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Critique du livre-jeu : L'usurpateur d'Irsmun #3 [1987], par Frédéric M.

Avis critique rédigé par Frédéric M. le samedi 18 janvier 2020 à 14h00

Mortelle randonnée vers le trône

Ce troisième volume des aventures du Ninja poursuit l'histoire des deux précédents volumes. Comme il était facile à deviner, l'orphelin échoué sur l'île des Songes Paisibles et élevé pour devenir un redoutable Ninja est l'héritier légitime d'un trône, celui d'Irsmun, ville continentale qui n'était jusqu'alors pas présent sur les cartes (je l'ai cherchée sur les deux premiers tomes, pas trace).

On retrouve dans cet opus les mêmes défauts concernant les petites imprécisions de règles, mais aussi le même plaisir à enchaîner les volumes puisque le jeu en campagne est véritablement prévu : votre personnage conserve ses caractéristiques et progresse dans sa maîtrise des techniques. A noter que deux nouvelles techniques spécifiques qui ne peuvent être apprises qu'au début du volume 3 apparaissent. Comme dans Les parchemins de Kettsuin, de nombreuses références seront faites à des rencontres, des objets trouvés ou des actions menées lors des précédents tomes. Ce souci de continuité incite d'autant plus à refaire les tomes précédents pour parcourir telle branche que vous aviez ignorée dans le 1 ou le 2.

Ce tome 3 se divise en trois parties distinctes : le chemin jusqu'à Irsmun, le recrutement d'alliés dans la ville et enfin l'affrontement avec l'Usurpateur en lui-même. Le chemin jusqu'à Irsmun est la partie la plus riche et offre la plus grande rejouabilité. Attention, contrairement à ce qu'on pourrait croire, "rusher", se précipiter à Irsmun par le plus court chemin s'avère une très mauvaise idée. Vous arrivez vite mais mal préparé. Les bonus à récolter en chemin sont légion et quasi-indispensables tant le combat final est ardu. A titre d'information, l'Usurpateur a 33 points d'Endurance et n'encaisse que la moitié des dégâts que vous lui infligez. Certains de ses sbires sont par ailleurs immunisés à la Force Intérieure : bon courage ! Ajoutez à cela qu'ils frappent pour certains à 3D6 de dégâts et aïe aïe ouille ! Prenez donc votre temps en chemin pour vous stuffer comme un sale : après tout, "votre" ville a été sous le joug d'un tyran pendant 25 ans, elle peut bien attendre quelques jours ou semaines de plus que vous récupériez une potion, un allié ou un talisman de protection.

La deuxième partie est un mélange d'enquête en ville et de prospection politique. Vaincre le tyran, c'est votre boulot, renverser son armée incombera à vos alliés. Indispensable dans le récit, cette partie est pourtant un peu baclée et assez facile pour peu que vous ayez suivi les héraldiques propres à Orbus (par exemple les tourbillons portés en armoirie, c'est mauvais signe pour vous). Il ne sera pas trop difficile de recruter une force à même de vaincre les défenses de l'Usurpateur. La troisième partie, enfin, consiste en une courte infiltration dans le palais royal d'Irsmun avant l'affrontement final. Comme dit précédemment, ce combat est TRÈS dur : les adversaires sont nombreux, coriaces, et vous avez intérêt à tricher vous être solidement équipé pour en venir à bout. On regrettera d'ailleurs que le combat soit beaucoup moins graphique que celui de fin du tome 1, face à Yaemon. Ici, les saltos et projections ne sont plus décrits, il s'agit d'un combat "mécanique" comme un autre, dont les rebondissements seront les alliés qui pourront apparaître de part et d'autre.

A qui avait trouvé le tome 1 facile et le tome 2 plus dur, on atteint ici un niveau presque rébarbatif de difficulté. Un des combats - au début de l'expédition, contre des exemplaires locaux des nazgulls (9 nobles asservis par des anneaux magiques et transformés en spectres...) - s'avère même extrêmement punitif : une touche subie équivaut à la mort. On pourrait se demander si les auteurs n'ont pas fait exprès pour décourager d'emprunter cette voie, certes rapide mais qui laisse le perso peu préparé pour l'affrontement. C'est cependant les seules reproches que l'on puisse faire au livre : la plume et les illustrations restent de qualité, et l'univers d'Orbus s'enrichit et se précise. On comprend qu'un projet de jdr ait été envisagé...

A ce sujet, critique bonus !

En 2018 est sortie une version "collector" et révisée des six volumes de La Voie du Tigre, chez Megara Entertainment. Repris avec l'accord de Mark Smith et Jamie Thomson, les six titres devaient reparaître en volumes à couverture cartonnée, avec de nouvelles illustrations et, d'après l'une des pages de garde, "un texte et un gameplay [...] entièrement revus par les auteurs originaux [...] pour en refaire cette version Collector définitive".

Tout d'abord, à ma connaissance, ne sont sortis que les quatre premiers tomes (plus deux autres surprises dont nous reparlerons dans les semaines à venir). J'ai réussi à mettre la main sur un de ces volumes collector, L'Usurpateur d'Irsmun, vous l'aurez compris. Alors, elle donne quoi, cette édition "entièrement revue".

Et bien... elle laisse un goût amer. Au niveau du gameplay, je n'ai vu que deux changements : l'ambiguité sur le seuil à passer pour vaincre une défense est levée (votre jet de dés doit être strictement supérieur à la défense de l'aversaire) et la petite table de progression dans les arts martiaux (coups de poing, pied, mise à terre) est remplacée par le choix d'un +1 à attribuer où bon vous semble. Tout le reste est inchangé. Mais pourquoi pas : après tout, le système fonctionne. C'est juste un peu curieux de parler de gamelay entièrement revu... Et je vous vois venir : peut-être les 33 PV et 3D6 du boss de fin ont été rééquilibrés... non. A quelques exceptions près (où le personnage central est appelé Vengeur plutôt que Ninja), le texte, technique ou narratif, est strictement le même (le changement de crédit de traduction en est troublant tant les paragraphes sont similaires). Là encore, le "texte entièrement revu" annoncé laisse un peu sur sa faim. C'est d'autant plus dommage qu'on aurait pu espérer l'actualisation de certains termes comme "orcains" (orcish), qui s'ils passaient dans un ouvrage de 87, sonnent curieusement en 2018 (trop rétro ou pas assez démarqués du "orques" classique).

Et niveau visuel ? Bel objet, maquette superbe, illustrations à couper le souffle ? Et bien... Grand format couverture rigide et intérieur en quadri, ça c'est sûr, ça en jette. Maquette... des coquilles traînent ici et là (ici une légende en moins, là un accord pluriel oublié...) et un choix curieux de NE PAS mettre les illustrations en vis-à-vis des paragraphes qu'elles illustrent. C'est d'autant plus curieux qu'elles sont pleine page et que toutes les mini-illustrations (tigres bondissants, têtes de mort et autres ninjato) ont disparu : il y avait donc latitude à caler ça mieux et éviter ces "illustration page suivante" qui accompagnent les numéros de paragraphe.

Bon mais alors les nouvelles illustrations, couleur, elles dépotent. Pour citer Le Père Noël est une ordure : "Ecoutez, je n'aime pas dire du mal...", mais je préfère les illustrations noir et blanc de Bob Harvey, avec sa gestion toute particulière des contours et des lumières. Bilan un peu tristouille pour cette ré-édition qui se voulait prestigieuse et qui déçoit, donc.

La conclusion de à propos du Livre-jeu : L'usurpateur d'Irsmun #3 [1987]

Auteur Frédéric M.
75

L'Usurpateur d'Irsmun emmène le Ninja vers d'autres cieux, moins composés d'inflitrations nocturnes et plus tournés vers un destin d'héritier. Le titre garde le charme des deux premiers volumes, et apporte une foule de détails sur le monde d'Orbus. On pourra cependant regretter le début d'une autre histoire, qui décevra les amateurs d'infiltrations et de garrotage qui avaient été séduits par la proposition originale de la série.

On a aimé

  • La continuité avec les précédents tomes;
  • la rejouabilité du tome et donc des précédents;
  • deux nouvelles techniques bien pratiques.

On a moins bien aimé

  • L'histoire un peu bateau de "je suis un héritier spoilé de son trône";
  • la dfficulté absurde de certaines rencontres;
  • certaines techniques sont vraiment très très peu utiles ou utilisées.

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