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Critique de la Bande Dessinée : Au-delà des brumes
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Critique de la Bande Dessinée : Au-delà des brumes

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mardi 16 novembre 2010 à 1913

Long John Silver chez les elfes

Le farouche capitaine Meriadec n'est pas un pirate comme les autres. Oh, bien entendu, ce fils de la flibuste ne détourne pas la tête devant quelques bocs de rhum et apprécie autant que ses frères l'odeur de la poudre et le bon air du large, mais pour lui, il y a bien plus important que ces banals plaisirs. Car Meriadec sait. Il sait qu'au-delà du monde visible s'en trouvent bien d'autres, peuplés de races légendaires et remplis de mystère. Aujourd'hui, grâce à l'aide de deux créatures inhumaines, Meriadec peut même y accéder. Et il compte bien y trouver les réponses à des questions qui le hantent depuis son enfance...

Mêler avec le plus grand naturel les thèmes de flibuste et la mythologie celtique, tel est ici le challenge relevé par Jean-Luc Istin et Guy Michel. Remarquez, pourquoi s'étonner d'une telle démarche, la Bretagne n'est-elle pas le berceau de ces deux aspects identitaires et culturels? Restait toutefois à trouver un élément pouvant les relier de façon logique. Et cette clé, ce chainon manquant, Jean-Luc Istin l'a trouvé dans l'occultisme et l'alchimie. Mériadec est un donc un personnage témoin, lié par le sang à des pratiques occultes. Sans être initié, il a connaissance de choses que la plupart de ses contemporains considèrent comme des légendes, des fadaises, voire de l'hérésie. Devant l'incrédulité, pour arriver à ses fins, Meriadec se doit donc d'être aussi un manipulateur, adepte de l'abus de confiance. Malgré tout, l'on sent se dégager derrière le personnage une certaine forme de bonté, qui va bien plus loin que le simple sens de l'honneur des frêres de la côte.

En attendant plus de révélations, la construction de l'intrigue de ce premier tome se fait en douceur. Sans effets de manche, Jean-Luc Istin parvient à mettre en place les différents éléments narratifs sans y perdre en fluidité, tout en donnant du volume romanesque à ses personnages. Ici, contrairement à ses contributions aux cycles de Merlin où il doit se conformer à des codes prédéfinis, il est nettement plus libre dans ses choix et il peut donc laisser son imagination vagabonder dans cet univers brassant réalisme histoire de marine Grand Siècle et fantasy celtique. Pour le lecteur, la conséquence de cette liberté d'action est qu'Au-delà des brumes, même si sa trame est basée sur un concept style « L'île au trésor », propose son petit lot de surprises. Bref, au menu de ce très agréable album d'introduction figure l'exploration d'une île mystique et périlleuse aux allures d'Avallon sauvage.

Cet opus nous permet de faire connaissance avec des individualités attachantes (Meriadec mais aussi monsieur Puck, qui évoque Mouche, le confident du capitaine Crochet). Pour le moment, l'intrigue souffre de l'absence d'un adversaire charismatique. Le personnage d'Elween, jolie elfe au profil un peu lisse, est le seul élément réellement faiblard d'un récit qui, pour le moment, en ce qui concerne le développement émotionnel des personnages, peine encore un peu à sortir du carcan formé par les codes du genre. Ainsi, si le récit ne sombre jamais dans le cliché, les rapports entre les principaux personnages apparaissent comme assez prévisibles.

Techniquement, si le trait de Guy Michel, quand il s'agit de représenter des expressions et des sentiments ne m'a pas totalement convaincu (les personnages féminins et les elfes apparaissent comme un peu atones), j'ai été séduit par la vue de ces magnifiques planches représentant les scènes maritimes et l'exploration de l'île. Une tache d'autant plus délicate que l'histoire se déroule sur plusieurs univers aux atmosphères différentes. Les dessins en double pleine planche sont de toute beauté (cf. planche 17-18) même si leur usage accélère un peu trop la lecture. Enfin, le dessinateur, usant d'inserts et de bords perdus, réussit à compenser la banalité de quelques choix d'angles de vue et insuffler dans la vie au récit. Les plans larges sont très réussis et riches en détails, avec des arrières plans non négligés. Un aspect appréciable quand l'on sait que souvent, c'est dans ce registre que le dessinateur de bande dessinée pèche un peu. Au niveau des encrages et de la mise en couleurs (de Sandrine Cordurié), on est devant de la pure production Soleil, c'est à dire que, sans être époustouflant, ils ne souffrent ni d'un ourvage bâclé, ni de fautes de mauvais gout.

 

La conclusion de

Album d’introduction de bonne facture, Au-delà des brumes est de lecture très agréable. L’idée de base est très sympathique, le développement plutôt bien tourné, mais l’on sent que le récit n’a pas encore atteint sa vitesse de croisière. On reste pour le moment sur de la bande dessinée divertissante, qui pose les bases d’un cycle qui, on l’espère, va prendre du volume. Il y a, sans nul doute, matière à cela.

Que faut-il en retenir ?

  • Un séduisant univers hybride
  • Un scénario intéressant
  • Des personnages attachants
  • Un dessin de bonne facture

Que faut-il oublier ?

  • Un démarrage en douceur
  • Des personnages aux profils convenus
  • Développement de rapports humains assez prévisibles.

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