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Critique du Film : King Kong

Avis critique rédigé par Nicolas L. le samedi 17 décembre 2005 à 07:15

Le Retour du Roi

Carl Denham est un producteur-réalisateur ambitieux lâché par ses financiers. Il décide pour se relancer d’effectuer un tournage sur une île inexplorée dont il vient d’apprendre l’existence grâce à la lecture d’une ancienne carte. Arrivés sur l’île, l’équipe de tournage et l’équipage du bateau rencontrent une étrange et violente peuplade indigène qui capture la jeune actrice blonde Ann Darrow afin de la donner en offrande au roi Kong, un gigantesque gorille.
Peter Jackson rêvait de ce remake depuis des années, et avait présenté le projet à bon nombre de studios qui s’étaient contentés de lui adresser un refus poli, renvoyant le cinéaste ‘’goreux’’ à ses chères études. Oui, mais voilà, depuis, il y a eu la fameuse Trilogie, et les choses ont changé. Le réalisateur néo-zélandais, toujours assisté par sa femme Fran Walsh, a réussi à réunir 250 millions de dollars pour la réalisation de son rêve. Le défi était de taille, car King Kong fait parti du patrimoine cinématographique mondial et la piteuse adaptation issue du couple Guillermin-De Laurentiis dans les années 70 reste encore dans toutes les mémoires.
Je dois avouer que je faisais partie des septiques. Non pas que je n’apprécie pas le travail du cinéaste, bien au contraire, j’ai adoré Le Seigneur des Anneaux mais également tous ses films de série B réalisés auparavant, mais je ne voyais pas vraiment ce que l’on pouvait apporter de plus. Le film de Merian Cooper – amusant clin d’œil de Jackson à son attention dans les premières minutes du film – est excellent et se suffit à lui-même, et j’étais à la fois curieux et inquiet de voir une nouvelle interprétation. Et bien, je me demande encore aujourd’hui comment j’ai pu douter des capacités de Peter Jackson, car son King Kong dépasse de très loin mes espérances.


Le film débute par la présentation des différents protagonistes humains de l’histoire, dans leur cadre familier du New York des années 30. Et là, de suite, c’est la claque. J’ai rarement vu une aussi belle reconstitution historique ; c’est du Cecil B. DeMille porté au 20ème siècle. Taxis jaunes, affiches lumineuses, annonceurs de journaux, une population dense et affairée, tout y est. Ce New York sent vraiment la vie tumultueuse et insouciante de l’époque, ou la misère côtoyait les nouveaux riches et les criminels. C’est dans cette gigantesque ruche que le réalisateur nous présente Ann Darrow et Carl Denham, les principaux personnages de l’histoire. Deux simples humains restant sur un constat d’échec et désirant relancer leur carrière. Ils n’ont, pour ainsi dire, plus rien à perdre – comme dans la version originale, on voit même Ann Darrow volé une pomme sur un étalage. Dans cette partie, comme un peu plus tard dans le métrage, Jackson, en faisant preuve d’un humour acide mais jamais ridicule, se moque ouvertement des financiers des studios en nous présentant une bonne brochette de producteurs mégalomaniaques, cupides et complètement incompétents. Une petite revanche par rapport à ses difficultés passées ?
Les protagonistes nous embarquent ensuite à bord du Venture pour un long voyage – beaucoup plus long que dans la version de 1933 – ou l’on découvre plus en avant un des autres personnages principaux ; Jack Driscoll, le scénariste que l’on installe dans la cale, à l’intérieur d’une cage pour animaux – là, encore, le clin d’œil est très amusant, mais si représentatif du respect qu’à Hollywood pour les écrivains ! C’est à bord de ce rafiot que Jackson choisit d’entamer le traitement d’une amourette entre Darrow et Driscoll en se faisant son petit Titanic – avec cette séquence ou l’actrice est filmée, cheveux au vent, à la proue du navire. Le tout est parfaitement bien maîtrisé au niveau narratif et émotionnel, on se croirait vraiment dans un film des années cinquante.

L’arrivée sur l’île se fait de manière mouvementée et très spectaculaire pour finalement découvrir la fameuse tribu aborigène, toujours aussi belliqueuse… et relativement transformée. On a en effet la curieuse impression que les aventuriers accostent sur les côtes du Mordor. Dans des magnifiques et colossaux décors à la Alan Lee qui nous rappellent Cirith Ungol et où, derrière chaque piquet surmonté d’un crâne, on pense qu’il peut s’y cacher Gollum, ils vont se retrouver face à une tribu sombre et hostile, véritable transposition des orques des Sauron. Un effet surprenant, mais diablement efficace, car cette tribu est sacrément terrifiante. Au bout d’une heure de métrage, on a enfin droit à la première apparition de Kong… Et là, c’est la deuxième baffe. Jamais, je dit bien jamais, je n’ai vu quelque chose d’aussi génial et réaliste, une véritable performance technique, bien évidemment, mais aussi artistique car les choix faits sont plus que judicieux. En regardant Kong, on n’y voit pas qu’un simple quadrupède, mais aussi un vieux loup solitaire qui a un sacré nombre d’heures de route. Couverts de cicatrices, les dents usées – même si elles sont encore bien tranchantes -, le regard méfiant et l’allure fière et royale, Kong est un vieux roi blasé qui vient chercher son offrande et – dans un véritable remake de la version de 1933 – découvre une magnifique petite poupée blonde qui ne sent pas la bouse de diplodocus. A partit de cet enlèvement, le métrage prend une double narration. La ‘’romance’’ entre Kong et Ann, et le traitement de l’expédition de secours organisée par Denham et Englehorn, le charismatique capitaine du Venture – qui dispose d’un équipage et d’un armement digne d’un cuirassé de l’ US Navy.
Fran Walsh et Peter Jackson ont pris l’option de changer quelque peu les rapports entre Ann et Kong. On passe de la liaison purement amoureuse et les allusions érotiques – l’effeuillage de Fay Wray en 1933 et la douche de Jessica Lange en 1976 – à un rapport affectif plus ludique. Le message est cependant aussi fort et, il faut le dire, beaucoup plus émouvant. Les séquences ‘’intimes’’ entre ces deux personnes, finalement aussi tristes l’une que l’autre, émanent une force émotionnelle si intense que même les plus jeunes spectateurs de la salle l’ont ressenti et ne rigolant finalement que timidement lors des scènes de music-hall de Ann Darrow. Des moments magiques de pur cinéma qui se renouvelleront à New-York, sur la patinoire, le seul bref moment de bonheur des deux personnages.

L’autre histoire raconte les tribulations d’une équipe de secours montée par Driscoll et Englehorn, accompagné par une partie de l’équipage et l’équipe de tournage de Denham qui voit là une bonne occasion de filmer quelque chose d’exceptionnel. Cette partie est traitée de manière particulière, comme une sorte de mélange de Jurassic Park et de la version originelle. Les effets spéciaux sont nombreux, trop diront certains, et parfois l’incrustation est un peu limite. A la décharge des studios Weta – responsable des effets numériques et mécaniques – il faut préciser que jamais un cahier des charges n’avait été aussi ambitieux, comme cette longue séquence de course, mélangeant de manière très dynamique comédiens humains ou numérisés, diplodocus paniqués et vélociraptors en chasse. De plus, je trouve personnellement que les textures sont mieux réussis et plus ‘’réalistes’’ que celles des studios ILM. Mais tout cela n’est qu’une question de goûts et cela reste très subjectif.
L’histoire de Kong et de Ann connaît aussi son lot de rebondissements, notamment lorsque le gorille géant prend la défense de la jeune femme face à trois – un seul dans la version de 1933 – tyrannosaures vraiment très têtus. Un combat qui connaît un final spectaculaire dans la fosse d’un canyon entrelacé de lianes. Suspendus dans le vide et emmêlés dans les lianes, ces estomacs sur pattes ne pensent qu’à une seule chose : croquer la belle. Pendant ce temps, Kong s’acharne sur eux en les ruant de coups. Une séquence complètement improbable et fantastique mais une réussite visuelle totale et une énorme sensation de fun.
L’horreur si chère au réalisateur de Bad Taste et de Brain Dead est également présente et je ne vous cacherais pas le plaisir que cela m’a fait, déçu d’en trouver si peu dans le Seigneur des Anneaux. Entre ces espèces de mille pattes visqueux qui importunent Ann cachée dans une souche et surtout l’attaque des vers et des insectes dans une fosse puante sur des aventuriers terrorisés, on peut dire que l’amateur d’effets bien dégueulasses est gâté. Une chose très rare dans ce genre de production.
Victime de sa passion pour Ann, Kong est capturé et emmené à New York. Peter Jackson choisit, contrairement à la version de 1976, de ne pas traiter le voyage de retour – il aurait eu du mal d’ailleurs, vu l’hécatombe de marins subie! – et amener le spectateur directement dans le théâtre, au moment ou Kong est présenté au public. Là, il reproduit fidèlement l’histoire originale avec un Kong, agacé par les flashs des journalistes, qui arrache ses chaînes et sort dans les rues, semant la panique. Puis, vient la scène de l’Empire State Building, ou Kong, debout sur le fait de l’immeuble, affirme sa suprématie avant d’être lâchement abattu par une escadrille de biplans.

King Kong est un film qui pousse très loin les limites du visuel et qui est très riche en effets spéciaux de toutes sortes, mais il serait trop injuste de ne pas parler de la distribution, même si on pourrait penser qu’elle joue un rôle secondaire. Il est vrai que les performances de Jack Black et de Adrian Brody sont un peu en demi-teinte, notamment celle du premier qui m’a fortement déçu par son manque de charisme. En essayant d’incarner un personnage ambigu, il finit par s’emmêler les pinceaux, et n’est plus très convaincants dans ses différents aspects. Mais, il y a tout de même des réussites. Les personnages secondaire, tout d’abord, sont les bienvenus et aèrent la narration – même si certains auraient mérité un développement plus poussé – notamment les performances de Thomas Kretschmann, Andy Serkis – qui joue également Kong Jamie Bell et Evan Parke. Mais surtout, il y a la magnifique performance de la belle Naomi Watts. Porté au fait de la célébrité par David Lynch pour son extraordinaire rôle dans Mulholland Drive, l’actrice anglo-australienne a confirmé ses exceptionnelles capacités dramatiques dans ses prestations suivantes. Et ce film ne fait pas exception à la règle. Elle est tout simplement géniale dans ce rôle de starlette des années 30, romantique et désabusée. Ne nous trompons pas, elle est pour beaucoup dans la crédibilité des scènes intimes avec Kong.

92

Alors, est-ce que ce Kong est meilleur que l’original ? Je n’irais pas jusqu’à dire que oui, mais je pense que s’il était parmi nous, Merian Cooper aurait aimé réaliser ce film. Bien évidemment, il est plus facile de passer après – même si l’ont en vient, immanquablement, à subir par conséquence une comparaison péjorative – mais le film de Jackson est tellement pétri de qualité, d’innovation et de magie qu’il serait vraiment injuste de ne pas le juger pour ce qu’il est, intrinsèquement parlant ; un très grand film d’aventure.

Critique de publiée le 17 décembre 2005.

Que faut-il en retenir ?

  • Un véritable ouragan visuel
  • Un Kong très convaincant
  • Des décors fabuleux
  • Noami Watts, parfaite

Que faut-il oublier ?

  • Quelques petits problèmes d’incrustation numérique.

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