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Critique du film : Kick-Ass [2010], par Nicolas L.

Avis critique rédigé par Nicolas L. le vendredi 9 juillet 2010 à 17h44

Botter le cul des conventions

Dave Lizewski est le plus transparent des adolescents qui, pour se voir accorder un peu d'attention de la part de l'une des plus jolies filles de son école, doit même se faire passer pour un gay. Comme nombre de jeunes de son âge victimes d’explosions hormonales, il est accroc aux jolies paires de fesses et aux grosses poitrines mais il les ne connait que via le web et les films porno. Féru de comics, il s'imagine souvent en super-héros, le truc infaillible, selon lui, pour tomber les filles. Cependant, la seule différence avec ses camarades de classe, c'est que Dave va franchir le pas. La nuit tombée, devenu Kick-Ass, il revêt sa combinaison verte totalement cheap et se rend dans les quartiers chauds de la ville. Là, il combat l'injustice et met hors d'état de nuire gredins et dealers.
Ou pas.

Film de super-héros méchamment (dans tous les sens du terme) décalé, Kick-Ass nous invite à suivre l'initiation "héroïque" d'un jeune garçon qui, par idéalisme et naïveté, se retrouve propulsé, grâce au buzz de l'Internet, dans une fonction qu'il n'a pas les capacités d’assumer. Oh, c'est certain, Dave se voit doté, suite à une rouste mémorable qui l'a laissé sur le carreau (une première "mission" qui fut un sacré fiasco), d'une grande tolérance à la douleur, mais à coté de cela, hormis une évidente bonne volonté, il ne présente aucun trait particulier. Il n'est même pas un sportif médiocre. Quand à son intelligence, elle ne dépasse pas la moyenne, ce qui est largement suffisant pour commander son menu au McDo du coin, mais trop juste pour déjouer les pièges de la mafia locale.

Se présentant comme une comédie noire très acide et violente, le film de Matthew Vaughn est un teen-movie un peu particulier puisqu'il cultive, en plus d'un humour slapstick, un évident cynisme (dans le sens moderne du terme). Un aspect désabusé et critique qui s'accorde assez mal avec la démarche psychologique d'un spectateur adolescent et qui fait que Kick-Ass peut intéresser tous les types de public - à la condition que celui-ci apprécie les spectacles irrévérencieux et provocateurs. Oui, car Kick-Ass secoue la morale et la bienséance américaine, non pas par le fond, qui reste très consensuel (les méchants sont punis, le jeune homme trouve l'amour) mais par une forme qui cultive avec délectation une outrecuidance éhontée. Voir en effet un père tirer sur sa fille avec un revolver, tout simplement pour l'habituer à encaisser les impacts de balle, est, avouons-le, un spectacle peu courant que n'auraient pas renié les Monty Python.

Car Kick-Ass, ce n'est ni plus ni moins que l'humour absurde des fous anglais transposé dans l'univers geek des comics. Le tout mis en valeur par un extraordinaire scénario qui parvient à rendre géniales les séquences les plus banales. Le script de Kick-Ass est en effet une véritable leçon d'efficacité dans l'écriture, avec des personnages à la fois très accessibles et très travaillés (dans le pur esprit comic books), des situations riches de plusieurs niveaux de lecture et une construction alambiquée faisant s'entrecouper plusieurs trames. L'ensemble apparait donc comme à la fois extrêmement fluide et dense, faisant de l'intrigue de Kick-Ass un spectacle jubilatoire qui, hormis le sexe, explose toutes les barrières morales et les conventions sociales.

Habilement ciselée, la galerie de personnages de Kick-Ass apparait comme une vision déformée mais plausible de l'univers des comics, bien loin du style potache et distancié affiché par les spoof movies du style Super Héros Movie. S'appuyant sur une base dramatique forte (les décès prématurés de deux mères), Matthew Vaughn joue des aspects comiques et dramatiques en construisant un véritable grand-huit émotionnel. D'ailleurs, on retrouve dans son approche le style des frères Farrelly, où le comique de situation et l'exubérance vulgaire font office de voile de pudeur. Un voile qui se déchire assez fréquemment, laissant entrevoir à celui qui le désire un réalisateur d'une grande sensibilité.

L'un des autres atouts de Kick-Ass (et qui aurait pu, mal exploité, être une faiblesse) est que le film ne se contente pas d'explorer une seule piste, aussi confortable soit-elle. En effet, du simple teen-movie comique avec ses ados à problèmes (du type Supergrave), le métrage se transforme rapidement en un croustillant mille-feuille aux composantes étonnantes (la vendetta des Macready et les problèmes professionnels du kingpin Franck D’Amico en sont deux autres) qui vont finir par délicieusement se lier quand dans la dernière demi-heure, telle la mâchoire d'un gourmet, le récit va les broyer dans une explosion de saveurs cinégéniques. A aucun moment, l'on ne ressent que l'un de ces éléments est uniquement là dans un but vulgairement cosmétique. Tout s'imbrique parfaitement. Le seul petit regret vient du personnage de Red Mist, pas très bien exploité au regard des possibilités (cela sera peut-être pour la suite, qui sait?).

La réalisation de Matthew Vaughn est absolument en adéquation avec la nature du récit et fait preuve d’un grand respect envers l’œuvre de Mark Millar et John Romita Jr. On a affaire à un montage nerveux, résolument moderne et pulp, intégrant des planches de BDs, des séquences aux allures de comics et de manga, des accroches clip video et des lumineuses inspirations video-ludiques, le tout parfaitement assemblé, reflet d'un story-board mitoné aux petits oignons par une équipe d'artistes compétents, passionnés et blindés de références (les personnages citent Sin City et autres masterpieces du comic book des années 2000, les Goon, le look "batmanien" de Big Daddy). Matthew Vaughn donne également une grande importance à l'ambiance sonore, qui bénéficie d'un extraordinaire mixage et d'une bande originale de grande qualité (et super entrainante !) qui s'adapte en permanence à la couleur du récit. Et tout cela avec une véritable modestie dans l'expression de l'art (Kick-Ass est avant tout un divertissement, un popcorn movie), empêchant le film de subir tout effet d'esbroufe ou, pire, de faire preuve de vanité (de Tarentino Complex, serais-je tenté de dire). Le bon calibrage des effets visuels, bien intégrés au récit, présents sans pour autant bouffer l'aspect dramatique, ajoute à cette sensation d'équilibre.

Pour ce qui est de la distribution, là encore, on frôle la perfection. Avec son physique quelconque, Aaron Johnson est le comédien idéal pour incarner Dave Lizewski (alias Kick-Ass), un garçon sympathique mais transparent. De plus, le jeune acteur est assurément doté d'un bon potentiel comique, il suffit de le voir, dans sa tenue ridicule, s'entrainer devant son miroir pour s'en convaincre. A coté de lui, Nicolas Cage nous offre ici l'un de ses meilleurs rôles (surement le meilleur de ces dernières années). La star se prétend passionnée par l'univers des comics (c'est pour cela qu'il s'accroche à la franchise Ghost Rider), on veut bien le croire tant il met de conviction dans l'interprétation de son personnage. Il retrouve ici ce coté à la fois désabusé, rêveur et jusqu'au-boutiste d'Arizona Junior, cette facette poétique de sa personnalité qui a fait son succès et qu'il avait commencé à oublier. Cependant le neveu de Francis Ford Coppola se fait voler la vedette... et par une gamine de 13 ans! Un joyau à l'état brut! Un jeu naturel, un sens instinctif de la comédie, un sourire à faire fondre tous les papas du monde, une énergie incroyable, tel est le portrait de Chloe Moretz, une enfant-star prometteuse qui, dans un rôle très difficile, fait des merveilles.

Du coté des méchants, on s'amuse d'une galerie de seconds couteaux tous plus frappés les uns que les autres (des clins d’œil au Goon mais aussi à Dick Tracy), dirigés par Franck D’Amico et son fils. Mark Strong, qui interprète le premier paie un peu l'amplitude dramatique de ses partenaires et finit par être le plus craint mais le moins charismatique. Dommage, dira-t-on. Le second est incarné par l'un des meilleurs acteurs de sa génération: Christopher Mintz-Plasse. Et là, on se dit que zut, on a raté quelque chose; une petite gourmandise, une cerise sur le gâteau. En effet, sur Kick-Ass, Christopher Mintz-Plasse est demandeur, cela transpire à travers son personnage. Malheureusement, le récit ne lui accorde qu'une fonction secondaire et, de plus, la moins naturelle, comme si Matthew Vaughn avait hésité dans le style de traitement.

La conclusion de à propos du Film : Kick-Ass [2010]

Nicolas L.
87

Que d’éloges, allez-vous me dire ! Mais oui, je persiste et signe ! Kick-Ass est l’un des meilleurs films que j’ai vu ces derniers temps. Pourtant, force est d’avouer que, il y a seulement un an, je n’aurais pas parié un kopec sur le réalisateur de Stardust. Au final, on se trouve devant une comédie jubilatoire et faussement crétine, extrêmement bien réalisée et interprétée, riche en séquences qui marquent les mémoires. Ce genre de métrage extrêmement divertissant et énergisant qui se trouve être le meilleur remède contre la morosité.

Que faut-il en retenir ?

  • Un scénario habile
  • Une réalisation inspirée
  • Des effets spéciaux corrects
  • Une interprétation de très bonne qualité
  • Un chef d’œuvre d’humour noir absurde

Que faut-il oublier ?

  • Quelques personnages sous-exploités

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