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Critique du Film : Avatar
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Critique du Film : Avatar

Avis critique rédigé par Vincent L. le samedi 19 décembre 2009 à 1818

Succès technologique, bouse scénaristique...

ATTENTION, CE QUI SUIT CONTIENT QUELQUES SPOILERS !

Il aura été difficile de passer à côté d'Avatar en cette fin d'année 2009. Dix ans après le naufrage du Titanic, James Cameron revient ainsi sur le devant de la scène avec ce film, vendu via une campagne promotionnelle quelque peu présomptueuse comme le renouveau du septième art, présenté comme une "révolution technologique" mise au service d'une fable porteuse d'un message écologique fort. En ces temps portés par le développement durables et les nouvelles technologies, alors que notre planète subit les affres d'une technologie mal maîtrisée, le réalisateur de Terminator met donc sur le devant de la scène une parabole SF censé sensibiliser le public sur des problèmes d'actualités trouvant de fortes résonnances dans l'histoire de diverses nations. Un parti pris plutôt plaisant, notamment de la part de ce réalisateur qui, depuis l'échec d'Abyss, avait quelque peu mis entre parenthèse ces thématiques pour se lancer dans du blockbuster aussi rentable qu'oubliable.

On avait l'impression de se retrouver à la fin des années quatre vingt, alors que Cameron n'avait pas encore été digéré par la machine hollywoodienne et qu'il savait faire des longs-métrages aussi bourrins que plaisants ; on retrouvait, de plus, ces thématiques d'opposition homme/nature/technologie qui avaient marqué ses premiers longs-métrages, et qu'il n'avait par la suite soit plus traité du tout, à l'instar de True Lies, soit utilisé de manière aussi indirecte qu'accessoire, à l'image de Titanic. Et puis, avec sa quinzaine d'année de développement et sa technologie 3D que l'on devinait parfaitement maîtrisée, le projet Avatar était diablement alléchant ! Plus dure en est la chute, au final, car si l'on prend en compte tout ces éléments, on se dit que soit Cameron s'est bien fichu de nous, soit il nous a sorti la plus grosse fumisterie cinématographique depuis Matrix.

L'échec du long-métrage, global et presque unique, repose presque totalement sur ce scénario absolument navrant qui nous est ici mis en image. Passons sur le fait que l'histoire ne soit ni plus ni moins qu'un remake SF de Danse avec les Loups, reprenant toutes les péripéties du film de Kevin Costner - jusqu'à la scène du domptage de cheval, transposé ici avec une créature volante plus exotique - le script de James Cameron est juste affligeant de médiocrité : les péripéties sont aussi convenues que prévisibles, les personnages, qui véhiculent les pires clichés du genre, sont mal écrits, les lignes de dialogues sont parfois ridicules - pauvre Stephen Lang ! - et l'on n'échappe malheureusement pas au détestable Deus Ex Machina de fin ! Mais pire que tout, le monde décrit est à ce point manichéen - tout est blanc ou noir, même le changement de camp du héros se fait sans nuance - que le message écolo porté par le film tombe misérablement à plat.

Parce qu'en effet, on ne peut qu'être d'accord avec le point de vue de Cameron. Si les humains faisaient ça, par exemple, pour sauver leur espèce, cela aurait amené à des réflexions intéressantes, mais non, ils font ça pour le fric, parce que le pognon, ma bonne dame, ça gouverne le monde. Admettons. Mais plus génant est le fait que Pandora soit une planète véritablement extraordinaire ; si encore on n'était en face d'une immense forêt presque banale - à l'image de l'Amazonie par exemple - les actes des hommes pourraient à la rigueur être (difficilement) compris, mais non, Pandora est juste présenté comme un miracle de la nature que la civilisation humaine veut détruire. Non, définitivement, on en peut qu'être d'accord avec le propos du film, vu qu'aucune subtilité n'est amené dans son traitement, sur le fait que les hommes sont très méchants et qu'ils sont prêt à tout pour se remplir les poches.

Même dans son approche de la planète, Cameron se vautre lamentablement. Quinze ans pour développer ce qu'il ose appeler un écosystème ? Il se moque de nous ? Pandora, c'est une race, huit espèces d'animaux, trois plantes, deux arbres et un champignon géant. Le reste, et bien, c'est de la forêt tout conne faite d'arbres, de fougères et de petits insectes. Honnêtement, on aura vu des planètes aussi bien développées que ça dans des épisodes de Stargate SG-1 ! On se demande donc, lorsque le colonel Quaritch présente la planète au début du long-métrage en la décrivant comme un monde hostile, s'il est sérieux ou s'il fait de la désinformation vis à vis de ses soldats. En effet, tel quel, vous avez infiniment plus de chance de survivre sur Pandora que dans la forêt amazonienne. D'aucun diront que c'est pinailler, mais lorsque le réalisateur clame haut et fort qu'il a passé quinze ans à développer son monde,on peut être en droit d'attendre bien mieux qu'une planète simpliste à la Star Wars.

Mais cessons de taper sur le script, tout misérable soit-il. En effet, on pourrait se demander qui va voir ce film pour son scénario ? Effectivement, vendu comme une révolution technologique, Avatar promet, avant toute autre chose, de nous en mettre plein les yeux, via, notamment, une technologie 3D aboutie. Et à ce niveau, force est de constater que l'on n'est pas vraiment déçu ; la capacité immersive du film est indéniable ! Quelque part, à l'autre bout de la galaxie, la planète doit exister, James Cameron s'étant juste contenter d'aller poser sa caméra là bas ! Nombre de petit détails rendent ce monde vivant et crédible : poussières, insectes, mouvements de la flore. La 3D, jusqu'ici utilisé comme gadget - à part, peut-être, dans le My Bloody Valentine 3D - donne au spectateur l'impression d'être aux côtés des héros sur un autre monde. Dommage, cependant, que cette technologie ne soit pas mieux utilisée dans la mise en scène des scènes d'actions, et notamment celle de la bataille finale.

Niveau technique, le film est également irréprochable : Cameron connaît son rayon, sa réalisation est claire, lisible et rythmée, que ce soit dans les scènes d'actions, d'exploration ou dans les moments plus "intimistes" (si tant est qu'il puisse y en avoir dans ce genre de production) ; à noter qu'il a eu l'excellente idée de ne pas avoir recours à ce montage épileptique particulièrement tendance dans les blockbusters actuels. La photographie de Mauro Fiore, quant à elle, offre au film une identité visuelle riche en sublimant la réalité de ce monde. De même, sans tous les nommer, décorateurs, costumiers et accessoiristes ont mis leurs talents respectifs au diapason de la réussite technologique qu'est Avatar. A noter, toutefois, une propension à aller vers un certain kitch très coloré, la forêt abritant l'Arbre-Maison s'apparentant, de nuit, à une grosse boite de nuit bien peu crédible et bien moins réussie que les hallucinantes Montagnes Suspendues.

Enfin, il est agréable de noter qu'Avatar s'est doté d'un casting aussi charismatique que talentueux ! Pratiquement tous dotés de personnages pourris, les comédiens réussissent - à l'exception de l'excécrable Michelle Rodriguez - à imposer une technique qui n'a d'égal que leur charisme, y compris dans les prodédés de motion-capture qui connaissent ici un aboutissement à faire palir de jalousie Robert Zemeckis ; Zoe Saldana livre un jeu qui n'est pas sans rappeler celui Helena Bonham Carter dans La Planète des Singes, offrant à son personnage une certaine beauté malgré son côté non-humain. A côté d'elle, Sam Worthington confirme tout le bien que l'on pouvait penser de lui, imposant naturellement sa présence, et Sigourney Weaver fait un beau retour devant l'écran après des dernières apparitions très anecdotiques. Les seconds rôles se démènent comme ils peuvent avec leurs rôles, certains (Giovanni Ribisi) mieux que d'autres (Stephen Lang), mais dans l'ensemble, le tout est fort acceptable.

La conclusion de

La réussite technique d'Avatar est inversement proportionnelle à son échec scénaristique. Sur de très belles images, appuyées par une technologie parfaitement maîtrisée, James Cameron nous livre une fable pseudo-écolo creuse, dont les péripéties scénaristiques sont à ce point courrues d'avance qu'elles annihilent tout le souffle épique qu'aurait pu avoir son film. L'immersion sur Pandora, techniquement sans fautes, ne se sera donc pas satisfait d'un script indigent, à peine digne d'un blockbuster estampillé Bruckheimer, pour s'imposer comme un chef d'oeuvre du septième art. Au mieux comme un spectacle très sympathique...

Que faut-il en retenir ?

  • Le côté immersif de la 3D
  • Motion-capture impressionnante,
  • Techniquement remarquable,
  • Casting excellent,
  • Réalisation efficace.

Que faut-il oublier ?

  • Histoire convenue, scénario prévisible,
  • Personnages mal écrits,
  • Message pseudo-écolo vide de sens,
  • Une 3D sous-exploitée dans les scènes d'actions.

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