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Critique du Film : Avatar
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Critique du Film : Avatar

Avis critique rédigé par Nicolas L. le vendredi 8 janvier 2010 à 1737

Spectacle son et lumière sur Pandora

Vivant un rapport fusionnel avec le biotope de la luxuriante Pandora, le peuple Na'Vi, espèce anthropomorphe présentant des individus de grande taille et dotés d'un épiderme bleu, est le seul groupe communautaire organisé de la planète. Fédérés en tribus, les Na'Vi ont compris que leur survie dépendait uniquement de leur capacité à épouser leur environnement, sans rompre l’équilibre naturel des choses.
C'est alors que déboule sur ce paradis sauvage l'humain, accompagné de ses bruyantes machines d'acier et de son énorme suffisance. Représentée par une armée coloniale bourrue, main armée d'un consortium d'exploitants miniers, l'humanité a décidé d'annexer les lieux, de saccager l'écosystème et de "civiliser" les autochtones. Pour les Na'Vi, l'avenir s'assombrit: c'est se plier aux exigences des colons ou être purement et simplement éliminés. A moins que la solution ne se trouve du coté de la communauté scientifique du docteur Augustine et de ses avatars...

Construit sur un canevas très simple et un scénario d'une grande linéarité, Avatar récupère sans le cacher les éléments du western militant qui, depuis Little Big Man, se penche à réhabiliter la culture amérindienne et remettre en cause les pratiques colonialistes occidentales, coupables d'aveugles nettoyages ethniques et autres déménagements forcés, comme le disent si joliment nos cousins acadiens. Il est ainsi tout à fait logique que le script d'Avatar évoque tout aussi bien Danse avec les loups que Le nouveau monde, à la différence près que le contemplationisme et l'introspection cèdent ici la place au spectaculaire et au divertissement pur.

Avatar nous invite à suivre les aventures exotiques d'un laissé-pour-compte, déjà rejeté par les siens (le corps des marines), qui va apprendre à connaitre et aimer un peuple aux vertus elfiques (les Na'Vi, une espèce humanoïde mariant des caractéristiques ethniques Massaïs et amérindiennes) pour finalement épouser sa cause, qui semble hélas perdue d'avance. Evidemment, il va également tomber amoureux de la fille du chef et devoir convaincre de son honnêteté le plus valeureux guerrier de la tribu (un type bourru mais finalement vachement cool). Et tout cela se passera via les inévitables séances initiatiques où cet humain estropié va apprendre à vivre en harmonie avec la nature, à dompter un "bronco" de Pandora et, dans une petite parenthèse fantasy, monter un dragon géant. Pour, finalement, être adopté par sa nouvelle famille et renaître à une nouvelle vie.

Présenté comme cela, le film de James Cameron peut apparaitre comme extrêmement naïf et manichéen. Ne nous voilons pas la face, il l'est. Par contre, force est de reconnaitre qu'il possède de nombreux atouts, à commencer par la représentation de ce peuple Na'Vi et la mise en image de ce monde de Pandora. Grâce aux toutes dernières technologies en matière d'images numériques, j'ai effectué un très agréable voyage virtuel sur une lointaine et merveilleuse planète. Ainsi, même si l'on peut, à raison, trouver exagéré certains qualitatifs vantant la richesse de la faune et de la flore de Pandora, il serait malhonnête de nier que le résultat est bluffant et que les indigènes Na'Vi paraissent aussi réels que le spectateur assis dans le fauteuil voisin du vôtre.

Pour ce qui est de la 3D (car j'ai vu ce film en 3D), je suis un petit moins enthousiaste. Le rendu n'est pas toujours parfait et les variations de profondeur de champ sont parfois assez mal vécues quand notre œil fouille au-delà du cercle de confusion (ce que, en vieux vicieux, je me suis acharné à faire pendant dix bonnes minutes). Je n'irai pas jusqu'à traiter ce système de gadget puisqu'il amène au monde de Pandora une densité encore jamais vu au cinéma (toutes ces petites particules de poussières ou ces minuscules organismes qui flottent devant nous, j'ai trouvé ça hyper ludique), je dirai plutôt qu'il est un plus agréable, certes, mais dispensable.

Un bon point également pour la réalisation de James Cameron. A nouveau, le réalisateur nous prouve ses incontestables talents de conteur (que cela soit dans la partie initiatique ou la partie épique) et il parvient à rendre divertissante la lecture de ce script vide de substance. Mieux, il arrive presque à nous faire oublier par moment, grâce à sa virtuosité, que l'on évolue dans une très classique et infantile fable baba écolo. Dommage que le matériau sur lequel il s'appuie soit de si piètre qualité car l'on passe ici tout près du chef d'œuvre. Il aurait simplement fallu pour cela doter le scénario d'un second niveau de lecture et étoffer un peu plus le profil psychologique des personnages. Bref, du point de vue purement technique, l’ensemble est très efficacement mis en scène, avec un montage imposant un bon rythme. Par contre, je serai moins élogieux envers le score de James Horner, qui nous ressort sa soupe de Titanic, mâtinée de sonorités amérindiennes (mention spéciale à la l’horrible chanson de générique de fin).

Finissons par le casting. On pourrait penser qu’il est difficile de juger la performance de comédiens quand il s’agit d’un film de ce type, d’autant plus que les personnages qu’ils incarnent sonnent aussi creux que de vieilles calebasses. C’est vrai, c’est délicat. C’est pour cela que je serais très bref en signalant que le seul « comédien » qui m’a vraiment convaincu est… Zoe Saldana, ou plutôt Neytiri puisque c’est ses grands yeux manga qui m’ont séduit. A coté de cela, rien de catastrophique, ni de réjouissant, Sigourney Weaver se contentant, elle aussi, du minimum syndical. Quand à Michelle Rodriguez, elle continue sa carrière de cliché ambulant, celui de la chicanos rebelle.

La conclusion de

Il est évident que James Cameron, avec Avatar, a atteint son objectif : celui de proposer à un large public un spectacle divertissant, doté d’une gentille morale. Reste à savoir si ce film va marquer d’une pierre blanche l’histoire du cinéma. Techniquement, je serai tenté de dire oui, tant le travail des studios d’effets spéciaux ont réussi là où les Final Fantasy (trop tôt sorti et moins bien lotis financièrement), par exemple, ont échoué : en parvenant à tromper nos sens et en nous emmenant dans un univers fictif si convaincant que l’on en oublie nos repères. Au bout d’une demi-heure, je regardais les Na’Vi comme s’il s’agissait d’êtres véritables. Par contre, je compte parmi ceux qui pensent que, narrativement, Avatar méritait bien mieux que ce script si gentillet et enfantin qu’on le croirait sortie des studios Disney (période neuneu), d’autant plus qu’ils ne manque pas d’incohérences (un comble pour un récit aussi simple). Un second niveau de lecture, plus adulte, et des personnages un peu mieux dégrossis n’auraient pas été un luxe.

Que faut-il en retenir ?

  • Un univers à la cosmétique séduisante
  • Des superbes effets spéciaux
  • Une réalisation sans reproche
  • Les Na'Vi existent. Si, si, je les ai vu

Que faut-il oublier ?

  • Aurait mérité un meilleur scénario
  • Personnages creux

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