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La tête arrive - Le grand Nocturne >

Critique de la Bande Dessinée : La tête arrive - Le grand Nocturne

Avis critique rédigé par Vincent L. le jeudi 9 décembre 2010 à 23:25

Un épilogue convaincant, mais trop rapide...

Après avoir passé trois tomes à poser patiemment tous les éléments de l'intrigue, et deux autres à faire avancer les évènements, Serge Lehman et Fabrice Colin arrivent désormais à ce sixième et dernier volume censé conclure l'histoire développée dans La Brigade Chimérique. Choses promises, choses dues, les deux auteurs n'essaient pas nous faire passer des vessies pour des lanternes, et ne nous livrent pas non plus une conclusion tiède ouvrant la voie à d'autres développement. La trame scénarisitique s'arrête là, les super-héros européens, comme prévu, y disparaissent définitivement, en même temps que l'Europe sombre d'un seul coup dans l'horreur de la seconde guerre mondiale. L'épilogue, tout en subtilité, explique l'inexplicable, et renvoie immédiatement à l'ère des comics américain. Sur le fond, l"épilogue livré par les auteurs est brillant... sur la forme, en revanche, il se peut que cette conclusion déçoive un certain nombre de lecteurs.

En effet - et c'est un repproche que l'on peut finalement étendre à tout le reste de la saga - si Lehman et Colin ont livré un tome très abouti sur le fond, ils lui ont cependant sacrifié la forme qui, elle, s'avère bien plus moyenne. Le propre de tout chef-d'oeuvre est de trouver un juste équilibre entre les deux, faire quelque chose de spectaculaire et de prenant - on reste dans le genre des super-héros - tout en lui adjoingnant plusieurs degrés de lecture qui rendent la chose intelligente et subtile. Mais si on ne peut dénigrer ni l'intelligence ni la subtilité du propos, la partie spectaculaire est quant à elle réduite à peau de chagrin. En somme, on se retrouve face à une oeuvre certes complexe et plurielle, mais dont la conclusion souffre d'un vrai manque au niveau de la tension, du suspens, et de tous ces ingrédients totalement indispensables à un climax digne de ce nom.

L'affrontement final entre la Brigade Chimérique et le gang de M - physiquement parlant - s'apparente ainsi à un petit feu de paille qui laisse considérablement sur sa faim. En gardant un déroulé similaire, on aurait tout de même aimé quelques fulgurances pour nous offrir de jouissifs combats entre ces personnages métaphoriquement très marqués. Mais après seulement trois petites pages d'action, tout finit par se résoudre sur la base de dialogues entre les parties adverses ; la frustration est d'autant plus forte que la Brigade Chimérique nous aura été présentée en plus de deux tomes complets, et sera finalement tombée en l'espace de seulement quelques pages. Au niveau de la construction scénaristique, le déséquilibre entre ces deux phases plombe réellement une conclusion que l'on pensait plus ambitieuse.

Cependant, cela ne retire pas tout intérêt à ce dernier volume - et par extension au reste de la saga - car la défaite de la Brigade Chimérique, et plus encore l'épilogue concluant l'intrigue, s'inscrit dans une histoire intelligemment pensée. Conçue de manière très métaphorique, la conclusion de la saga permet de raccrocher les évènements racontés à l'histoire réelle, aux discours facistes et autres méta-discours idéologiques, aux éléments les plus sombres de la seconde guerre mondiale (le camp d'Auschwitz notamment, qui se retrouve finalement au centre des choses via une fin symboliquement très forte), et ainsi pouvoir fusionner deux univers que l'on pensait antinomique. Par extension, la fin des surhommes européens est astucieusement mise en adéquation avec l'apparition des super-héros américain ; si cette partie de l'épilogue n'est pas aussi spectaculaire que l'on pouvait l'imaginer, son inventivité et son pessimisme parviennent à rééquilibrer la balance.

C'est dans cette cruauté liée au pessimisme et aux désillusions que ce dernier tome trouve toute sa saveur. Mis au pied du mur après le dramatique échec de la Brigade Chimérique, les personnages fuient, se morphondent, perdent leurs espoirs voire semblent condamnés à ne plus vivre que dans les regrets. Le Nyctalope, qui a tout au long de la saga, développé une personnalité passionnante - l'un des personnages de BD les plus réussis de ces dernières années - à le droit à une conclusion à la hauteur de ses actes. Quant au petit Michel, pourtant personnage sans grande importance sur dans trame générale, les dernières images relatives à ce personnage sont fortes d'une véritable cruauté morale. En somme, rien ne finit bien pour personne, mais rien ne se termine exactement comme on avait pu le déviner (sauf le devenir du gang M, quelque peu caricatural même si totalement inéluctable).

Pris dans sa globalité, La Brigade Chimérique s'avère être une oeuvre particulièrement intéressante, mais qui souffre, presque tout au long de sa construction, de l'inadéquation de son format éditorial par rapport à ses ambitions. On poura peut-être repprocher à Serge Lehman et Fabrice Colin de ne pas avoir su optimiser au mieux l'espace donné, et ainsi avoir fait privilégier le fond sur la forme - faire le choix inverse aurait été encore moins pertinent - mais au vu de ces contraintes matérielles, il apparaît clairement qu'ils ne pouvaient pas réussir faire cohabiter le côté spectaculaire propre aux super-héros avec cet aspect intimiste qui fait tout le sel de l'oeuvre. Un format BD traditionnel aurait très certainement pu marier ces deux optiques, et permettre à l'histoire racontée de prendre plus d'ampleur, plus d'envergure.

Enfin, pris dans son ensemble, le travail de Stéphane Gess et de Céline Bessonneau, sur la forme, est bien plus impressionnant qu'il n'y paraît au premier abord. Loin des stéréotypes visuels propres au oeuvres de comics, tout deux ont réussi à donner un style visuel fort et unique à la Brigade Chimérique. Cela peut, certes, rebuter au premier abord - à l'image de tout ce qui sait trancher avec les canons habituels - mais toute cette esthétique se révéle, au fil des pages et des tomes, à la fois riche et surprenante. Son dessin rappelle ainsi quelques grands classiques du comics américain - Mike Mignola pour Hellboy notamment - mais également les styles suréalistes et expréssionniste du vingtième siècle. D'une manière générale, le dessin de Stéphane Gess a parfaitement collés aux différentes idées écrites par Serge Lehman et Fabrice Colin.

 

Lire la critique du volume précédent

Lire la critique de l'Encyclopédie

75

Ce tome final de la Brigade Chimérique est à la fois très intelligent et extrêmement frustrant. Ainsi, si on ne pourra pas reprocher à Serge Lehman et Fabrice Colin d'avoir pris leurs lecteurs pour des imbéciles, leur propension à sacrifier la forme au fond - mais avaient-ils vraiment le choix ? - amoidrit la force dramatique de cette conclusion. Ainsi, si l'on est bluffé par les révélations finales, la noirceur de l'épilogue et la maestria du raccrochage à la réalité historique, le tome souffre malgré tout d'une petite fadeur quant à la résolution trop rapide des évènements. Malgré cela, pris dans sa globalité, La Brigade Chimérique n'en demeure pas moins une saga très intéressante, passionnante sur de nombreux points, au développement bien maîtrisé, et qui mérite que l'on s'intéresse à elle malgré la somme de ses petits défauts.

Critique de publiée le 9 décembre 2010.

Que faut-il en retenir ?

  • Une conclusion sombre et inattendue,
  • Un épilogue astucieux,
  • Des métaphores intéressantes,
  • Une intrigue globalement riche et intelligente,
  • Un dessin parfaitement adapté.

Que faut-il oublier ?

  • Une conclusion peut-être trop inattendue,
  • Sacrifie la forme au fond,
  • Un combat final décevant.

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