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Critique du film : Aquaman [2018], par Bastien L.

Avis critique rédigé par Bastien L. le dimanche 23 décembre 2018 à 19h00

Arthur Curry et le trident du roi de l'Atlantide

Initié en 2013 avec Man of Steel, le DC Extended Universe se retrouve cinq ans plus tard (et avec quatre films de plus) en mauvaise posture, tant publique que critique. Une situation telle que sa survie à long terme repose sur les épaules d'un de ses héros les moins pris au sérieux : Aquaman.

Contrairement à Batman, Superman ou Wonder Woman, Aquaman fait clairement partie des seconds couteaux de l'écurie DC Comics. Créé en 1941 par le scénariste Mort Weisinger et par l'artiste Paul Norris, cet Atlante, super-héros des mers et fondateurs de la Justice League, a connu plusieurs périodes et devint vraiment populaire dans les années 1990 à travers des histoires plus sérieuses et profondes signées par Geoff Johns (que l'on retrouve au scénario du film). La Warner (propriétaire de DC Comics) avait lancé un projet d'adaptation du personnage dès 2004, la pré-production s'accélérant vraiment lors de la mise en place du DC Extended Universe avec le recrutement Jason Momoa (dont la carrure et la classe venait d'éclater aux yeux du monde entier dans Le trône de fer). L'acteur américain apparaît brièvement dans Batman v Superman, avant d'avoir une partition de premier plan dans Justice League permettant de poser un personnage assez apprécié, ce qui semblait légitimer la préparation de son propre film. Un long-métrage co-scénarisé et dirigé par James Wan, surtout connu pour être le nouveau prodige de l'horreur (il est à l'origine des saga Saw, Insidious et The Conjuring) mais qui avait déjà donné satisfaction dans le genre du blockbuster avec Fast & Furious 7. Il a la lourde charge de relancer le DC Extended Universe après un Justice League ayant divisé les spectateurs et offert des résultats jugés faibles au box-office. Une tâche avec laquelle le Malaisien semble s'être attelé avec la générosité et la passion qui le caractérisent...

Le film raconte la quête d'Aquaman / Arthur Curry (Jason Momoa) pour éviter une nouvelle guerre mondiale entre les Humains vivant en surface et les Atlantes vivant sous l'eau. Notre héros est l'héritier du pouvoir royal d'Atlantis, mais n'y a jamais mis les pieds puisqu'il est issu de l'amour interdit entre la reine (Nicole Kidman) et un simple gardien de phare (Temuera Morrison). Sa mère a d'ailleurs été obligée de rentrer dans son royaume afin de protéger ceux qu'elle aime. Arthur en ressent une vraie haine envers les peuples d'Atlantis, refusant de s'y rendre tout en agissant sur Terre comme un super-héros quand la situation l'exige. Ses origines vont néanmoins le rattraper quand son demi-frère Orm (Patrick Wilson) décide d'unifier les peuples atlantes afin de déclarer la guerre aux Surfaciens (nom donné aux Humains vivant sur la surface) pour leur faire payer les désastres qu'ils infligent aux océans. Tous les Atlantes ne voient pas d'un bon œil cette volonté destructrice, dont la princesse Mera (Amber Heard) qui décide de faire appel à Arthur. Consentant à contrecœur à la suivre, Arthur suit les instruction de son ancien mentor Vulko (Willem Dafoe), qui l'envoie chercher une relique censée lui donner le pouvoir sur les océans : le trident de son ancêtre le roi Atlan, le monarque qui dirigeait Atlantis lors de sa disparition sous les flots...

Le scénario du film n'est clairement pas son point fort. Cela provient de deux principaux problèmes : le premier étant que le film reste trop souvent coincé entre une origin story et une aventure avec un personnage que l'on connaît déjà. L'origin story s'imbrique donc dans l'aventure d'Aquaman dont les influences revendiquées sont les blockbusters des années 1980, que cela soit la saga Indiana Jones (voire A la Poursuite du Diamant Vert) sur terre et Star Wars pour les séquences sous-marines. On a donc une histoire avec un héros qui voyage beaucoup à la recherche d'un objet extraordinaire au cœur d'une civilisation perdue et des batailles dantesques mettant en scène de nombreux camps. Le tout est entrecoupé de scènes servant à nous présenter la jeunesse d'Aquaman. Cela ne s'imbrique pas toujours de la meilleure des manières cassant le rythme d'un film assez long (environ 2h20) qui multiplie les péripéties comme les personnages. L'autre problème majeur, qui ne touche d'ailleurs pas que le scénario, est l'accumulation de clichés qui pullulent tout au long du film. Aquaman vous invite à une vraie séance de déjà-vus. A tel point que de nombreuses péripéties et dialogues se devinent trop facilement.

Pourtant tout n'est pas à jeter dans l'histoire d'Aquaman, laquelle pourra d'ailleurs diviser sur un point : elle se détache vraiment du reste du DC Extended Universe,  quand bien même elle prend place après les événements de Justice League. Mais cette intégration n'existe que grâce aux acteurs que l'on retrouve (Jason Momoa et Amber Heard), la ville côtière où vit Arthur Curry et une seule ligne de dialogue. Le film est ainsi complètement indépendant, ce qui est une qualité indéniable pour ne perdre personne, mais qui peut aussi se voir comme un aveu d'échec pour la Warner. Le film aborde aussi quelques thèmes intéressants outre celui très cliché des pouvoirs qui impliquent de grandes responsabilités : il y a un léger message écologique, les Atlantes étant légitimement en colère contre les Humains qui polluent et dérèglent les océans (même si le sujet n'est pas assez creusé). Enfin, on apprécie aussi la destinée du peuple atlante qui s'est divisé en différentes factions ayant connu des mutations physiques. On sent qu'il y a beaucoup de choses à raconter derrière ces divisions. Malgré les nombreuses réserves que l'on émet vis à vis du scénario, il faut reconnaître qu'il n'empêche pas de suivre le film (et qu'il est malheureusement dans la tendance actuelle des scénarios de blockbuster). Si vous êtes client de ce genre de film, rien de rédhibitoire.

Là où le film est beaucoup plus satisfaisant, c'est dans sa direction artistique et la maestria esthétique qu'il nous offre. Cela en acceptant le changement de ton et d'approche artistique du DC Extended Universe, où l'on sens désormais que Zack Snyder est en retrait puisque l'ensemble s'avère moins sombre, avec des couleurs moins saturées et une approche beaucoup plus colorée (à l'image du final de Justice League). L'approche très blockbuster 80's se retrouve vraiment dans la direction artistique qui mélange les lieux exotiques chargés d'Histoire pour les parties terrestres. Pour les différentes civilisations Atlantes, on a le droit à de magnifiques ruines mais aussi des cités sublimes à l'approche quasi-futuriste que ne renierait pas George Lucas. Le design des différents peuples sous-marin est aussi très travaillé et réussi, offrant quelques surprises intéressantes. La découverte des fonds sous-marins est un vrai bonheur avec des animaux apprivoisés en montures et d'autres plus préhistoriques... L'univers tissé autour des aventures d'Aquaman promet donc beaucoup. Cela fonctionne notamment grâce à des effets spéciaux d'une très grande tenue, dont le seul bémol reste le rajeunissement numérique d'acteurs comme Kidman et Morrison qui nous plonge parfois dans l'uncanny valley. Mais le reste offre une maestria visuelle très colorée avec des combats sous-marins impressionnants qu'ils soient entre deux personnes ou des armées rangées qui se font face. Le pari de réaliser l'eau seulement en numérique et d'avoir des acteurs au sec est bluffant tant on y croit. Les effets visuels et les énormes séquences d'action nous font comprendre les 200 millions de dollars investis.

La mise en scène de James Wan résume bien ce qu'on pense du film : du classique, du cliché et quelques touches de génial. Le réalisateur montre qu'il est à l'aise dans l'exercice mais semble trop vouloir respecter un cahier des charges tout en étant le plus consensuel possible. On peut lui reprocher cette tentation du cliché et d'imiter le cinéma des années 1980 plus que d'innover pendant une grande partie du film. On peut aussi lui reprocher les trop nombreux gimmicks de mises en scène vus et revus dans des blockbusters, ainsi que des répétitions pénibles comme les attaques surprises de tel ou tel méchant. Mais d'un autre côté, James Wan montre qu'il n'est pas un yes-man sans personnalité notamment dans son sens du rythme et sa capacité à nous montrer du grandiose. Mais surtout lors des scènes situées dans la Fosse où il offre des séquences sublimes et inventives finalement assez proches de son domaine de prédilection : l'épouvante.

Pour ce qui est du casting et malgré la pauvreté du scénario comme de nombreux dialogues, c'est plutôt bon. Jason Momoa (Le trône de fer, Justice League...) est tout en classe et force brute malgré des moments où il semble se caricaturer. Finalement comme tout grand action hero... La prestation d'Amber Heard (Hell Driver, Machete Kills...) est assez convaincante tandis que Nicole Kidman (Batman forever, Les Autres...), Temuera Morrison (L'attaque des Clones, Green Lantern...) et Willem Dafoe (Existenz, Spider-Man...) sont fidèles à leur talent. Pour ce qui est des méchants, Patrick Wilson (Watchmen, The Conjuring...) est aussi plat que son personnage le prince Orm et Yahya Abdul-Mateen II doit constamment faire le grand écart entre méchant badass et ressort comique sans parfaitement convaincre dans son rôle de pirate des profondeurs.

La conclusion de à propos du Film : Aquaman [2018]

Bastien L.
65

Aquaman est le prototype même de film qui contentera sans plus les amateurs de blockbusters mettant en scène des super-héros mais qui ne risque pas vraiment de convaincre les autres. On passe un agréable moment en acceptant de voir un spectacle bien fait mais convenu avec un scénario empilant les clichés. Heureusement que le film est sublime visuellement et l'univers assez intéressant. La mise en scène de James Wan réussit aussi à nous offrir quelques fulgurances. Pour ce qui est du DC Extended Universe, ce n'est pas ce film qui pourra nous aiguiller correctement sur son avenir...

On a aimé

  • Visuellement impressionant
  • Un univers riche
  • Un vrai souffle épique

On a moins bien aimé

  • Des clichés à la pelle
  • James Wan trop en retenu
  • Trop long

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