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Critique du Film : Sherlock Holmes
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Critique du Film : Sherlock Holmes

Avis critique rédigé par Vincent L. le dimanche 7 février 2010 à 1335

Quand Holmes s'apparente à un super-héros...

Plus les années passent, et plus Guy Ritchie s'avère être un cinéaste on ne peut plus inégal. Passé ses premières années très tarantinesques, ce dernier a vu sa filmographie s'alourdir du poids de nanars impardonnables, que ce soit dans le produit très commercial - A la dérive - ou dans l'oeuvre faussement conceptuelle - Revolver. Si son Rock'n'rolla lui avait permis de revenir un tout petit peu en odeur de sainteté, rien ne laissait pourtant espérer que son adaptation cinématographique du célèbre détective de Baker Street puisse s'avérer un tant soit peu intéressante. Les choses sentaient même particulièrement mauvais, et ce d'autant que derrière le chéquier se trouvait ce gros bourrin de Joel Silver - le passé nous a déjà prouvé que lorsque que Silver s'attaque à une oeuvre, celle-ci ne s'en remet que très rarement - et que le scénario était signé par Simon Kinberg - dont le peu convaincant Jumper est ce qui peut s'apparenter à son meilleur écrit.

Et pourtant, parfois, les équipes les plus désastreuses peuvent accoucher de long-métrages surprenants - à l'image du Je suis une légende du duo Lawrence/Goldsman - en témoigne ce Sherlock Holmes, blockbuster hollywoodien à l'ambiance très british, qui s'avère être l'une des meilleures adaptations que l'on ait pu voir ces dernières années. A contre-courrant de la vague "puriste" actuelle, qui consiste à transposer de manière quasi-identique des matériaux aux cinéma - et dont Watchmen et La route sont les fers de lance - annihilant tout véritable processus créatif, le scénario de Simon Kinberg reprend de manière très fidèle ce qui constitue le fond de l'oeuvre de Sir Arthur Conan Doyle, mais en le réinterprétant et en le réinventant, donnant à ce personnage particulier une forme différente. Fini les aventures pépères inscrites dans l'imaginaire collectif, Sherlock Holmes version 2010 rajeunit les personnages, les transformant en ce qui s'apparente à de véritables super-héros victoriens.

Le Sherlock Holmes proposé dans cette version garde ainsi toutes les caractéristiques du personnage décrit par Doyle dans ses nouvelles, mais sont réinterprétées pour le transformer en une sorte de super-héros. Loin de se limiter à la simple capacité à résoudre des énigmes, le don de Holmes lui sert ici à maximiser ses compétences de combat, sachant, en observant son adversaire, se projeter dans un combat fictif qui lui montre où et quand frapper. De la même manière, Watson garde ce même passif d'ancien combattant, mais son grand rajeunissement le transforme, de manière fort logique, en un action-man crédible. Sur la forme, les aventures de Sherlock Holmes subissent donc un lifting assez radical, pourtant, sur le fond, l'esprit de l'oeuvre littéraire ne semble à aucun instant trahi ou bafoué. Bien sur, le changement de ton fera hurler les puristes, mais regardons les choses en face, on n'avait encore jamais vu ce binôme Holmes/Watson sous cette forme.

Et c'est d'ailleurs en cela que le film tire l'une de ses grandes forces ; il n'est pas nécessairement surprenant de voir que Robert Downey Jr. est une nouvelle fois absolumenent génial, ou que Jude Law campe un Watson convaincant, mais il est très agréable de s'apercevoir qu'à l'écran, leur binôme fonctionne parfaitement, une alchimie bien particulière passant assez visiblement entre les deux hommes. Servis par des lignes de dialogues vraiment bien pensées, les deux comédiens s'en donnent à coeur joie pour introduire dans le film un humour subtil, so british, loin de cet humour très conventionnel que l'on trouve habituellement dans les blockbusters. Si la relation Holmes/Adler n'arrive malheureusement jamais à égaler cette intensité - la faute à une Rachel McAdams qui, bien que techniquement pas mauvaise, se trouve totalement effacée par le charisme de Robert Downey Jr. - elle apporte également son lot de scènes savoureuses.

L'histoire en elle-même ne dispose malheureusement pas du même niveau d'écriture. Classique, voire convenue, l'enquête menée par Holmes contre le diabolique Lord Blackwood souffre assez clairement d'une prévisibilité certaine. Si l'on pourra convenir que ce côté prévisible démontre plus une fidélité à l'oeuvre d'origine qu'une maladresse d'écriture, cela à pourtant pour conséquence le fait que le film tire quelque peu en longueur, s'étirant parfois plus que de raison sur près de deux heures dix et souffrant quelques petites chutes de rythmes qui ponctuent ainsi l'avancée du film. Heureusement, derrière la caméra, Guy Ritchie confirme qu'il est un bon faiseur en donnant au film une cadence qui empêche le spectateur de s'apercevoir de ces quelques failles - lesquelles ne résisteront pourtant pas à une seconde vision - que ce soit dans les scènes d'actions comme dans les moments plus verbeux.

Techniquement, le film est en revanche beaucoup plus moyen, chose vraiment étonnant dans un blockbuster signé Joel Silver - lequel n'est pas spécialement connu pour ses productions fauchées. Sans être totalement catastrophique, la reconstitution du Londres victorien façon numérique n'est jamais réellement convaincante, et les décors concrets, sans être ratés, ne peuvent difficilement se différencier de simples accessoires de téléfilm. De plus, le film souffre d'une photographie visiblement voulue sophistiquée, mais dont le résultat final s'avère vraiment hideux. Il est en revanche intéressant de noter que la partition de Hans Zimmer est réellement réussie, nettement plus inspirée que ses derniers essais solo qui se contentaient de reprendre une formule utilisée ad nauseam.

La conclusion de

Parce qu'il s'appuie sur un scénario réellement qualitatif, Sherlock Holmes version 2010 s'avère être un blockbuster particulièrement remarquable sur de nombreux points, et notamment dans sa manière de réinterpréter les codes des écrits d'Arthur Conan Doyle tout en en étant paradoxalement très respectueux. Le long-métrage de Guy Ritchie est donc au final une oeuvre audacieuse qui mérite d'être découverte, mais qui risque cependant de fortement déplaire aux puristes.

Que faut-il en retenir ?

  • Une excellente adaptation,
  • Un binôme de comédiens qui fonctionne à merveille,
  • Des dialogues bien écrits,
  • Réalisation sans génie, mais efficace,
  • Une bande originale sympathique.

Que faut-il oublier ?

  • Techniquement pas exceptionnel,
  • Histoire très prévisible qui tire un peu trop en longueur.

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