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Critique du Film : Hunger Games
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Critique du Film : Hunger Games

Avis critique rédigé par Vincent L. le vendredi 27 avril 2012 à 1353

Raté, mais malgré tout intéressant...

Le succès des sagas Harry Potter et Twilight aura poussé encore un peu plus les producteurs à aller chercher de l'inspiration dans les séries littéraires estampillées "jeunesse". A une époque où les longs-métrages sf/fantastiques hollywoodiens originaux n'existent que de façon marginale, les adaptations de romans restent peut-être ce qui se fait de plus intéressant, plus, en tout cas, que les divers remakes, reboots ou films dérivés de jouets. Hunger Games, avec son pitch ne manquant pas de faire penser à un Battle royale calibré pour un public adolescent, s'était vite imposé comme une curiosité (en tout cas en France, où les romans de Suzanne Collins n'étaient pas encore des best-sellers), et avait fortement titillé notre curiosité : comment traiter d'un sujet aussi adulte (une vingtaine d'enfants et d'adolescents qui s'entretuent pour survivre) dans un long-métrage se devant d'être accessible à tous ?

Après le très sympathque Pleasantville, le peu prolifique Gary Ross - seulement trois films entre 1998 et 2012 - revient au cinéma avec cette adaptation. Occupant les postes de scénariste et de réalisateur, on suppose que Ross a eu une marge de manoeuvre confortable pour mener à bien son projet (d'autant qu'avec moins de quatre-vingt millions de dollars de budget, Hunger Games se situe dans la catégorie des "petits" blockbusters), un facteur d'autant plus rassurant que l'homme dispose d'un certain capital sympathie au regard de ces deux précédents films, certes pas extraordinaires, mais qui avaient malgré tout fait preuve d'une certaine sincérité. Restait simplement à savoir s'il se situait dans la catégorie des bons yes-men, ou s'il pouvait se poser comme un metteur en scène ayant une véritable personnalité. Mais le résultat, loin d'être sans appel, n'est pourtant pas à l'avantage de son réalisateur.

A sa décharge, reconnaissons que l'entreprise était ambitieuse, notamment par rapport du public visé par les producteurs et les distributeurs ; au regard des autres productions ciblées pour les ados, souvent niaises, parfois franchement neuneu, Hunger Games traite d'un sujet s'appuyant sur des thématiques intelligentes et propose des éléments pouvant amener à quelques réflexions intéressantes (que l'on soit ado ou adulte d'ailleurs). La dystopie dans laquelle prend place l'histoire, si elle paraîtra trop artificielle - donc pas crédible du tout - pour les amateurs de récits d'anticipation, s'avère être un bon moyen pour que le jeune public puisse mettre un premier pied dans la science-fiction. Le récit, au delà de son point de départ, met ainsi en place nombre d'idées pertinentes qui tendent à rendre le scénario bien plus profond qu'il ne peut y paraître au premier abord (les sponsors, les alliances, la dichotomie entre peur et espoir, etc.).

Le soucis, en fait, est que si ces idées sont belles et bien présentes dans le film, elles sont systématiquement sous-exploitée (à l'image de ce qui concerne la recherche des sponsors, évacuée en trois plans là où un parallèle entre le terrain et les coulisses aurait été vraiment intéressant). Alors même que le propos sous-jacent d'Hunger Games est de traiter des conséquences directes des jeux sur le public (notion qui sera au coeur des prochains films d'ailleurs), Gary Ross a clairement pris le parti de mettre de côté ces aspects pour ne s'attacher qu'à livrer un spectacle se focalisant avant tout sur le terrain et sur l'action. De fait, on est régulièrement frustré de voir toutes ces bonnes idées évacuées d'un simple revers de main (alors même que le final en est la conséquence directe). A la naiserie de l'histoire principale s'oppose ainsi le cynisme du sous-texte, et force est de constater que Gary Ross jongle donc très maladroitement entre l'un et l'autre.

Mais finalement, tout cela aurait pu tout de même aboutir à un spectacle plaisant si Gary Ross avait, à la réalisation, assuré le spectacle a minima. Visiblement décidé à mettre en scène son film comme un épisode de 24 heures chronoRoss y va caméra à l'épaule et doigt sur le bouton zoom ; le résultat final est catastrophique en terme de confort du spectateur et de lisibilité des image. Si la technique lui permet de mettre en scène les affrontements et les mises à morts des enfants et des ados en les noyant dans une frénésie d'images, elle a cependant pour conséquence d'aboutir à un résultat visuel dégueulasse, qui plus est finalement épuisant pour le spectateur (la caméra ne s'arrête jamais, même lorsque les personnages boivent le thé !). Dommage, car la prod design des Hunger Games est plutôt réussie, et le traitement visuel du capitole, tout en couleur, donne au film une identité assez sympathique.

Au milieu de ce petit naufrage surnage assez aisément un casting plutôt sympathique. Jennifer Lawrence assure correctement sa partie en incarnant de façon suffisamment convaincante cette héroïne pourtant pas crédible pour un sou. A ses côtés, si les autres adolescents sont assez fadasses (notamment Josh Hutcherson, très effacé dans son personnage), les comédiens plus expérimentés font correctement leurs job. Au delà des apparitions presque anecdotiques de Donald Sutherland ou de Wes Bentley, on retiendra surtout les très bonnes performances de Stanley Tucci, plutôt drôle en présentateur télévisé hypocrite, de Lenny Kravitz, qui parvient à faire passer beaucoup d'émotions dans un temps de présence relativement court, ainsi que de Woody Harrelson qui, au delà de sa tendance au cabotinage, s'avère finalement être le personnage le plus intéressant et le plus charismatique du lot.

La conclusion de

Au delà de son pitch racoleur qui ne manque pas d'évoquer un sous Battle royale à la sauce hollywoodienne, il y a des idées dans Hunger Games, parfois intéressantes, mais malheureusement presque toujours sous-exploitées. De fait, le film n'est jamais plus que son simple postulat de départ et ne parvient pas à devenir l'excellent long-métrage qu'il aurait pu être. A défaut, nous aurions pu avoir le droit à un spectacle de qualité, mais le tout se trouve plombé par la réalisation désastreuse de Gary Ross qui, caméra à l'épaule et doigt sur le zoom, livre une mise en image particulièrement brouillonne. Au final, Hunger Games reste un film certes fréquentable - on aura vu bien pire dans le registre du film pour adolescents - mais bien trop carencé pour parvenir à emporter l'adhésion globale. Reste que l'on est malgré tout curieux de voir ce que pourra donner la suite de la saga...

Que faut-il en retenir ?

  • Une histoire ambitieuse au regard du public ciblé,
  • Des comédiens sympathiques,
  • Partis pris esthétiques intéressants.

Que faut-il oublier ?

  • Réalisé avec les pieds,
  • De nombreuses idées sous-exploitées,
  • Une première partie qui tire en longueur,
  • Hésite trop entre niaiserie et cynisme.

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