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Sherlock Holmes 2 >

Critique du Film : Sherlock Holmes 2

Avis critique rédigé par Vincent L. le mercredi 25 janvier 2012 à 13:38

Le plat est réchauffé, mais il est bon...

Démarrée dans la foulée du succès surprise du premier opus, la production de cette suite aux aventures de Sherlock Holmes made-in-Joel Silver se sera fait très rapidement. Alors qu'il n'était pas envisagé de remettre le couvert aussi vite (Robert Downey Jr. a du quitter Cowboys et Envahisseurs, sur lequel il s'était engagé), toute la machinerie hollywoodienne a été activée au quart de tour pour pouvoir surfer sur l'effet de mode provoqué par le long-métrage de Guy Ritchie. Ainsi, là où certains blockbusters prennent leurs temps entre chacun de leurs opus pour pouvoir mûrir (il se sera passé quatre ans entre The Dark Knight et Dark Knight rises par exemple), on sentait une grande précipitation dans la mise en chantier de ce second film, comme si les producteurs avaient peur que le public se désintéresse soudainement du personnage (pourtant redevenu tendance) et que cette suite subisse un échec au box-office.

Il ne se sera donc passé que deux ans entre les sorties respectives des deux films, deux années pendant lesquelles le film entier a été conçu, de l'écriture du scénario au tournage, en passant par toute la post-production et l'incontournable phase promotionnelle. Le risque était donc d'avoir une suite bâclée, faite à la va-vite pour surfer sur un succès commercial mais sans jamais prendre en compte les désirs du public (ce qui est fréquent dans les suites produites par Joel Silver), ne s'appuyant que sur la renommée de son interprète principal pour engranger des billets verts. Au final, si cette précipitation dans la conception du film se ressent au travers d'un sérieux manque de surprise, ce Jeu d'Ombres se pose néanmoins comme une suite cohérente, qui parvient même à poursuivre avec un certain brio la relecture quelque peu culotée du mythe de Sherlock Holmes mise en place dans le premier long-métrage.

La formule du premier film a donc été reprise à l'identique, ce qui confère malheureusement à cette suite un sérieux déficit en originalité. C'est là que la phase de pré-production, que l'on imagine torchée à la va-vite, montre les faiblesses du processus. La mise en scène de Guy Ritchie se contente ainsi de reprendre la formule mise en place précédemment, mais sans rien y apporter de nouveau. Alors certes le plat est bon (la réalisation, sans être géniale, donne au film un certain rythme), mais il sent tout de même le réchauffé, et il aurait été sympathique de proposer un peu de neuf dans le traitement pour agrémenter le tout. Cela se ressent également - et cette fois de manière bien plus génante - par rapport aux scènes d'action, globalement moins maîtrisées - parce que moins préparées ? - que dans le premier volet, avec beaucoup plus de shaky-cam qui rendent certains passages difficilement lisibles.

Fort heureusement, on retrouve également tout ce qui faisait la force du premier volet, et notamment un binôme Holmes/Watson qui fonctionne du tonnerre. Certes, Robert Downey Jr. et Jude Law ne livrent pas des prestations extraordinaires, mais ils maîtrisent impeccablement leurs personnages et parviennent à créer un alchimie qui fonctionne à l'écran (la retenue de Law est le parfait contrepoint au cabotinage de Downey), tout en étant servis par de savoureuses joutes verbales. D'une manière générale, sans être génial, le casting s'avère convaincant (Jared Harris et Stephen Fry sont impeccables), et ce même si les actrice peinent à composer avec des personnages féminins mal mis en valeur (une constante chez Ritchie). On retiendra également la fidélité à l'oeuvre de Conan Doyle qui, malgré une différence de traitement radical quant à la forme, parvient à conserver tout ce qui fait le fond et l'esprit des nouvelles (dans le final notamment).

Au niveau des nouveautés, Jeu d'Ombres met en scène la confrontation entre Sherlock Holmes et celui qui est, dans l'imagerie populaire, considéré comme son nemesis : le professeur Moriarty (qui, en fait, est beaucoup plus anecdotique dans les écrits d'Arthur Conan Doyle). Bien plus intéressant que ne l'était Lord Blackwood, il tient ici le rôle que l'on attendait de sa part, celui du brillant criminel, pendant "maléfique" et adversaire machiavélique du héros. Le moins que l'on puisse dire, c'est que le résultat final est loin d'être décevant, Moriarty s'avérant être un méchant très réussi, ses confrontations verbales avec Sherlock Holmes - assez classieuses - constituant clairement les meilleurs passages du film (toute la dernière séquence, traitée comme une partie d'échec entre les deux hommes, donne au film un final à la hauteur de son déroulement).

Autre excellente surprise, le scénario de Kieran et Michele Mulroney parvient à contourner l'une des principales faiblesses du premier opus. Ainsi, en délaissant l'aspect "enquête" pour un traitement basé sur une course-poursuite, le scénario rend les finalités plus difficiles à décrypter que dans le précédent film (où les tenants et aboutissants pouvaient être éventés dès le premier tiers du film). Le plan du professeur Moriarty, construit à la façon d'un puzzle dans les grandes villes européennes, s'avère ainsi passionnant à suivre. Dommage, cependant, qu'au delà de sa construction formelle, son but ultime reste malheureusement très quelconque. De la part de celui qui est présenté comme le plus grand génie criminel de toute l'Europe, on aurait aimé quelque chose de plus ambitieux, de moins commun ; finalement, au delà se son plan brillant, le bonhomme s'avère être un méchant comme tous les autres.

75

Sherlock Holmes 2 s'inscrit dans la continuité de son prédécesseur en poursuivant cette relecture non conventionnelle des aventures du célèbre détective de Baker Street. En mettant de côté l'aspect "enquête" au profit d'un traitement "course-poursuite", les scénaristes contournent astucieusement le point faible du premier opus pour proposer une intrigue moins aisément décryptable par le spectateur, le tout en restant fidèle à ce qui fait le fond du matériau d'origine. Au final, malgré un manque flagrant d'innovation dans le travail de Guy Ritchie - l'effet de surprise est bel et bien passé - ce Jeu d'Ombres se pose donc comme une suite cohérente, qui devrait réjouir celles et ceux qui ont aimé le premier film.

Critique de publiée le 25 janvier 2012.

Que faut-il en retenir ?

  • Une suite cohérente,
  • Le binôme Holmes/Watson,
  • D'excellentes joutes verbales,
  • Une réalisation efficace,
  • Une histoire bien menée, qui respecte à sa manière l'oeuvre d'origine.

Que faut-il oublier ?

  • Plus vraiment de surprise,
  • Des scènes d'action souvent brouillonnes,
  • Le plan de Moriarty, affreusement commun.

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