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Critique du Film : Priest
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Critique du Film : Priest

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mercredi 3 août 2011 à 1816

Le bon, la brute et le vampire

Créatures sanguinaires et nocturnes, les vampires ont failli provoquer la disparition de l’humanité. A partir de leurs bases, d’immenses ruches souterraines, elles se sont jetées sur le monde, avides de sang frais, lancées dans une quête permanente de nouvelles proies. La guerre entre les deux races dura des siècles et fut terriblement destructrice. Finalement, grâce à la vaillance d’un nouveau corps de moines soldats, les Prêtres, la victoire revint aux humains. Cependant, les dégâts ne purent être consolidés et le visage du monde en resta définitivement changé. Revenu à un âge ancien, regroupé dans des immenses cités bâties sur un sol irradié, l’homme vit cloitré sous la domination d’un ordre religieux totalitaire. Seuls quelques courageux colons et autres hors-la-loi ont choisi de vivre une existence difficile, mais plus libre, dans les Terres Ravagées. Les vampires survivants, quelques poignées, ont été enfermés dans des prisons blindées. Quand aux Prêtres, mis à la retraire forcée par un Ordre qui craignait trop leur puissance, ils errent désormais comme des âmes en peine. Priest raconte l’histoire de l’un d’eux...

Après un Légion - L'Armée des anges de triste (ou désopilante, selon le point de vue sur lequel on se place) mémoire, le spécialiste des effets spéciaux Scott Charles Stewart nous revient avec un nouveau film fantastique à l’ambiance crépusculaire et horrifique. En effet, avec avoir répandu sur terre des engeances grouillantes et rampantes - accompagnées d’archanges bling-bling - voilà qu’il jette à la face de l’humanité des vampires bestiaux aux allures d’aliens. En effet, dans cette adaptation d’un manhwa de Min-Woo Hyung, les vampires rencontrés se positionnent très loin du cliché gothique, même si quelques une des caractéristiques y sont récupérées (comme la nature de leurs points faibles). Au sein de cet univers post-apocalyptique qui brasse éléments de western et de société industrielle, les vampires sont des prédateurs nocturnes agissant en meute, se déplaçant autant sur deux que sur quatre membres. Dotés d’un intellect limité, ils obéissent à un système social de type ruche (soldats, ouvriers, gardiens), chacune de ces ruches étant placée sous l’autorité d’une reine.

Le scénario de Cory Goodman (Apollo 18) tourne autour d’un prêtre, interprété par Paul Bettany. Un jour, il apprend que la famille de son frère, qui vit dans les Terres Ravagées, a, si l’on en croit les rumeurs, été victime d’un raid de vampires en cavale. Sa belle-sœur a été tuée dans l’attaque, son frère grièvement blessé et sa nièce enlevée. Le prêtre sollicite alors auprès de l’Ordre l’autorisation de se rendre sur place pour mener sa propre enquête. Comme cela lui est refusé, il décide de braver l’interdiction et, de ce fait, se met en situation de hors-la-loi (excommunié, défroqué et tout le tintouin…).  Rendu dans le désert, accompagné du petit ami de sa nièce, poursuivi par des prêtres mandatés par l’Ordre, il va alors découvrir que derrière ce raid se cache un danger nettement plus grand, et voir ressurgir, contre toute attente, des éléments de son passé. A la lecture de ce résumé, vous ne manquerez pas de constater que l’on ne se situe pas loin du stéréotype du justicier solitaire, d’autant plus proche d’un personnage «leonien» que l’histoire se déroule dans un univers western déformé.

Pour ce qui est des espérances d’avant séance, dire que l’on attendait plus grand chose du travail de Scott Charles Stewart tient de l’euphémisme. Faut-il rappeler que l’homme avait fait fort avec Legion, tournant en ridicule un pitch original plein de promesse et un script riche en possibilités ? Legion était un véritable aveu d’incompétence, apte à nous réconcilier avec un Michael Bay (non, je plaisante). Avec Priest, il se rattrape un peu tout en affichant toujours les mêmes faiblesses artistiques et intellectuelles. En fait, en s’attardant un peu sur le sujet, l’on s’aperçoit que, tout comme Legion, ce film fourmille de bonnes petites idées. L’on devine aussi aisément que la démarche était de donner vie à un métrage riche en influences diverses (le western, la SF spéculative, l’horreur gothique, le post-apo madmaxien, le survival gore...) mais mis en forme de manière à obtenir un spectacle original. C’est tout à leur honneur. Le problème est que le tout use de clichés et de références de manière si pachydermique que l’œuvre en devient indigeste. Lorsque l’on découvre cette société théocratique au fonctionnement propre au débat, cette race vampire dont l’originalité méritait que l’on s’y attarde plus, ces Badlands futuristes, l’on se dit qu’il est vraiment dommage que le projet ait été confié à ce gros bourrin de Scott Charles Stewart.

Force est de dire aussi que Scott Charles Stewart ne se contente pas d’être un disciple de Dominic Sena ou, pour rester dans le domaine du fantastique, de Patrick Lussier, tous deux "docteur es bourrinage". Il est également très à son aise quand il s’agit d’offrir au public des scènes de combat à la virtuosité proche de zéro. Ainsi, techniquement parlant, les moyens et leurs mises en place sont là, la photographie est belle, les chorégraphies convenables et les décors parfois surprenants (comme cette attaque de train, façon western, portée dans un univers de SF), seuls les effets spéciaux sont parfois trop perfectibles. Mais, voilà, il manque à Scott Charles Stewart ce sens de la cinégénie, ce plus qui permet au réalisateur de placer avec justesse sa caméra, cette intuition qui inspire le plan qui fait mouche. Attention, le résultat n’est pas calamiteux (Scott Charles Stewart n’est pas Uwe Böll, quand même), il est même parfois de bonne facture, mais Priest, même dans ses moments les plus intenses, peine à nous enthousiasmer, voire à nous divertir. Par excès de maladresses, il dérive parfois même vers le nanar…

Pour ce qui est de l’interprétation, le film met en vedette Paul Bettany (qui rempile avec Stewart donc) et Karl Urban, deux comédiens au potentiel charismatique incontestable. Ici, ils payent tous deux un peu le manque de corps de leurs personnages et sont victimes de la prévisibilité de leur dualité (le méchant a beau cacher son visage, durant une grand partie du métrage, sous son stetson noir, on devine très vite son identité). Mais bon, à coté de cela, les deux comédiens possèdent de vraies gueules de cinéma et assurent correctement leur humble tache. Moins de chance pour le personnage principal féminin, extrêmement mal construit, qui a été confié à Maggie Q. La pauvre comédienne, obligée de s’infliger un récital de répliques stupides et puériles, ne se voient concurrencée dans le registre du ridicule que par Cam Gigandet, qui incarne le personnage sidekick absolument dispensable.

La conclusion de

Bien qu’il soit moins mauvais, Priest évoque un peu Legion. En effet, on se retrouve une nouvelle fois avec un concept intéressant, riche de quelques bonnes idées, victime d’un réalisateur affichant la même sensibilité artistique qu’un grizzly. Le résultat est donc aussi bourrin que mal foutu. Dommage, car, franchement, j’ai été séduit par cet univers post-apocalyptique bien sombre, avec des vampires qui se démarquent par rapport aux modes actuelles. Restent quelques passages sympathiques (comme l’attaque du train), malgré des effets spéciaux souvent perfectibles.

Que faut-il en retenir ?

  • Un concept intéressant
  • De bonnes idées
  • Graphiquement accrocheur
  • Des vampires originaux

Que faut-il oublier ?

  • Une réalisation peu inspirée
  • Trop de clichés
  • Un traitement trop superficiel
  • Des FX perfectibles
  • Des dialogues débiles

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