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Les posthumains, détectives du futur
Des spécificités des séries policières de SF

Après Goldorak, Game of Thrones et X-Files, l’excellente collection d’ouvrages universitaires Serial traite du thème des posthumains. Depuis les années 2000, la fiction s’est peuplée de créatures artificielles et d’humains augmentés, de mondes virtuels ou parallèles, d’intelligences artificielles et de mondes post apocalyptiques qui renouvellent les questionnements sur l’identité humaine.

Avec l’avènement des séries à narration complexe, la fiction explore à l’écran les possibles devenirs de l’humain. En s’appuyant sur des séries qui hybrident science-fiction et récit policier, ce livre étudie les représentations du posthumain à l’écran. De Fringe à Mondwest (Westworld), de Person of interest à Sense8, les nouveaux détectives du futur croisent androïdes, cyborgs, robots et clones dans des séries télévisées qui nous interrogent sur l’avenir souvent sombre de l’humanité.

Spécialiste de littérature policière, fantastique et de fiction spéculative de la fin du XIXème siècle, Hélène Machinal explore ce thème fort dans les séries TV qui sont aujourd’hui regardées partout dans le monde. Remplaçant le film du soir, la série est omniprésente, le bingewatching un véritable phénomène. En cinq chapitres, Hélène Machinal enquête sur ces fameux posthumains présents dans les séries tout en analysant la figure du savant fou, la difficulté du récit policier ou encore en rappelant que l’identité humaine a été remise en question dès la fin du XIXème siècle.

Devenirs de l’humain et détectives du futur

Dans ce premier chapitre sont analysés les détectives comme le Sherlock  de Benedict Cumberbatch, bien dans son époque. Quelques épisodes sont analysés et montrent comment notamment l’information est traitée. C’est passionnant d’autant plus qu’il est difficile de rendre crédible un personnage aussi intelligent et que l’adaptation du texte à l’écran est difficile. L’utilisation du visuel dans la série est maline et novatrice.

Le personnage du hacker est aussi développé, très présent dans ces enquêtes de la fiction SF. Il devient une véritable figure mythique, le pirate des temps modernes.

Le cas particulier de Fringe montre une parfaite hybridation entre série policière et série SF. Au fil de cinq saisons, c’est une véritable mythologie qui est construite : savant fou et place de la science, pyrokinésie, téléportation, voyage temporel, univers parallèles, tout en gardant ce format classique d’une enquête par épisode, hormis dans la cinquième saison axée sur le futur d’un monde.

La fin du monde 

Le futur présenté est souvent cataclysmique et les détectives du futur sont ainsi souvent placés dans des diégèses qui figurent une fin du monde ou son après. Dans ce contexte particulier, le détective n’est plus une figure aussi définie.

Dans The Handmaid's Tale, c’est même une apocalypse sémiotique. Le signe, le verbe ont disparu. Le monde a perdu son sens. La lecture est interdite dans cet univers et les femmes réduites en esclavage. La révolte commence dès lors que les servantes refont des signes.

The 100 et The Leftovers sont deux séries qui construisent un après : la première très classique vise un public jeune. Des adolescents vont reconstruire la société sur Terre, une certaine dimension politique intervient au fur et à mesure de la série. La reconstruction de la société mais aussi la reconstruction de soi est au cœur du propos. Dans la seconde série produite par HBO, la reconstruction est plus subtile et la dimension eschatologique est très présente. Les personnages cherchent une explication au phénomène, à tout prix. De plus, la série remet en cause la linéarité de l’histoire et son incidence sur la perception du temps. Alors que The 100 implique l’idée d’élus, dans The Leftovers, ceux qui n’ont pas disparu sont les laissés-pour-compte.

Corps biotechnologiques

La question du corps et de l’esprit est centrale dès qu’on parle d’androïde et autres formes d’humains modifiés. La notion d’uncanny valley ou vallée de l’étrange montre que l’humain a du mal avec une machine qui lui ressemble trop. Ces enjeux d’altérité et du devenir humain de l’être artificiel sont fréquentes dans les séries. Hélène Machinal revient ici sur l’histoire du robot via la série Caprica, une prequel de Battlestar Galactica. Elle aborde aussi l’humanité racontée dans Carbone Modifié, Dark Matter ou encore Orphan Black.

Espaces virtuel

IA, êtres désincarnés sont au cœur de ce chapitre. Person of interest est alors un bon sujet d’analyse et de réflexion sur l’anticipation des IA. Se pose également la question de se libérer de son corps comme dans Altered Carbon ou de la figure de l’IA avec le personnage de Poe. Sur la question, du devenir de l’humain dans les espaces virtuels, l’épisode Black Mirror, « San Jupinero » traite de l’accès à l’immortalité dans le virtuel, posé comme double du réel. Le cas de la série Mr Robot est inséré dans ce chapitre pour sa dimension politique liée au réseau.

De l’esthétique du post humain

Les séries présentent de nouvelles formes de narration sans linéarité, des innovations visuelles, un rythme différent et des effets spéciaux particuliers. L’autrice revient ici sur ces différents aspects et sur le cas de la série Sense8 qui dépeint la construction d’une entité plurielle connectée biologique.

Les détectives du futur et les posthumains de la fiction sont symptomatiques de notre époque et de l’imaginaire contemporain. Ils posent la question de notre avenir face aux problématiques actuelles.

Très dense et complet, cet ouvrage analyse en finesse des séries de SF via cette question centrale de l’humanité et de la posthumanité. Des encarts reviennent sur les notions particulières à l’univers de la Sf, certaines séries sont mises en avant grâce à des focus sur certains épisodes cultes. Fin, instructif et passionnant, cet ouvrage est une nouvelle preuve de l’excellence de la collection Serial des presses universitaires François Rabelais.

Auteur : Nathalie Z.
Publié le mercredi 13 janvier 2021 à 08h00

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