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Critique du film : Sexy Killer [2010], par Vincent L.

Avis critique rédigé par Vincent L. le lundi 4 octobre 2010 à 19h18

C'est lourd, c'est gras, c'est potache, mais c'est drôle...

On connait désormais le cinéma fantastique espagnol pour ces petites pepites qu'il nous livre assez régulièrement, et pour ces réalisateurs chefs de file qui ont aujourd'hui une réputation internationale (Jaume Balaguero ou le mexicain Guillermo Del Toro dont les meilleurs films sont tout de même des productions espagnoles). Parmi eux, s'est imposé presque seul dans le genre à part de la comédie d'horreur Álex De La Iglesia, dont les délires ont donné naissance à des long-métrages aujourd'hui devenus cultes, tels Le Jour de la bête ou Action mutante ; alors que ce dernier semble parti s'occuper de sujet plus sérieux (comme tend à le prouver son dernier Crime à Oxford), d'autres réalisateurs arrivent pour occuper ce créneau laissé vacant. Ainsi, Miguel Martí, réalisateur de Fin de Curso, une comédie pas bien subtile (et pas bien drôle non plus pour être franc), en a profité pour suivre le créneau laissé vacant par le maître avec Sexykiller (traduction pas très pertinente de Morirás por ella).

Le soucis, c'est que Miguel Martí n'est visiblement pas Álex De La Iglesia, et que son Sexykiller, tout sympathique qu'il soit, n'a rien de spécialement remarquable. Il n'est ainsi pas spécialement étonnant de le voir débarquer en France plus de deux ans après sa sortie espagnole, et après que le film ait tourné dans de nombreux festivals. Certes, reconnaissons qu'il est tout de même plus drôle que la majeure partie des comédies qui sortent actuellement dans les salles obscures, mais sa thématique et son traitement légèrement violent font qu'il se trouve pile au croisement de deux genres, caractéristique qui le situe dans une niche le réservant à un public bien particulier (tout comme les premiers film de Álex De La Iglesia d'ailleurs). Le problème, en fait, se situe dans le fait que ce public d'amateur de cinéma de genre sera très certainement le moins tendre avec ce film qui se trouve le cul entre deux chaises : trop light pour les plus hard-core, mais trop référenciel pour le grand public.

Sexykiller, pris dans sa globalité, est un joyeux bordel difficilement orchestré par son réalisateur. Alors que le scénario a tendance à partir dans tous les sens, le film s'éparpille de plus en plus pour livrer au final quelque chose d'à peine cohérent. C'est là le gros point noir du film que de n'être finalement qu'une succession de saynètes à peine organisées, mais c'est paradoxalement ce qui le sauve du naufrage, l'histoire partant assez rapidement sur des sentiers tellement délirants qu'il en devient intrinsèquement surprenant. C'est ainsi que le final (un film de zombies) se trouve être totalement à l'opposé du point de départ (un slasher basique), et que l'on en vient fréquemment à se demander comment on a fait pour en arriver là. Si Sexykiller en perd en construction - et, à plus long terme, en intérêt - il évite ce faisant de tomber dans une certaine routine et ne laisse jamais le spectateur être bercé par l'ennui.

Parce qu'en effet, Sexykiller souffre de grosses chutes de rythme qui plombent très régulièrement le film ; en fait, lorsqu'il ne s'agit pas de filmer un gag ou de mettre en valeur son personnage principal, Miguel Martí rame comme un forcené pour donner de l'intérêt à son film. La faute lui revient partiellement, à cause d'un très visible manque d'expérience, mais repose en grande partie sur les épaules du scénariste Paco Cabezas qui a livré un script particulièrement inégal. Ainsi, fort d'un personnage principal haut en couleur et bourré d'un potentiel cinégénique indéniable, ce dernier n'a pas su construire son script pour lui donner de l'intérêt dès lors que l'héroïne n'apparaît pas à l'écran. Les rôles secondaires sont ainsi baclés (tant dans leur écriture qe dans les gags y étant associés), les transitions entre chaque scènes sont quasi-inexistantes et les références sont balancées sans aucune autre logique que de faire plaisir aux fans.

Au niveau de l'humour, pris dans sa globalité, le film ne vole pas très haut ; on reconnait là l'esprit balour et potache dont Miguel Martí avait déjà fait preuve dans Fin de curso. Cependant, il réussit à tirer le film vers le haut en proposant une succession de gags très conséquente. La plupart d'entre eux tombent à plat, mais, de temps en temps, il réussit à faire mouche avec quelque chose d'efficace. Cela donne globalement au film une impression de semi-échec, mais contribue également à son capital sympathie, tant on est partagé entre une grande consternation devant le niveau de ce qui est montré à l'écran, et les fréquents éclats de rire devant un gag qui réussit finalement à tomber juste. Le tout étant mis en scène avec un sens assez réussit du kitch et du mauvais goût qui prête très souvent à sourire, Sexykiller reste donc au final un film en demi-teinte, mais laissant malgré tout en tête une impression relativement positive.

En fait, ce qui, au final, élève réellement le niveau du film, c'est la performance extraordinaire de son actrice principale, Macarena Gómez. Dans le rôle de Barbara, cette Sexykiller, elle donne au film toute sa saveur et tout son mordant. Avec son visage atypique et sa maîtrise parfaite du rôle, elle est de tous les bons gags et de toutes les répliques chocs (et ce d'autant que le scénario lui fait la part belle). Miguel Martí l'a bien compris, et réussit à transcender son jeu en la mettant particulièrement bien en valeur dans sa mise en scène. Ainsi, nul doute qu'avec une actrice moins expérimentée, le film aurait perdu la majeure partie de son intérêt. Tous les rôles secondaires sont en revanche sans aucun intérêt ; écrasés par le charisme de leur partenaire, ces acteurs bien fadasses ne réussissent jamais à donner un quelconque intérêt au film. Les rares fois où Macarena Gómez disparaît de l'écran, Sexykiller devient ainsi un film poussif et pénible.

La conclusion de à propos du Film : Sexy Killer [2010]

Vincent L.
60

Sexykiller s'avère au final être une comédie d'horreur potache, ni très fine ni très subtile, mais qui fait malgré tout preuve d'une certaine efficacité dans nombre de ses gags. Le problème de ce long-métrage se situe dans le fait que fort d'un personnage principal original et vraiment drôle, le scénariste a oublié d'écrire un vrai script qui exploiterait réellement tout le potentiel de cette héroïne pourtant mémorable ; coincé par ce scénario pas abouti, Miguel Martí se met, de manière très logique, à peiner pour donner de l'intérêt à son film dès que sa caméra ne se pose plus sur la géniale Macarena Gomez. Le résultat final n'est ainsi pas désagréable, mais on reste cependant très loin d'un vrai délire maîtrisé et mémorable, tel qu'aurait pu par exemple le construire Álex De La Iglesia.

Que faut-il en retenir ?

  • Un personnage principal original et très drôle,
  • Une actrice principale extraordinaire,
  • Quelques gags vraiment efficaces,
  • Un univers visuel kitsh très amusant,
  • De nombreuses références pour les fans.

Que faut-il oublier ?

  • Une histoire très mal maitrisée,
  • Un humour potache qui tombe souvent à plat,
  • Des second rôles fades et décevants,
  • De gros soucis de rythme.

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