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Critique du Roman : La route

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mardi 5 février 2008 à 15:38

L’Apocalypse selon McCarthy

Il s’assirent côte à côte et mangèrent la boîte de poires. Puis ils mangèrent une boîte de pêches. Ils léchèrent les cuillères et penchaient les bols et buvaient l’épais sirop sucré. Ils se regardaient. Encore une. Je ne veux pas que tu te rendes malade. Je ne serai pas malade. Tu n’as rien mangé depuis si longtemps. Je sais. D’accord.
Dans La Route, Cormac McCarthy nous invite à accompagner deux charognards de la fin des temps sur une longue route obscure dont l’unique destination ne peut être que la Mort. Une Mort qui a répandu son linceul de cendre sur la Terre entière, devenue un gigantesque tombeau pour toutes formes de vie. Et quand tout le monde sera mort, même la Mort mourra, et il ne restera rien ; le néant. Poussant leur caddie remplie des restes de la civilisation, ils marchent sans réel but… hormis le fait que marcher est un but en lui-même pour ce père mourrant et ce fils qui n’ont rien d’autre à faire que de mettre un pied devant l’autre… Histoire aussi de ne pas trop penser à leur peur, cette peur qui leur broie les os aussi violemment que les nuits glaciales sans étoiles.
Voilà, en quelques lignes un peu restrictives, mes principaux ressentis sur le dernier roman de celui que bon nombre «d’experts » littéraires considèrent comme l’un des plus grands auteurs américains contemporains. Renommé dans de nombreux domaines, du roman noir au western, l’écrivain se lance pour la première fois (si je ne m’abuse…) dans le récit de science-fiction prospective, à travers l’histoire d’un père et de son fils errant dans un monde post-apocalyptique. Un roman « post-apo » donc, mais un roman nullement comparable à ce qui se fait habituellement ; un medium littéraire contemplatif et pessimiste sur le devenir de l’homme et ses rapports profonds qu’il entretient avec la mort.
En effet, ceux qui espèrent un récit « mad-maxien » en seront pour leurs frais. Dans l’univers de La Route, il ne reste rien. Rien que les restes calcinés de ce qui fut autrefois des forêts, des champs et des cités. Aujourd’hui – mais quel jour sommes-nous en fait ? bah, quelle importante ? -, tout est recouvert d’une épaisse couche de cendre, une cendre omniprésence, masquant le soleil, et qui, portée par le vent et guidée par les pluies gelées et diluviennes, pénètre partout, souillant les denrées pourrissantes et les poumons des rares survivants. De ce qui a déclenché cette apocalypse, on n’en saura pas grand-chose. D’ailleurs cela n’a guère d’importance, étant donné qu’il n’y a rien à retenir, pas d’erreur à corriger et rien à reconstruire. Dans La Route, la vie connaît ses derniers spasmes ; un unique aboiement de chien - peut-être imaginaire - quelques âmes décharnées qui errent sur les routes, quelques ombres furtives dans des ruines…
Pour nous plonger dans l’atmosphère de ce monde crépusculaire, l’auteur met en place une structure narrative ultra-dépouillée, monolithique, brute, sans chapitre ni ponctuation. Les mots se répètent, les dialogues sont brefs, sans guère de sens, avec des identifiants non signalés, comme une sorte de monologue permanent et impersonnel. Le résultat est stupéfiant, dérangeant, passionnant. On se sent emporté par une fascination macabre et morbide. Certains passages descriptifs, lourds et grossièrement taillés, nous emportent dans une sorte de somnolence pré-mortuaire, reflet de ce monde qui vie ses derniers instants, qui expire son ultime souffle aux relents cadavériques. Bref, c’est sinistre, horrible… on pourrait même se demander, avec raison, pourquoi l’on persisterait à lire cela…
Pourtant, pourtant, j’ai continué à marcher aux cotés de cet homme agonisant et de cet enfant terrifié, anonymes grains de poussière perdu au milieu des cendres….

100

La Route ne va pas plaire à tout le monde. Beaucoup vont le trouver vain, d’autres vont lui reprocher sa linéarité, son manque d’ouvertures et son aspect de conte philosophique new age trop pessimiste. Personnellement, j’ai adoré. Je ne saurai trop dire pourquoi, peut-être par l’impact que sa lecture a eu sur mon subconscient, peut-être parce que jusqu’au dénouement (quel magnifique dénouement !), j’ai espéré… Comme eux. Mais espéré quoi ?

Critique de publiée le 5 février 2008.

Que faut-il en retenir ?

  • Un récit très fort, une construction narrative géniale
  • Fascinant, dérangeant, désespérant, magnifique…
  • Quand ces grands espaces si chers aux américains deviennent un tombeau

Que faut-il oublier ?

  • L’expérience peut ne pas plaire, ou laisser indifférent

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