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Y a une vie après Walking Dead !
Rencontre avec Edmond Tourriol, le traducteur du comics de zombie le plus célèbre

La saga Walking Dead est finie depuis la fin du mois dernier en français et  vous trouverez sur le site la critique de chaque tome ainsi que de l'adaptation en série TV et en jeux de plateau. Si Robert Kirkman est reparti pour d'autres aventures, nous souhaitions rencontrer le traducteur français de cette saga devenue culte pour revenir sur son expérience et nous présenter ses futurs projets. J'ai donc profité qu'Edmond Tourriol soit dans la région bordelaise comme moi-même pour aller lui poser quelques questions. 

Bonjour Edmond, pour nos lecteurs qui ne te connaissent pas, peux-tu te présenter ?

Salut ! Eh bien, je suis le co-fondateur du studio MAKMA, spécialisé dans la création de bandes dessinées, et au sein duquel je suis scénariste BD/manga et traducteur de comics américains.

Comment en es-tu arrivé à traduire le comics The Walking Dead ?

J’ai commencé à traduire des comics pour le compte des éditions Semic en 2001 (bientôt vingt ans). Et à cette époque, j’étais un grand fan de Robert Kirkman dont je lisais tous les travaux dont Superpatriot ou Battle Pope, par exemple. En 2003, si ma mémoire est bonne, ils ont sorti un magazine mensuel dédié à la nouvelle génération de super-héros de chez Image Comics, dont faisait partie Invincible, une série que le scénariste américain venait de lancer. C’était ma première expérience professionnelle sur son travail, et déjà le début d’une grande aventure. Comme j’étais identifié comme fan du bonhomme et que je traduisais déjà une de ces séries, j’ai pu aller faire du lobbying auprès du rédac chef de la boîte en expliquant que si jamais ils adaptaient Walking Dead en français, je tenais absolument à en signer la version française. Comme en ce temps-là, personne ne connaissait le truc, c’est moi qui ai décroché cette mission. Plus tard, alors que le premier tome de Walking Dead n’avait pas marché chez Semic, Thierry Mornet, nouvellement arrivé chez Delcourt, m’a proposé de reprendre la suite de cette série chez l’éditeur. Bien entendu, j’ai accepté, ce qui fait que j’ai bien traduit la totalité des 193 épisodes de la série !

Quels sont tes meilleurs et tes pires souvenirs pendant ces années de traduction ?

Les meilleurs ? Je ne sais pas, il y en a beaucoup. Déjà, rien que le fait d’avoir la chance de traduire ma série de comics favorite, écrite par mon scénariste préféré, c’était génial. Ensuite, j’ai adoré donner une voix française à certains personnages comme Abraham (qui doit certaines de ses expressions VF à mon père) ou Negan, bien sûr (là, je plaide coupable). Mes pires souvenirs, disons que je me souviens, à la fin de la saga du Gouverneur, m’être retrouvé un peu sous le choc, et de m’être fait la réflexion que non seulement j’en avais chié pour arriver au bout de cette horrible arc narratif, mais que j’allais devoir remettre ça pour la traduction quand le moment viendrait. C’était vraiment une lecture éprouvante (pour la petite histoire, mes enfants étaient très jeunes à cette époque, et ça a peut-être un rapport, je ne sais pas). Enfin, le choc quand j’ai appris que la série s’arrêtait dans le #193. Même après les événements du tome 32, je n’avais pas envisagé une seconde que la série allait s’arrêter !

De la part de Fred notre spécialiste es Walking Dead, pourquoi gouverneuse et pas Gouverneure pour renforcer le rappel ?

Excellente question. Dans la traduction que j’ai rendue, c’était “Madame le Gouverneur”, et c’est précisément sur le mot de “gouverneur” que Rick tiquait. Comme dans la V.O., d’ailleurs. L’invention du mot “gouverneuse” est venue des responsables éditoriaux. Tout s’est décidé au-dessus de ma tête. Si on m’avait demandé mon avis, j’aurais dit non.

Pourquoi Commonwealth en communauté  ? 

En français, le mot “Commonwealth” ne désigne qu’une seule chose : la communauté des anciennes colonies anglaises. Du coup, je tenais à choisir un mot français. Sincèrement, je l’ai vite regretté, car c’était un choix un peu trop bateau. J’aurais dû prendre quelque chose de plus spécifique. Le problème avec Walking Dead, c’est que je traduisais vraiment au cul du camion, sans aucun recul. Sur les derniers tomes, je recevais toujours le dernier épisode avant même sa parution aux États-Unis, et je n’avais que quelques jours pour rendre mon texte, car la VF devait sortir tout de suite après le trade paperback américain. Bref, j’ai opté pour “Communauté” sans me rendre compte de l’importance qu’aurait le Commonwealth dans la suite de l’histoire. Est-ce que j’aurais pu trouver mieux ? Certainement.

Maintenant que le zombie est passé de mode, sur quels projets de traduction travailles-tu ?

Eh bien, chez Delcourt, je continue à travailler sur les titres de Robert Kirkman comme les plus récents Die Die Die ou Fire Power. Chez Urban Comics, je traduis toujours Justice League et je suis en train d’adapter Doomsday Clock, la suite de Watchmen (Les Gardiens) !

Quelle saga ou histoire rêverais-tu de travailler ?

J’ai eu la chance de traduire mes deux séries régulières préférées de tous les temps avec Invincible et Walking Dead. J’ai aussi traduit des sagas dont je suis très fier comme le crossover JLA/Avengers de Kurt Busiek et George Pérez, le run de Geoff Johns sur Green Lantern, les deux premières mini-séries de Lobo, la saga Inferno des X-Men par Claremont, la saga de Camelot avec Iron Man et Fatalis, la mort de Superman, le Batman Hush de Jim Lee et Jeph Loeb… Franchement, en comics, j’ai été plutôt gâté.

Si je devais choisir une série que je n’ai jamais faite et que j’adore, ce serait le Savage Dragon d’Erik Larsen, dont je suis fan depuis la première heure (j’ai toute la collection en singles).

As-tu d'autres projets comme scénariste par exemple dont tu peux nous parler ?

Bien sûr. Je viens de terminer le tome 3 de L’équipe Z, mon manga de foot dont l’action se déroule à Bordeaux. On se demande si on va faire un quatrième tome, à présent que le premier arc narratif est terminé. Ensuite, j’ai un gros projet de série… de zombie, sans doute au format comics. J’ai un éditeur qui est intéressé. J’espère pouvoir concrétiser ça en 2020. Je ne manquerai pas de t’en reparler à ce moment-là.

Merci beaucoup Edmond, et à très bientôt sur SFU !

Auteur : Nathalie Z.
Publié le mercredi 12 février 2020 à 14h00

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