à regarder derrière soi. Cette perte de repères est amplifiée par la déliquescence des appuis rationnels avec l’horloge devenue folle, les déformations des cadres, les mouvements de caméra réactifs et les bruits inhabituels. On ne voit rien et on ne verra rien…c’est l’innommable, l’abject, comme dirait un certain H.P…et ça fout les boules..
La vue subjective est surtout utilisée lors des désignations et des poursuites des futures victimes, à la manière d’un slasher movie. Rien de bien original, me direz-vous. Vous avez raison, pour le principe, mais Raimi surprend avec l’application technique de ce style narratif particulier et voyeuriste. Il nous transporte à sa manière dans cette créature hurlante et nous fait vivre une expérience inédite, filmée à raz du sol et lancée à pleine vitesse – Raimi a utilisé une caméra montée sur le cadre d’une mobylette, en déformant le son du moteur – derrière sa victime. Portes, fenêtres, buissons, tout s’ouvre devant elle – et nous - de manière maléfique, au fil de sa course prédatrice. On ne voit pas ce que l’on est, juste le visage terrifié de la future victime, qui dans sa fuite éperdue se retourne et nous regarde, comme si elle implorait notre pitié.
Inutile de dire que, au milieu de tout cela, lorsque les protagonistes tombent dans la démence, on y plonge aussi aisément. Et nous voila projeté dans un univers psychédélique et macabre, rempli de créatures hurlantes et démentes – comme la goule enfermée dans la cave - contaminées par Dieu seul sait quoi. La nature complètement dingue de la situation, l’hystérie dégagée par ces jeunes gens plongés en plein cauchemar, nous fait oublier l’approximation et le niveau quasi amateur des effets gores, assez ‘’cartoonesques’’, mais qui colle parfaitement au monde halluciné dans lequel nous a amené Sam Raimi. Fan de gore, le réalisateur se déchaîne; éventrations, décapitations, décomposition des corps sont au programme de cette visite des Enfers.
Evil Dead a également rendu populaire le comédien qui interprète Ash, le héros, le seul qui atteint - pas très - sain et sauf l’aube matinale. Mais dont la fin ouverte n’augure rien de bon pour lui. Ce jeune acteur, nommé Bruce Campbell, est un ami des frangins Raimi, et son interprétation complètement dingue va le faire entrer de plein pied dans le panthéon des grands acteurs du B movie horrifique, en compagnie de Jeffrey Combs, George Eastman et autres Robert Englund. Un acteur trop rare, dernièrement extraordinaire dans le délirant Bubba-Ho-Tep.

La conclusion de

Difficile de porter un jugement sur ce monument d’ingéniosité et de culot qu’est Evil Dead. Même si le film a un peu vieilli, il garde, comme la plupart des classiques, une grande partie de son efficacité et il continue même à réussir à flanquer la frousse aux néophytes. Bien sur, il n’est pas parfait, il est difficile de réaliser un film gore doté de nombreux effets spéciaux avec trois francs six sous, mais ces petites faiblesses sont largement compensées par une terrible efficacité et une réalisation vraiment flippante.

Que faut-il en retenir ?

  • Réalisation culottée et innovatrice.
  • Bruce Campbell, génial.
  • Ambiance démente.
  • Montage efficace et nerveux.

Que faut-il oublier ?

  • Des effets spéciaux un peu légers.

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