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Critique du film : Sexy Killer [2010], par Nicolas L.

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mardi 2 novembre 2010 à 23h06

Mémoires d'une Psycho Pouf

Avant de voir Sexy Killer, je pensais que l'on avait fait vraiment le tour dans le pastiche du slasher movie, que cela soit de façon sous-jacente, avec Scream (qui se doit d'être perçu comme une humoristique mise en abime du genre) ou plus excessive, comme les Scary Movie. Avec ce film narrant les aventures d'une belle psychopathe ayant pour obsessions la mode et le meurtre, je m'attendais à une œuvre baignant dans un sordide second degré, un peu comme l'avait fait il y a quelques années Pete Jacelone et Sal Longo avec Psycho Sisters. Bref, pas grand chose de neuf. Mais pour entretenir ce préjugé, j'avais oublié une chose: la capacité du cinéma espagnol à s'attribuer des œuvres et à les restituer à partir d'un nouveau regard pour, au final, accoucher d'une œuvre atypique et...  olé olé!.

Réalisé par un jeune espagnol répondant au nom de Miguel Martí, Sexy Killer est une comédie dont la trame est bâtie sur le concept de psychopathe féminin (et 100% hétéro, ce qui est assez rare pour être signalé, au cinéma, les filles détraquées étant la plupart du temps lesbiennes). On a donc droit à une étudiante au profil de mante religieuse qui massacre les dragueurs un peu trop entreprenants et les filles qui lui font concurrence dans le registre du fashion addict. Au programme, des bimbos sexy, des scream queens, une scène de douche, une grosse dose de gore, des personnages crétins, un flic débile, un savant farfelu... Jusque-là, rien de renversant. Plus surprenant est le choix du traitement narratif; un personnage principal qui multiplie les regards et les commentaires caméra et un film qui prend l'option du flashback quand Barbara confie ses méfaits à un pauvre gars (mais aussi un sacré enfoiré) qui a eu la malchance d'écraser son chien. Deux décisions qui, c'est évident, privent le spectateur de toute implication, puisqu'il n'est pas réellement témoin des faits. Carrément le contre-pied du slasher movie, qui veut mettre le spectateur à la place de la victime... ou de l'assassin. C'est bien simple, on se croirait presque dans ces show TV humoristiques pour teenagers...

Cependant, ici, ce n'est pas les états d'âme d'un clone de Parker Lewis ou de Ferris Bueller que le spectateur se voit exposer mais le "journal intime" d'une criminelle incurable. La réalisation tend vers la comédie potache avec passages "clippesques" pop (la reprise de Barbie Girl d'Aqua est d'ailleurs assez drôle), séquences cartoonesques, gags de situation et personnages caricaturaux. Miguel Marti, que l'on sent imprégné d'une forte culture geek, entretient, mieux il cultive, le cliché et s'adresse principalement aux fans de thrillers et de slasher movies en multipliant références et clins d'œil... Souvent de manière très maladroite et jusqu'à l'overdose. Evidemment, il recherche l'efficacité de ses séquences de meurtre à travers le personnage contrasté de Barbara, dont l'enveloppe si belle et si fragile dissimule un horrible monstre sanguinaire et sadique. Au final, si l'ensemble est assez tonique et parfois même très amusant, force est d'admettre que le récit est tout de même sacrément bordélique et alterne le bon et le nettement moins bon, notamment par quelques choix cosmétiques contestables (l'horrible séquence de la forêt) et la répétition de gags vraiment très lourds.

Puis, aux deux tiers du métrage, après un petit hommage à Réanimator, Sexy Killer bascule dans le film de zombies, riche en effets gore (réussis) et en Grand Guignol. Miguel Marti lorgne alors vers Shaun of the Dead, Dance of the Dead et toutes ces comédies potaches actuellement très en vogue. On se dit pourquoi pas? Un psycho-killer luttant contre une invasion de morts-vivants, cela n'est pas un thème couramment traité. Cependant, le métrage accuse à ce moment là une nette rupture dans son style narratif (on croirait presque assiste à un autre film) et lève le voile sur la faiblesse structurelle de son personnage principal, qui, malgré le charisme de Macarena Gómez, se retrouve relégué au second plan et révèle sa superficialité (normal pour une pouf, vous me direz). En effet, on se rend compte avec étonnement que l'on est finalement nettement plus amusé par les passages zombiesques - qui font irruption dans une party - que par la réaction de Barbara.

En fait, s'il y avait qu'une seule chose à retenir de ce film, ce serait la performance de Macarena Gómez. Une fois n'est pas coutume, l'efficacité de ce slasher repose sur la performance dramatique de son actrice vedette. Avec Barbara, On évolue plus dans le registre du serial killer que du slasher avec son boogeyman monolithique. La jeune comédienne possède en effet un sacré éventail de possibilité dans son jeu et peut se montrer tout autant désopilante et craquante que terrifiante et laide (cf le plan où elle passe la tête par dessus la cabine de toilette). Dans les scènes violentes, elle parvient à se transformer en furie avec une aisance incroyable puis, le plan suivant, elle retrouve l'attitude de barbie qu'elle montre en public et enchaine les gags délirants. Les yeux pétillants de malice, Macarena Gomez amène au film non seulement sa plastique de model et son visage atypique mais aussi le grain de folie nécessaire pour entretenir un salvateur climat loufoque qui tend à atténuer les effets pervers d'un métrage qui part dans tous les sens et des gags qui tombent à plat. Bref, Macarena Gomez, c'est 80% de l'efficacité du film.

 NB: le DVD est affublé d'un calamiteux doublage français. Un conseil: visionnez-le en version originale!

La conclusion de à propos du Film : Sexy Killer [2010]

Nicolas L.
55

Avec son humour parfois foireux, ses clins d'œil lourdingues et son traitement mal maitrisé, Sexy Killer pourrait être une daube parmi tant d'autres. Cependant, le film fonctionne assez bien. Du moins, suffisamment pour occuper une soirée pizza-bières entre potes. Cette demi-réussite, Miguel Marti la doit principalement à Macarena Gomez, totalement emballante dans le rôle de cette tueuse fashion, mais aussi à ce communicatif climat de bonne humeur qui baigne le film durant toute sa durée. Une œuvre mineure, certes, mais qui mérite d'être visionnée.

Que faut-il en retenir ?

  • Macarena Gomez, enthousiasmante.
  • Une ambiance déjantée
  • Un sujet original
  • De bons maquillages

Que faut-il oublier ?

  • Quelques étranges choix de réalisation
  • Un film absolument bordélique
  • Des gags lourds et mal écrits
  • Des références totalement gratuites

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