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Critique de la bande dessinée : Cagliostro - La chambre ardente Tome 2 [2009], par Vincent L.

Avis critique rédigé par Vincent L. le samedi 27 novembre 2010 à 16h13

Les éléments sont patiemment posés...

Les super-héros européens sont voués à disparaître, d'une manière ou d'une autre, et la longue série d'évènements qui va mener à cet état de fait s'est déjà amorcée... Après un premier tome posant les grandes bases de l'univers et décrivant les divers acteurs majeurs de l'intrigue (physiques comme politiques), Serge Lehman et Fabrice Colin s'intéressent cette fois à celui qui en sera le personnage principal. Le focus est donc mis sur Jean de Severac tout au long de ce volume, sur sa nature et, par son entremise, sur les personnages de George Spad et de Irène Joliot-Curie. Une nouvelle fois, à la manière d'un périodique, l'album est divisé en deux parties - Cagliostro et La chambre ardente - qui vont, sur le fond, raconter deux histoires différentes (l'attaque de Cagliostro et le retour de L'homme Elastique), lesquelles qui seraient presque anecdotiques si elles n'aboutissaient finalement pas au retour de la mythique Brigade Chimérique.

La nature même des pouvoirs de Severac obligeait à le sortir du contexte géopolitique pour un moment afin que l'intrigue puisse avancer en toute sérénité (on retrouve là le problème posé par les personnages puissants dans l'univers des comics - à l'instar du Docteur Manhattan de Watchmen - qui nécessitent obligatoirement de les évacuer un temps de l'histoire pour pouvoir garder une cohérence scénaristique). La difficulté, après avoir sorti de tels personnages, se situe dans le fait de les réintroduire dans la trame globale. Lehman et Colin ont choisi de travailler ce retour, plutôt que de l'expédier de manière anecdotique, posant ainsi des bases solides pour décrire ce super-héros important, et ainsi susciter la sympathie du lecteur à son égard. L'ensemble des pages de ce second tome va ainsi présenter son caractère, son passé, ses relations avec l'Institut du Radium, et enfin le réveil de ses pouvoirs face à un puissant super-vilain.

Le principal défaut de cet album est nature similaire à celui que l'on avait déjà pu trouver dans le premier tome, à savoir la propension qu'ont les deux scénaristes à faire privilégier la trame principale à celle des sous-intrigues. Ainsi, tout l'aspect action qui caractérise le genre est expédié de manière très frustrante, et ce à l'image du "combat" qui oppose la Sorcière Palmyre à Cagliostro à la fin de la première histoire, et qui est résolue en juste six vignettes. Si la débauche de scènes d'action inutiles est un travers dans lequel sombrent souvent les comics, le traitement très minimaliste voulu (ou imposé par le format éditorial) déçoit. Les méchants paraissent plus stupides qu'autre chose étant donné l'aura de super-puissance dont disposent les gentils pour les calmer rapidement. Bien que ce travers connaisse une nette amélioration dans la seconde histoire, il n'empêche que la moitié de ce volume laisse malgré tout le lecteur sur une impression négative.

En parfait contrepoint de cette première partie quelque peu bancale, la seconde histoire relève efficacement le niveau de ce second tome. Pour la première fois, un combat prend véritablement de l'envergure dans Brigade Chimérique ; cela est d'autant plus réjouissant qu'en plus de cet aspect spectaculaire - quatre super-héros contre un super-vilain issu d'expériences malencontreuses - cela est parfaitement intégré et jutifié par l'histoire (ce que n'était pas l'attaque de Cagliostro dans la première partie, que l'on sentait être là juste parce qu'il en fallait une). Le cocktail est véritablement bien dosé, entre histoire, révélations cruciales et action. Visuellement, le travail de Stéphane Gess est en parfaite adéquation avec le texte, celui ci faisant preuve d'énormément de créativité lorsqu'il s'agit d'introduire des flashbacks, et conservant son style vintage certes difficile d'accès, mais offrant au scénario un cachet particulier.

De plus, à côté de cela, l'univers décrit gagne véritablement en profondeur, mettant une personnalité historique au coeur de l'histoire - Marie Curie - tout en lu adjoignant des super-héros issus de l'imagination des auteurs - Docteur Sérum, le Baron Brun, Le Soldat inconnu et Matricia. Cet habile patchwork, qui faisait déjà la force du premier opus, renforce les impressions nées de la lecture du tome précédant quant à la grande richesse du monde créé par Serge Lehman et Fabrice Colin. Il est cependant dommage que les personnages - qui se trouvent pourtant au coeur de l'intrigue - n'y gagnent toujours pas en charisme. A l'exception de Severac, sur lequel repose tout ce volume, et du Nyctalope, qui devient de plus en plus délicieusement détestable, les autres semblent destinés à ne pouvoir rester qu'en arrière-plan (même si certains, notamment George Spad, possèdent un véritable potentiel que l'on a envie de voir exploité).

A priori, les choses devraient passer à la vitesse supérieure dans le troisième tome, les grandes lignes de l'intrigue ayant été posées, on a désormais hâte de voir où les auteurs veulent précisément nous emmener, et quelle sera l'évènement qui marquera la fin des super-héros européens. D'autant que, de manière très habile, ils savent conclure leurs histoire de de bons cliffangers. Si le premier demeure plutôt anecdotique - même s'il permet de mieux saisir certains éléments de l'univers - celui qui termine la deuxième histoire est juste remarquable, réussissant à donner envie de se plonger immédiatement dans la suite. Finalement, si le résultat est à la hauteur de nos attentes, avoir patienté deux albums pour voir les choses débuter aura été une contrepartie hautement acceptable.

 

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La conclusion de à propos de la Bande Dessinée : Cagliostro - La chambre ardente Tome 2 [2009]

Vincent L.
65

Après avoir exposé l'univers et ses enjeux dans le premier tome, Serge Lehman et Fabrice Colin présentent le personnage central de l'intrigue tout au long de ce second volume. Ainsi, étant donné que l'histoire en est encore à sa phase introductive, et que sont patiemment mis en place tous les éléments essentiels au déroulé de l'intrigue, on pourra trouver ce second volume un peu mou dans son déroulé. L'impression est d'autant plus renforcée que la première histoire racontée, Cagliostro, manque sérieusement de punch (un combat final évacué en six vignettes). Reste malgré tout une seconde histoire plus approfondie - et nettement plus passionnante - qui se termine sur un cliffangher assez réjouissant. Vivement que les choses entrent dans le vif du sujet !

Que faut-il en retenir ?

  • Conserve tous les points forts du premier volume,
  • Un univers de plus en plus passionnant,
  • Une seconde histoire bien concue,
  • Le Nyctalope, qui prend ici une véritable envergure,
  • Le cliffanger final.

Que faut-il oublier ?

  • Des personnages qui manquent encore de charisme,
  • Une première histoire décevante dans son déroulé,
  • L'intrigue principale, qui n'a toujours pas débuté,
  • Prix de vente un peu élevé.

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